SCÈNE II
JULIE et LOUISE , en habits du matin.
LOUISE
Mon Dieu ! maman, que se passe- t-il donc ? Que de voitures sont entrées dans la cour aujourd'hui! Je n'ai pu réussir à approcher de mon père pour lui dire bonjour.
JULIE
Ton père a une existence bien malheureuse , mon enfant! Il travaille à l'œuvre funeste de la richesse.
330 LES MISSISSIPJENS.
LOUISE
N*est*ce pas, maman , qae vous regrettez sottveDt le temps où, comme moi, vous ne souhaitiez qu'un sort modeste et raiïection de ceux qui vous étaient chers?
JULIE
O ma fille I
LOUISE , regardant à une fenêtre.
Comme le peuple est agité aujourd'hui I Voyez donc, maman , tous les travaux semblent interrompus ; on se groupe, on se parle avec inquiétude,,. Le peuple est bien à plaindre, n'est-ce pas, maman?
JULIE
Qu*en sais- tu, mon enfant?
LOUISE
Oh ! j'y pense souvent , et je prie Dieu tous les jours pour que cela change et quMl n'y ait plus de pauvres.