‹ MélangesChapitre 24 sur 27 · QUATRIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATRIEME OBSERVATION

Sdr remploi de cfuélques mots ef de quelques expressions nouvelles, . • «1 soriso f aaue ticepHoa diiifiiiit à 4i»s bmsoiMii.

- Tour qu^un atitêûr se fasse bien èotti prendre y il fetit qu'il définisse clairement lès mots techniques qu'il emploie, et qu'il ne donne jamais aux mots et aux expressions une autre sîgnifi-

(a) Mémoire» de Napple'on^ ton^ç V, jiage 76. . .

cadoo que cette que Imr accorde la langue^ Eâminons donc et ces mots techniques , incon^ nus à nos pèrei^ , et ces ^^rpres^iops prises dans une nouvelle acception , qui ont été introduits dâna la langife militaire , et que le général Jo-mini a ad<yptés ou créés. Auparavant, je ferai observer que cette néologie, qui est bien rarem^t jfMtifiée par le besoin d'^esprimer des idées pouvelles , ne sert quelquefois , par Tabus qa^on ep fait , qu^à embrouiller les idées les plus simples, ou qu^à mettre des mots à la place des choses , si bien qii^on serait quelquefois testé de s'éorier t sunt ^erba et çoces, prtBte^ réaque rdkâ! Les mots et les expressions nou^ v^les, lore manie qu^elles seraient bien définieis/ D^nrichisseiit pqint une langue si elles n^ont' point un but d^utiKlé incontestable ; elles Tap* paurvristent. Mais , il arrive ordinairement que le public refuse alors de les adopter.

Voici la nomenclature de ces mots et dé ces ' etpressioDs : la politique de la guerre , la poli" ' tique militaire f là stratégie , Féchiquier, Péchi^ quier stratégique , F échiquier général, la base ' dPopèraitions , le but objectif y le point objectif, le front iV opérations , les lignes (F opérations , les lignes de communications , les lignes d^ap^" provisionnem^ns , le point décisif , la clef topo--

jk>4 mélaugcs.

gmphiqu4f la defkietiquef tahgistique^ ete.

Je ne parlerai plus des expressions et des mots sur Temploi desquds jVi préoédemmeot imis mon opioioa.

V Echiquier : Fauteur ne définit point ce mot, mais on voit à la manière dont il Temploie.quHl le considère comme synonyme de théâtre de la guerre, car il dit, page 67 (a) : u CSiaque tbèà- » tre*ou échiquier, sur lequel on doit opérer u avec une ou plusieurs armées ^ se compose :

» 1" D^une base d^opérations ;

» 2"* D'^on but objectif, etc. , etc. )>

Que Napoléon , dans le cours d^une campagne I et se comparant à un joueur d^échecs , ait dit : Mon édnquier nW pas clair; cela se con* çoit ; mai^ je ne saurais approuver qu'ion veuille, dans la langue militaire, substituer le mot échiquier àVexpr^sionthéfUre de lagùerre*

Ces deux mots, théâtre et échiquier, sont employés dans le sens figuré. Le pri^mif r y avec Taddition de ces mots , dLe la guerre, rend par*faitement la pensée ; il n^en est pas ainsi du se-* cood* £n effet , un échiquiw est une petite sUr^ face plane , 'divisée en petits carrés égaox et sur laquelle on fait mouvoir des pièces qui ont cba**

MÉLANGES. 5o5

6one une marche régulière et uniforme ; il ii^offre pour ainsi dire aucune similitude avec les surfaces vastes , irrégulièrei, recouvertes d^une. grande variété d^objets , sur lesquelles les ar<-. mées se meuvent avec tant d^irrégularîté. Je pense donc quHl faut s^en tenir à rancienne ex«* pression. Uauteur n^emploie qu^une seule fbi$ Vexpres^ion échiquier sirai^ique (page 85) (a). Il ne la définit pas} mais il ne semble pas qu^il veuille, par Taddition de Tépithète straiégiquef changer la signification qu^il a précédemment donnée au mot échiquier. Je ferai la même observation sur Fexpression échiquier général.

La Base d^opérations : •Le premier pûiat d'ufi plaa : d'opérations est^ dit l'auteur (page 69) (6)^ de s'assurer d'noe bonne base : on nomme ainsi l'étendue des frontières d^un état d^où une armée tirera ses ressources, ses renforts; celle d'où elle devra partir pour une expédition offensive, ou sur laquelle elle devra s'appuyer ai eVe c<myre ton paj^ dëfensivement.

» Quoique la base des opérations soit aussi ordinat** renient celle des ressources^ cependant toute ligae par laquelle viendrait une partie de ces ressources, ne serait pas pour cela une ligne d'opérations , mais une ligne d'approvisionnemens.

• Chaque armée peut avoir plusieurs bases succes-

(«) TSM I , pages 179 et 25« «e rétfitlMi 4e 18».

siireg } pnp armée franchise nfép^ W te V^ 9^ (iQiir

première ba$e le Rhin ; mais si elle est rajQaeRée der-rière le fleuve, elle a une nouvelle base sur la Moselle ; elle peut en avoir une troisième sur la Seine , une quatrième sur la Ldre. »

Je ne saurais adopter ni la définition de Tau- Icup, ni la distinction qu'il semble établir entre la base des opérations et celle des ressources. Le mot hase^ employé dans le sens figuré, signifie appui , soutien : ainsi l'expression base df opérations ne peut indiquer que ce qui sert d^appui , de soutien aux opérations. En quoi ilùe frontière ou un fleuve peuvent-ils servir d'appui ou de soutien aux opérations dont le théâtre est situé en arant de cette frontière ou de ce fleuve ? Je citerai à ce sujet deux auteurs de nos Jours , dont les écrits didactiques sur les grandes opérations militai^res ont acquis de Ja çgl^ritp^ Bulpw et le prinq^ Charles*

Bulow ei4 le ppemier qui ait employé l'exprès* sioo bmsê ^opènmonSf dand son buvTage intitulé : Esprit du système de guerre moderne. II ne définit pas cette expfressîon d'une manière précise , mais ce qu'il en dit fait bieq compreudre dan$ que}le acceptjlon il l'emploie. U e^ezprime ainsi qu'il suit à ce sujet {a) :

(a) Je dois d'ailleurs Mltrèr^Qei 9L\fM jpalffef outrage de

si^ 4^^ pllicf S' farter coatm poîQUi fQpdftmtetaiiMir ^ im m^ti 0^ a jSxé ufie ^e où 1^ magasiof^ oat été* ét4)>U^ y de laquelle ùj^ a fait partir le» Ugfies d'opërû)^ • tjpD^ 9 et do»it la destiDation a été dç servir à pratégi^ I^g r^trai^ei^ ai^i bî^n qu'elle favorisait les altaqiies«w^ Comme ofi n'établit une base que pow anair dea nlàgaf^ [Uii« ^^e^i et q^ ce ««at lea pla^s où lès mtgtioMW i^Mit re,p|ermés qui constituent la base miMtaire de fahqu^Ue doit partir nécessairement toute o^ration poqtr Ijroduire de l'effet , etc. y etc. ».

h& prince Charles j daos Touvrage intitulé i Principes de la Stratégie, ne définit pas non plus cette expression , mais on voit qu^îl remploie dans le même sens que Bulow (a).

Bi}low aans rpr^gma]lt ^^ pfl|itip])s.sfr^|.ptiif|S^s.fA(,l^ M-[ duction de Tranchant- Laverne; j'exprime aussi mes regrets de^ tfàTSir pu Ure d'autres ouvrages allemands, sur les mêmes matière», pja^efM'fls^g'onl^fvifététrMaHs» f (a) J'avais d'abord pris les passages de Touvragç tfii p?ip<^, Charles que je citerai , dans la traduction que le général Jominî aid<VN»ée 4«ca#|OTi9e| iMiSy s«|>^^iiltiam qiiâle not'ét/eeÂ/r que CQ traducteur emplpyaU d^QS d^u:^4e ces pass^g^* i^e repimi^ pas la pensée de Tauteur, je consultai une personne qui avait Fouvfftg» iammid-èt '^ i»Msttfe Men là langue allemande. Elle me^ fif.yoif qns J|l. If ÇflD^fl /Wû»i avfit tr^ai:eipfii|sri»i| «>lteH; tiofis qbject, dérivée de deux mois français , par le mot objeefify^ tandis qu'elle doit être traduite par l'expression objet d'opération/ J'ai donc adopté, pour la traductiM des passages quête cite, oDa-' qui m'a été dçnnée par la personne <}uq j'ai consuitéjs. jH'ayan|pu nie procurer l'ouvrage de Bulow en allemand , j'ignore quelle est re$inaM|oB qnaksanlinMtiiâeuff « ràiaio par |b mot é^eê, toMil'

5o» MÉLAïTGBS.

• La biM d^^upéN/dom^ éUM^ eonsmie en plusieiirs poltttt skiiës près les uns des autres et fies entre en » dns ks^vels sont réunb tons les apprcmsionnemeiis et d'oà ces approvisioniieaiens sont dirigés sur l'armée apBsaBte Les points qui constituent une base doivent être liés entre eux par des communications praticables. Il est bon qulls se trouvent derrière ou sur use UgM de défense avantageuse dont une armée puisse se cduvrir au besoin ; dans ce dernier cas , la ligne de défense elle*nième deviendra base. Il serait à désirer que ces points fussent fortffiés, et pussent ainsi, dans certains cas , être momentanément abandonnés à C|ux-*mémes , sans que Ton i&t exposé au danger de perdre les magasins qui y sont placés, •

Je partage Topinion de ces auteurs ; je pense qa^on peut donner le nom de base (Popéraiions à FMsemble des places oà Ton a réuni les appro* visionnemens de vivres et de matériel de guerre nécessaires à Farmée. Ces places sont ordînafrement situées dans le voisinage de la fi:<mtière ou doiv^ se porter les premiers covps, et Ton a alors sa base sur cette frontière; si elles sont situées sur un fleuve ^ on peut dire aussi que Ton a sa base sur ee fleuve ; mais ni la fitmtiëre ni le fleuve ne me paraissent pouvoir recevoir le Boaa de b^s^ (Popérmiians.

Lors({ué tiPUtes les ressources sont réunies 4imMi»^lijWl4é^Y kbaseseiédukà «u fxmt.

Si rafmée a pénétré asseï^ avant sur )e territoire

Mw^H^f - |MMir ÊfÊ^ Ms <wtt'iiiwhiiWiiflP8 ^ witm exposées, ou pour qaVIle ne poisse que dMfiei^ lement tirer de sa base oe qui hu eàt nénssitire, 4m en établit uae nouvelle plus à pFOffimilé ; si aiu contnire Tennemi, ayant pris Toffensivei occupe ou cerne les dépôts qui constituaient la première base, on crée en arrière de Tarmée de nouveaux dépôts qui forment une nouvelle base^ Le But objectif, le Point objectif: L^aiiiteur qui a employé ces deux expressions parait a^étre^xé à la seconde ; il dii combien il y a d^espèœs de points objectif, et ce qa^il entend par Texpres» sion point objectif à9Xi% des circonstances déterminées ; citons pour tâcher de saisir sa pensée i

« En stratégie 9 dît-il (page 72) (a), le but d^nne campagne détermine le point objectif. Si ce but est offensif, le point sera roccupatlon de ta capitale de 1^ puissance ennemie , ou celle d'une province miUtaireji dont la perle pourrait déterminer Tennemi à la paix.... A défaut de cette capitale , le point objectif sera un Amit quelconque dV^^ératioasy qai servirait de pre* ■ière base à Teaiiemi , et oà se troîiveraieiit quelques pteees inporlaules dont la possession assurerait à Par^ •lée cdie dn territoire occupé. Par exemple ; daus nue guerre cootre rÂutnche , si la France envahissait llt»- Ue, son premier objectif s^ait d'atteindre la ligne ditf Tessin et du PA , le second point objectif serait Mau*

(•} Taim»M»itW4sr4«lM4ettM*

MM» «t 1»%» de l'A<^, le «QMiMBm sertit dé!|& 8Vr les Alp«B noHqvak

«Dans 1a défcnrive, le point objectif, ftn lleti d*étrè celui qva Tan veut ooûquëriry sera eatei que Voir cher* che à couvrir. La çsifks^ éuaî cepsée aua c^itre de b

puissance , devient le ppiat olyectîf principal de la défensive ; mais il peut y avoir des points plus rappro- (chéSy comme, par exemple, la défense du premier fH)nt et de la première base d'opérations ; ainsi , une ftrméé française, réduite à la défensive derrière le BUh, aura pour premier point objectif d'empêcher le pâfisage du fliMive j die ehereherâ b secourir les places d'Alsace , si reiiaeini parvenait à effectuer soli passage et à les assiéger : le second point objectif sera de coa^ vrir la première base d'opérations qui se trouvera sur la Meuse ou sur la Moselle.

» tl y a deux espèces de points objectifs; les premiers sont des points géographiques , c'est-à-dire, un Ôèuve, une forteresse, un front d'opérations avaiita- |eux à occuper, ou bien , comme nous l'avons dit, une capitale.

» Les seconds ss^t dss points olijectift de manoM** vres qui dépendent de la position de l'ennenii : car on dfMt avoir ponr but de Ini porter les eonps les plus sèm et les pins sMsibles , ce qni d^end de l^enq[)la!cemenl de ses forces. Dans la campagne de 1800 ^ le premier peint objectif de Bonaparte était de fondre snr. la droite dn Mêlas , par le Sainl-Beraard , ponr s^emparer de ses communications. On juge que le Saint-Bernard et Aoste n'étaient pas des pêfisls Mifeetifr liéographiqnes , mais

MËLAHéËS^ fit

MèA 4é màMmfé&f mmtû qaë IMSs (Araififtgët têiah taicnt de la titv8h« de Mâas sur Jice«

importâtes ^ puisqu'ils auraient pou^ bat l'auéautisse^ ment total de Tarmée ennemie, en tombant avec la

rapidité de Taigle sur ses communications, afin de la couper de sa base , et de la refouler sur un obstacle îhsùrmontable. Ce genre de guerre , auqtiel i! faut àvôiitèr que NAtMëon excellait i^lfis particùllèréméiit \ settble la perfbction de Fart , car on ahroa^r» que iion^ S9i4ie|»QalJes yKtints objectifs géogr{q;)luques9 mais lep états tonibent dès que l'armée qui devait 1^^ couTrir a cessé d^exister. t

« Nous renvoyons, d'ailleurs, à ce que nous dirons plus bas des points décisifs , atteiidu que chacun d'eux sera tin point objectif convenable. »

Bulow s exprime ainsi qu'il suit , dans Touvrage précédemment cité. <c Toute opération )> guerrière se divise donc aujourd'hui en troîë » parties principales : le sujet ou la base de To— » pératiôn ; la ligne d'opérations et Tobjet. )> Cet auteur définit V objet le but vers lequel se dirigent les lignes d'opérations , et c'est une acception dans laquelle on peut prendre ce mot.

<( On compte dans l'oflFensive, dît le prince » Charles, trois sortes de points stratégiques. » Les premiers forment la base d'opérations ^ » comme une ligne d'où l'opération doit partir. » Les seconds sont déterminés par le but de To^

» dPopènuions. Les troisièmes sont n^rin^ » diaires entre les deax premiers. » Ce que cet âutear appelle point stratégique ajant été bien défini, la signification du mot objet à^ opérations se trouve Tètre également*

Le mot objectif n^èinAi connu dans la langue française que comme terme technique d^opCique : eW le nom de oelni des verres d^nne Innette qui est tourné du côté de Tobjet* Le général Jomini, réunissant le mot objectif an moi point, donne à Texpression /loi/i/ objectif des significations dont plusieurs n^ont aucun rapport avec les mots qui composent cette expression. Cest tantdt un point géographique comme une forteresse, ou une capîtnle, tantôt un fleuve ou une province ; quelquefois c^est un but que Ton se propose d^atteindre , et quelquefois enfin cette expression s^applique à des manœuvres; car fondre sur la droite de Mêlas par le Saint-Bernard pour sVmparer de ses communications, cW bien exécuter une manœuvre, et même une manœuvre très-remarquable.

Je n^approuve ni Temploi de cette expression , ni les définitions qu^en donne le général Jomini ; je ne pense pas qu^il soit besoin de dire pourquoi} cela saut^ aux yeux. Je pense même

MÉLANGES. 5i3

qu^il n^est point nécessaire de créer un mot technique pour exprimer le but qu^un général se propose d'^atteindre ; ce but est , avant tout , de battre Farmée de son adversaire, pour tâcher de la détruire ; car , ainsi que Fauteur le dit luimême, non-seulement les points objectifs géo-graphiques, mais les états tombent dès que Vannée qui dei^ait les coui^rir a cessé <P exister.

Les mouvemoiis et les manœuvres des armées exercent tant d^influence sur les succès et sur les revers ; il 7 a tant de nuances entre anéantir Farmée de son adversaire ou perdre la sienne ; les climats et les saisons présentent des circonstances si différentes , que le but d^un général , autre que de battre Farmée de son adversaire pour la détruire, peut varier plusieurs fois dans le cours d^une campagne : pourquoi donc désigner , par un mot technique , un but indirect et incertain , soumis ordinairement à de telles variations ?

Le Front d'opérations : « Un front d'opérations, dit Fauteur (page 76), est l'étendue d'une ligne qu'occupe Tarmée en avant de sa base , soit en pays ennemi, toit dans son propre pays. En 1813 , le front d'opérations derarmée de Napoléon était la ligne de l'Elbe, sa base d'opérations était le Rhin , sa ligne d'opérations était l'espace compris entre le Rhin et l'Elbe. »

L^expression Jront {^opérations me parait

Îi4 MÉLANGÉS.

inadmissible, parce que la langue ne pèrinet p^s de réoniir les déiix mots qui la cômboseht. Eii effet , le mot /irorit exprime , dans lé sens propre , une partie du visage dé rhàmme et de la tété de quelques âniniàùxVdàns le sensfiguré^ on rie rapplique qu^à rèteodue de certains objets immobiles oit qiii sont dans line position déterminée et vus de Tacé. Ainsi Ton Ùit /iront

de ^fortification f front cCûn bâtiment ^ front de ianaiere , frorit d^uhe àrmèe, aiiri. hataiUon} mais le mot opérations , appliqué k ùaé armée, exprimant moiivbment , on ne peut dire front d! opérations . Là aèfiniUôn de raûteur mé semble d'^ailleur's inintélligible^'car on né sait ce que c^ésl que cette ligne qu^occùpe fàrméé cîn avant e sa base; s il veut designer la ligne des avantpostés, elle varié à châqaé instant pendant Je cours des bpératiôiis , excepté quand il y a suspension aWiries par suite de conventions écrites , verbales ou tacites , ou parce qu\iQ obstacle, tel quVn fleuve, par exemple, contraint oi^ipeatanément à suspendre . les opérations; iQaiS; aiors on xie peiut donner le i^m de frokit d^opéràtidns à la lijg^e des atant^pbtttes , jptrisi^ue ies opérations sont suspendues.

Je né comprends pas ce que dit le général jomini, qu^en i8i3 le front d^opérationi deTar»

méq de Napoléon était la ligné dé l^Bllie , piiisqûte 4 pendant cette eàtc^affÈe ^ Nftfioléoiî passa i%lbe awsitAt «prèfc la bataille de.Labm^ tt que depuis il n^eut jamais la lig«te èe Étàs aTattt<*postos sur ce fleuve 4 ik Airent toigoars an delà 00 en dieçà. fil l\)n pouvait gratùmaticalement réunir les deux ttiôti ffvnt et opérations, il me Semble que je désignerais par rèxpressîon^/no/i^ a opérations, Tespace embrassé par les têtes de colonnes à^une armée qui a Toffensive.

. Dans un supplément destiné par le général JkM^iiii à réfuti^ les divcirsei critiques qui mît été feites du chapitre xtv >de son Traité des ^prandes Opérations mUitaireè et de la définition qd^il avait donnée des lignes d^opératîons , oh trouve (page 248) la définition suivante : « Je » crois devoir nommer^yr(?A2^ d^opérations , Yes- » pace qu^une armée couvre défensivement ou )^ c^lni qu- elle occmpe à la suite d\me opéaratîoii » ^lEensive. » Cette déi^nikion n^est nulkmaat d^accord avec la précédente , et ne me semble pas meilleure, par les mêmes raisons.

Je ji^ésiie pas à affirmer que si. je ne cômprei)aîs pa^, U définition que Tauteur dopqgit 4e V^af^v^ss^oxi^/kQnf cPapénOioM^ dans: Tédîtiûn de i83o, jene comprends pas davantage la défi^ ^ition i|U'xi en donne dans celle de i838 ; je tne

dé^Ç doQC à rapporter. tatuclleaimt le passage 4ff . oette édition qui est relatif à cette ex«pre^sÎK» 9 pour que mes lecteurs puissmt eu ji!^^,par «oxHuèmes.

: .Vooie I y 'pa0e 20§ de Tédilioa de 1888 , aeticls n ,

des lignes de défenses ei des postions sindégû/ues.

» Il est certains points de la science militaire qui ont t^nt d'affinité entre eux , que Ton est souvent tenté de les prendre pour une seule et même chose , bien quHls diffèrent au fond.

•»'De oe liombre sont les fronts d'opérations, les jhsnta stralégiqttes , les lignes de défense et les porilioigis^^StKat^giques. Qn pourra.s'assurer, par les otoer» valions saivanteS| des rapports intimes et des difle* renées qui existent entre eux, et apprécier les motifs qui nous ont décidés à les réunir dans un même artféle.-

» Dèéfroûts d'opérations ei fronts stratégiques.

* Dès qu'une armée est disposée sur la zone de T'ëehiqaier qu'elle veut embrasser, soit pour attaquer, SMi.imir. se défendre, elle y occupe ordinairement des positions .stratégiques i nous dirons un peu plus loin oe qu'il faut entendre sous cette dénomination.

» L'étendue du front qu'elles embrassent et qui fait face -du côté derènnémi se nommera lefr^nt stratégique. hà portion de'Vécbiquier dloù l'ennemi pourra pi^ésuloablement arrrvei^^Ur ce fronît en une ou deux laar^ ches sera le fivnt d'opérations.

• Il existe ^^tre ces de^ix sortes, de fronts une si

MÉLAT^GES- 5i7

grande aiialope , que bien des imUtaines le^ oiit confondus tantôt sons Tune de ces dénominatioiis , tantôt sous Fautre. En prenant néanmoins les càoses à 1^ rigueur, il est incontestable que lé nom de front stratégique convient mieux pour désigner celui des positions réelles occupées par l'armée ; tandis que le nom dé front d'opérations désignerait mieux cet espace géographique qui sépare les deux armées , s'étend à une ou plusieurs marches au delà de chaque extrémité de leur front stratégique , et ou il est probable, enfin, qu'elles viendront s'entrechoquer.

• Ceci paraît si rationnel, que je n'hésiterais nullement à consacrer désormais cette double définition si je ne craignais d'être encore accusé de m*attacher à des subtilités de terminologie par trop minutieuses, car, dans l'application pratique que d'autres écrivains voudront faire de ces mots, il est probable que plusieurs d'entre eux continueront à ne pas les distinguer et les emploieront indistinctement pour formuler une même idée. Je me contente donc de signaler la différence que l'on pourrait assigner à ces deux expressions , et de m'y conformer, pour ma part , autant que cela peut se faire. •

On remarquera que Ton trouve dans ce passage les expressions /ronis stratégiques et zones de P échiquier qui ne se' trouvaient point dans rédition de i83o, qui me paraissent nouvelles, et dont je ne suis pas plus partisan que de Fexipvessiow fiont d^ opérations.

~ La Ligne ijP opérations : Le général Jômtni

Si8 WiUSGBS.

ne défiait pas cette expression , mai» il &it con** tiaitre , par des développèmens et par des exemples, quelle si^ifîcation il lui donne.

« Les ligues d'opérations, dît-il (page 77), doivent être considérëes sous deux points de vue : 1** celui des

Hgnes territoriales; 2** cehà des lignes manœuQres, Cette distinction a trouvé des contradicteurs \ je ip'efforcers^i de la justifier. J'entends par lignes d'opératioqs territoriales celles que la nature ou Tart ont tracées pour la défense ou Tinvasion des états. Les frontières couvertes de forteresses ; celles qui sont défendues par la nature; des chaînes de montagnes; dp grands fleuves; la mer pu d'autres obstacles insurmontable:^; en un mot tout ce qui constitue le théâtre des opérations, se rattache aussi à la première combinaison des lignes d'opérations. Les dispositions du général pour les embrasser dans leur développement exigent une seconde combinaison plus injportapte epcore et presque towjours décisive ; elle est sans contredit liée avec la précédente ; mais , comme elle présente un point de vue tout différent , j'ai cru pouvoir la désigner exactement par le titre de ligne manœwre, parce qu'elle est réellement la base de la stratégie. Quelques exemples ne seront pas inutiles pour rendre mon idée plus intelligible.

» Les trois grandes lignes d'opérations de la Franee contre VMtrîolie ^n% : l'Italie à droite , le Xyrol au centre, l'^leipagpe à ^auQ|ie, etc.^ ^tc, »

L^auteur subdivisa ^milite }es lign^^ manœur ^s ^ lignes ^opérations simphs , liffn^^ dou-^

bif^^ e(^ rnultifiliées ^ lignes intérieures | lignes extenew>es, lignes profondes y lignes conçeniriçwes , lignes^ secondaires et lignes accidefiteîr ^s. Eq supposant inême que t putes ces exprès^ sion$ fussent bien définies « il serait nuisible d^ei) faire usage daps Thistoire militaire , parce QVi^o\^ n^fjn a ps|s ]>esoin et qu^elles ne pourraiei^t qfxfi l^t^r ^e F^b^çurité dans des récits qui peuyen^ ^tre rendus av^c clarté au ipoyen du langage prdinaire. Mais peut-être y pn auraitil quelques-unes qu'il spait utile d^emplqyer dap$ les quvrages didactiques où Ton traite ^es jO|r^nde$ opérations militaires.

Je ne me permettrai qu'une seule observatiou sur pe que Tauteui* appelle lignes d'opérations , p'est qu'il donne ce nom à des surfaces 4^une grande étendue, ce qui est intolérable, puisque ce serait changer complètement la sigpification bien déterminée du mot ligne. On peut donner le nom de ligne à une route , à un f|pV{ve , pareil que leur largeur jîst très-petitp comparativement à leur longueur j| mais on ne peu]: donner ce nom à un royaume ou à une province. L'auteur dit : « que les trois grandes ^)> lignes d'opérations (|e la France contre l'Au- )> triche sppt : l'Italie à droite , le Tyrol au .» centre, ^'Alleipagne à gauche. » Moi je dirai

j>20 MÉLANGES.

que le théâtre de la guerre de la France serait , dans une guerre contre TAutriche , Tltalie à droite, TAllemagne à gauche , et que même le Tjrol pourrait le devenir aussi , si la France poussait jusque-là ses armes victorieuses. Donnons encore un exemple. Le général Jominl , dans un passage précédemment cité, dit « qu'yen » 1 81 3, le front d^opérations de farmée deNa- » poléon était la ligne de FElbe , que sa base » d^opérations était le Rhin , et que sa ligne » d^opérations était Fespace compris entre le » Rhin et FElbe. » Moi je prétends qu^en i8i3. Napoléon eut d^abord sa base d'^opératîons sur le Rhin ; que, lorsqu^il eut passé FElbe, il la transporta sur ce dernier fleuve , puisqu^il y eut les dépôts et les magasins de son armée , et que sa principale ligne d^opérations fut la route de Mayence à Dresde par Erfurth.

L^expression ligne d^opérations me parait utile à adopter ; sa signification dérive tout naturellement de celle des mots qui la composent. Les lignes d^opérations sont donc les principales routes que suit le gros d^une armée qui a Foffensive ; ces lignes servent presque toujours aussi de lignes de communications pour le trans^ port ou le passage de tout ce qui est nécessaire à Farmée , en matériel , en personnel de guerre

et en vivres; par analogie, on peut appeler lignes de retraite les principales routes que suit le gros d'aune armée qui bat en retraite.

Les petites armées n^ont presque jamais qu^une seule ligne d^opérations et qu^une seule ligne de retraite; mais on a Texemple de très-grandes armées qui n^ont eu aussi qu^une seule ligne d^opérations et qu^une seule ligne de retraite. Lorsque Napoléon marcha de Smolensk sur Moskou avec une armée de i5o,ooo hommes présens sous les armes, il n^eut qu^une seule ligne d^opérations , la grande route de Smolensk à Moskou. A la vérité, des corps d^armée suivaient des chemins de traverse à une faible distance de chaque côté de la grande route; mais ils restaient sous les ordres immédiats de Napoléon; ils étaient en mesure d^assister à la bataille si Ton en venait aux mains, et ils y assistèrent, en effet , dans lés champs de Borodino. Cette même armée n^eut qii^une seule ligne de retraite depuis Mojaïsk jusqu^à Kowno.

Je me trouve encore d^accord, sur ce point, avec le prince Charles, car il dit :

« Qu'on appelle ligne d'opérations celle que suit Tar* mée poar atteindre Vobjet d'opération déterminé , pour la distinguer des communications secondaires, qui conduisent , à la vérité , au même point stratégique ,

^22 I9ÉLA]!)Q]g%

(ns^is qui sont moins importantes, et qui spot seulement utilisées comme moyens de coopération. »

Selon BuloW| « les lignes d'opérations commencent du moment qu'une armée s'éloigne de ses magasins , car ce sont, dît-î!, les convois qui, h proprement parfor, ferment ces lignes, »

' Je ne partage point , ainsi qu^on Va vu , To-

pinion de Bnlow : il confond les lignes d'opérations avec les lignes de communications. Assuréihent , les convois arrivent presque toujours à Tarmée par les mêmes routes qui ont servi de lignes d'opérations , mais pas toujours. Ainsi , par exemple, un fleuve pourrait servir de ligne de communications , et non pas de ligne d^opérations.

Dans un supplément intitulé : Observations sur les lignes coopérations et sur les ouvrages qui ont combattu le chapitre xiv du Traité des grandes opérations militaires , Fauteur réfute les critiques que Ton a faites de quelques parties de ce chapitre xiv, et de la définition qu^îl a donnée de Texpressiort lignes d^ opérations; la lecture de ce supplément m^'a appris que je par^ tageais, en grande partie, Topinion des auteurs qui y sont réfutés , en ce qui concerne les lignes d'opérations.

Je ne parlerai des lignes de cqmmunicfltions

et daslignés (Papprài^isionnemens qute pour dire que raiiteur appelle lignes de communications toutes les routes que suivent les différentes parties d^une armée, et lignes Japprovisipnnemens les routes par lesquelles arrivent les apprpvisionnemens.

L^auteur a modifié, daq$ Tédition de iSSS, qq qu^il disait d^ lignes ^opérations) œp^ndant iheis observations me paraissent nWôir rieii perdu de leur force. Pour que Ton puisse en juger , je citerai textuellement: le passade de Téditioq de 1 838 , qui y est relatif.

Tome I, page 325^ aiitxclk xxi. Des i^^nes et dsi liffies d' cpéraù'aas.

« On doit entendra par zone d'opérations une cer* taine fraction du théâtre de la guerre qnî serait par^ oourue par une armée dans un bat déterminé ^ soft (|à'eU^ a^^isse isolémeat , soit que ses moavemefas filSK $ent combipés avec celui d'un:e armée secéndaire. Bar esLèmple , dans Tensenible du plan de oampagn^ de 1796 , l'Italie était la zone d>o|)érationà de la droite ; la Bavière était celte de Tarmée du centre (Rbin-^t-Mo- 9elle) ; enfin , la Franconie était la zone de. Tarmée de gaucbe ( Sambre-et-JMeuse).

« Une zooe d'opérations peut queUpiefoi» ne préfkenr ter qu'une seule ligne d'opérations , tant par la i3onAf gujratiQi^ même de la contrée , que par le petit nombre de rputes praticables pour une armée qui s'y )rpuvecaîent; Mais ce ca3 est rare, ^t la zone prés^tera or4î*

5^4 MfiLAlilGES.

iMrirtawiit plotieiirs ligaes d'opérations , dont le ncmi- ^ dépendra en partie des projets du génàral, en partie du nombre des grandes conununications qu*offirira le théâtre de ses entreprises.

» On ne doit pas en conclure néanmoins que chaque chemin soit en lui-même une ligne d'opérations : sans doute j d'après la tournure que prendraient les événe* mens de la guerre , chaque bonne route d'abord inoccupée pourrait deyenir momentanément une ligne d'opérations; mais, tant qu'elle ne serait suivie que par des détachemens de coureurs, ou qu'elle se trouverait dans une direction hors de la sphère des principales entreprises, il serait absurde de la confondre avec la ligne réelle d'opérations ; outre cela , trois ou quatre routes praticables , qui se trouveraient à une ou deux marches seulement l'une de l'autre et condniratent à un même front d'opérations , ne formeraient pas trois Ugnes d'opérations ; car ce n(»i n'appartient qu'à un espace suffisant pour que le centre et les deux ailes d'une année puissent s'y mouvoir dans la sphère d'une ou deux marches de chacune de. ces ailes, te qui siq»pose au moins l'existence de trois on quatre chemins menant au front d'opérations.

• On peut inférer de là que, si les mots de zones et de Ugnes d*apéraibm ont été jusqu'à présent confondus et employés souvent l'un pour l'autre, il en a été de même pour les lignes d'opérations, les lignes stratégiques et les chemins de communications éventuels.

» Je crois donc que le mot de zones d*opéraHons doit être employé pour désigner une grande fraction du Aéàtre général de la guerre ; celui de Ugnes â^apéru^

thns désigtjiera la pao^tie de cette grande firaclien qiie ranuëe ^aobrassera dans ses entreprises, soit qu'elle suive plusieurs routes, soit qu'elle n'en suive qu'une ; le mot de U^s stratégiques désignerait alors les lignes importantes qui lient les divers points décisifs du théâtre de la guerre , soit entre eux , soit avec le front d'opérations de l'année ; enfin , par la même raison , on donnerait aussi ce nom au^ lignes que sui^ vrait l'armée pour atteindre un de ces points , ou marcher à une manœuvre décisive , en déviant pour un moment de la ligne principale d'(q>érations. Enfin , le nom de lignes de communications conviendra pour désigner les routes praticables qui lieraient les différentes fractions de l'armée réparties dans l'étendue de la zone

d'opérations (i)

» Cherchant à distinguer par lin seul mot les lignes matérielles de toutes les combinaisons de l'art qui s'y rattachent , j'avais jadis donné à celles-ci le nom de Kgnes-manœuores, et aux premières celui de lignes ieni" loriaks. C'était , à mon avis , le vrai moyen de résumer, par une seule expression technique , les diverses conceptions stratégiques qu'un général peut imaginer pour choisir ses lignes de la manière la plus habile , la plus conforme aux principes , et la plus propre \ donner de grands résultats. En effet , ces conceptions pouvant être considérées comme autant de manœuvres

différentes les unes des autres , le mot Kgnes-manœuores

(1) « Cette définition , qni diffère un peu de eeUe que J'avais MiMird donnée t me semble satisfaire à toiUes les eiigenoes; j'anvii occasion de la développer successiYemeBt dans le présent artîçl^,^! dans celui qui suit. »

^2i; AËLÂ^GËS.

vNiSiVt tieû qtte de tlrèb^fatibnniBl. Toutefois , ébtnmb t^iitsle^i^ tnUltaireB , à\i liet de s'attacher h saiàir le setts figure quil renfermé , ont trbuVé plu^ simple de "tt'oppoi^er cette Vérité t^itfâte, qu'aune ligne ne saurait "être une tàânœuvré , J'abandonne vdlontiérà cette défadmînàtioà conventionnelle, pour iie ta donner désor- Ihais tpi'kak lignes stratégiques instantanées qu'on adopte souvent pour une manœuvre passagère , lignés "qull Éààt se garder de confondriB avet la véritable ligne •a*opérati6tis , et qui ferôidt le sujet de rahicle i2. »

L^auldùr subdivise ensuite les lignes (toperations en lignes simples , doubles , intérieures , /s^tér^eiures', concentriquf^ , divi^gentes, profondes , secondaires , accidentelles ^ prcyviâoires «tdKfiiiitives*

LaLo^:slique : Ce mot me parait être touti-fkit nouveau, fcar je ttè favîaîs encore vu employer nuïlé part dans la littérature militaire.

« La Logistique est y dit Fauteur (page 93), Vart de bien ordonner les marches d'une armée , de bien cornbiner l'ordre des troupes dans les colonnes , le tems de leur départ, leur itinéraire, les moyens de communication nécessaires pour assurer leur arrivée à point nommé : c'est le fond des devoirs d'un officier d'étatmajor. Mais, outre c^s détails tout matériiels, il existe une espèce de niarch'e qui appartient aux grandes jMér;ai^on& de stpatégier ^^ exemple , la joiurche de iliapoléoa par. le Sadmu-fieKimnl^ pour tumber «nr .les ^eôùmltiiiicaMbfts MélAs*; celles qu'il ÏBt en 1805 psn- Ponawert pour couper Mack, et en 180*6 par Géra

jÎÉLAliGES. S27

poiir tourner les ^lis^ens j ïa marche de SuVarorpdur vM^r lie Turin i^r ia IVcftft^ , M detaitt dé M^tdô^ nildf œlte de Vannée passe sur ïareinm, puis sur l^apuplî fuf/^iit.dets <q[)^ati9n& dédsiye^y nop par l^up rapport a^ec la lojgistique , inais par. leur rapport avec la sti:atégie. » L'auteur ajoute, dans une no^e, « qu'autrefois les officiers de Tétat-major §e nommaient màrëcnài-des-logîs, major-général-des-logis ; et qùé dé là est venu le terme de fogistigàâ tju'on eihploië pour iSsigaëF • tfè : qiii se railiA)lr«é • kux marbhé^ * A*Me krmée* ** '. ■ • ! ■.•..- •»!

' I/è ^é»àl Jotoiidi pÂTte du Mot logistique bteriftiè sHl ne rmtrodtiisâit ^psn pour la ^ree mtère fi)i^ dans la lân{^ue milfeâirë (a) ^ néanmoins , je le répète^ je ne 1^ aï point €ticbi*e Vti employer : il parait le faire dérivei* du mot togis,

êtymblbgie rfngulièk*è ; puisqu'il emploîé le nïot

ïogistiqué à désigtiet ce ^ûi Se tappoHù auS marches (Pune armée dans les détails tout ma-' térielsy et il prétend qu« c'est là le fond des de^^irs d^un officier d^état-^ifUyor. Jie ne Qraîq£| pas d'affik'mer ^w Fauteur s'est ttonipé^ et que ce n'est là li^u'ûne faible partie des devoirs quô

' (a) Le mot ioghûque nfe ké trouve point dans la fteriiière édition Au 1HcHûnnai9r^ de VAeàâéw^; maiS', dans les éditions pfé^ cédeiiteB, on trouvait.: a to^fittîqmi s. fétn. U H'esl d'Usage ^u^ 9 dfOis i^U^ phrase : ^a loQi$Uq'ne ^fécietue. C'est le fiom qu'oi^ » donnait autrefois à Falgèbre , et qi)i signifie : l'art de faire un p calcuravec de» Uttree* »

ces officiers ont à remplir : il existe assez de Imnis ouvrages sur le service des officiers d^étatmajor , pour que cette assertion puisse se vérifier en quelque sorte matériellement ; il serait donc superflu de rien ajouter à ce sujet. En dé^ finitive , le mot logistique me semble inutile , mal -choisi , et je pense que Ton continuera à s^en passer comme précédemment.

L^auteur, dans Tédition de i838, parait vouloir donner plus d^extension à la signification de Texpressiim la logistique ; il s^exprime ainsi qu^il suit (tome ii , page i46 de Fédition de i838) au commencement du chapitre vi, intitulé : iSiir la logistique ou art pratique de mov^ wir les armées.

« La logistique est-elle uniquement une science de détail? Est--cey au contraire , une science générale formant une des parties les plus essentielles de l'arc de la guerre , ou bien , enfin , ne serait-ce qu'une eiLpression consacrée par l'usage pour désigner vaguement les diverses branches du service de l'état -ms^r, c'est-à-dire les divers moyens d'appliquer les combinaisons spéculatives de l'art aux opérations effectives ?

» Ces questions paraîtront singulières à ceux qui sont dans la ferme persuasion qu'il n'y a plus rien à dire sur la guerre, et qu'on a tort de chercher de nouvelles définitions lorsque tout leur semble si bien défini. Pour moi , qui suis persuadé que de bonnes définitions amènent la clarté des conceptions^ j'avoue

MËLA^Gfô. 529

ipé Jo 9«ts j^eafqae embarra^é de résondt^e ces i)uesi\6ïm en apparence si simples.

to Dans les premières éAKibns de cet tnivrage , j*ai , ;i Tetempieidle bien Aes milit»i#e8 , i^ngé la logisti(|ue dans la cfosse des décàfis d'exëciition du service de rétal-major, qui font l'objet du règlement sur le scr-^ Tioe de campagne et de quelques instructions spéciales sur le corps des quartiers^niattres.

' » Cette 'Opinioii ëiait le résultat de préjugés consat^rés par le tems : le mot de logistique, dérhé, comme -on sait, de celui de major^énéral des logis (traduit en allemand par celui ûe guartter-mehter) , espèce d*of- ^ciers <pû avaient jadis la fbnction de loger on camper les troupes, <le diriger les colonnes, de les placer sur le terrain. Là se bornait toute la logistique, qui, comme on le voit, embrassait néanmoins la castramétaiion ordinaire. Mais, d*après la nouvelle manière de faire la Iguerre sans camps , les mouvémens fbrent plus compliqués, et rétat-major eut aussi des attributions plus étendues. Le clief de Tëtat-major fut chargé de trans^ mettre la pensée du généralissime sur les points les plus éloignés du théâtre de la guerre, de lui procurer les documens pour asseoir ses opéraliolis. Associé à toutes ces combinaisons , appelé à les transmettre , à fes expliquer, et même à en surveillei" Téxécution dans leur ensemble, ainsi que dans les moindres détails, ses fonctions s^étendirent nécessairement à toutes les opérations d'une campagne. Dès lors, la science d'un chef d*état-major dut embrasser aussi les différentes parties de Fart de la guerre , et si c'est elle que l'on désigne sous le nom de logistique, il suffirait à peine des deux

53o MÉLANGES.

ouvrages de TarcbUfaïc Charles ^ des vokimÎQeuK traités de Guibert , de Laroche-Aymon , de Bouspiard et ^a marquis de Teriiayi poiu* esquisser le cours incomplei d*UAe logistique pardlle , car elle De serait rien moius que la science d'application de toutes les sciences militaii'es.

» De ce qui précède , il me semble résulter naturellement que Tancienne logistique ne saurait plus suflSre pour désigner la science des ^ta^nu||ors j et que les fpnctions actuelles de ce corps, si Von tenait à lui donner une instruction qui répondit pleinement à son but, demanderaient encore à être formulée^, partie en corps de doctrine , partie en dispositions réglementaires. Ce serait aux gouvernemens à prendre l'initiative en pji^liant des règlemens bien mûris, qui, après avoir U*açé tous les devoirs et les attributions des chefs et Qfficiers de Tétat-ms^or, seraient suivis d'une instruct'ion claire et précise pour leur tracer aussi les mé- :

tbodes les plus propres à bien remplir ces devoirs i

S'il est reconnu que l'ancienne logistique

n'étais qu'une science de détails pour régler le matériel des marches ^ s'il est avéré que les fonctions de rétat-major embrassent aujourd'hui les combinaisons les plus élevées de la stratégie^ il faudra admettre aussi que la logistique n'est plus qu'une parcelle de la science des états-majors, ou bien qu'il faut lui donner un autre développement et en faire une science nouvelle, qui ne sera pas seulement celle des états-majors, mais encore celle des généraux eu chef. » •

Quoiqu'^il paraisse, ainsi que je Tai dit , que le général Joinini voudrait donner plus d'exten-

MÉLANGES. 53 r

sien à la sfgtiîBcMion de Texpresëton là hgistf^ que y on voit pourtant qu^il n^est pcis encore entièrement fixé à cet ég'ftrd.

Je sais qu^on fieut citer des auteurs qui ne pensent pas comme moi s«jî Tabos^du néologisme que je reproche an général Jomînî ; ainsi, par exemple, M. lô colonel Okounef, dans sés^ Mémoires sur les principes de la stratégie et su^ ses rapports intimes avec le terrain, dit (p. 1 54) en parlant du général Jominî :

• Il serait diffllciie , oh poar mieux dire impossible y de donner une nomenclature plus complète et des explications plus satisfaisante des différens genres de lignés d'opérations dont la stratégie est susceplible, que celles que le général Jomini nous a communiquées

dans son Traiié des pondes opérations^. Aussi , ne me dis-^

simulant pas Timpossibilité de donner quelque chose de meilleur à la place , je resterai Sdèle au système du savant qui nous a si bien éclairés sur cette matière. Que le lecteur me nomme un ouvrage où l'expli^tion des lignes d'opérations Soit plus satis&isante que celle que nous trouvons dans le Traiié des grandes opérations, et il me verra revenir franchement de ma convictioé actuelle. Maintenant , je soutiens encore que le géné^ rai Jomini est le seul qui nous ait donné quelque chose de complet sur celte matière intéressante de la strate^ gie. Le général Jomini accepte dix lignes d'opérations différentes, etc. »

Muis, selon moi, M. le colonel Okounef eh( un

disciple qui €sl tombé dans les mêmes fautes que son maître; je me eonlenterai de faire une courte citation pour justifier cette optoion.

* Le système operaUf de la sindégîe, dit cet auteur

(page 179), eflhbraasaat de grandes sphères et non des sections tronquées , ne pouvant prévoir ou régler que les modulations des grandes opérations et non des parties de détail , nous met dans Tobligation y pour ne pas dépasser les limites de son état naturel y de ne nous occuper des échiquiers que dans leur état d'ensemble ; d'autant plus que nous avons déjà eu l'occasion de discuter les ressources des différens objets topographîques qui $e présentent à nos yeux sur la surfece du globe, en les considérant dans leurs détails. Le tliéàtre de la guerre, dans son ensemble^ peut se préfteoter à nos opérations : 1° en échiquier ouvert et sans aucune valeur intrinBëque ; 2*^ en échiquier fortifié par l'art ; 3"* en échiquier fortifté par la nature; 4'' en échiquier fortifia par l'art el la natupe. Le secours des armées est indispeasable pour tous les quatre , mais jamais ce secours ne devient plus nécessaire et plus efficace que lorsqu'on veut défendre un échiquier de la prefluièra catégorie ou attaquer ceux des trois dernières. Lafaoîlité d'aborder, le premier et de défendre les troîfS derniers, ainsi que la difliiciiltéde défendre l'un etd'attarquer les autres, rendent ta pnéaeoce de l'agent mobile indispensable. »

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