EUS
Çepfffidaat Pïfipoléou ayant fait rfpousaf r IV yant-garde de Tarmée prussienne , dans la soirée du i3 1 jusque sur le plateau qui domine la ville dléna^ et étant persuadé que la totalité de cette armée était en sa présence , vint éta})lir son (|i|artier-général sur ce plateau, au biTOuac, au piilieu de ses troupes ; et il employa la nuit entière à diriger vers ce point tous les cqrps 4^armée qui se trouvaient dans le voisinage d^Iéna. Une partie de ces corps arriva dans la nuit niême ; Tautre partie ne devait arriver que dans la matinée du lendemain. Pendant que ces mo^:ty^mens s^exécutaient en quelque sorte sous ses yeux > présumant que Tarmée prussienne étendait sa gauche dans la direction d^Apolda , il. prdonna à Davout de se diriger sur ce bourg par la rive gauche de la Saale , à Bernadette de Sie diriger sur le même point en suivant la rive droite jusqu'^à Dornbourg , et à Murât de rétrograder sur léna.
Pavout, plus prévoyant que le duc dç Brunswick, envoya pendant la nuit, aussitôt qu^il eut reçu de Pîapoléon Tordre de marcher sur. Apolda , par la rive gauche de la Saale , Tune 4e ses trois divisions occuper le défilé de Kôsen, ce qu^elle n^aurait pu faire si le duc Tarait pré-* vei^v. Ç^tte circo|istance exerça U plus fimest^
MÉLANGES. igS
influence sur le sort de Farinée prussienne et apporta de trèsrgrands changemens dans la position respective des armées , à Tinsu des généraux en chef. Ainsi , tandis que tout d^un côté , depuis Napoléon jusqu^au dernier soldat , était en mouvement , de Fautre tout était plongé 4ans le sommeil.
Le i 8 au matin , après qu^un épais brouillard qui couvrait la terre eut été un peu dissipé , Napoléon , toujours persuadé que toute Farmée prussienne était en sa présence, attaqua Hohenlohe et le mit en déroute ; Ruchel , qui était venu à son secours , éprouva le même sort. Les troupes prussiennes se retirèrent en partie sur Erfurt par Weimar, dont Napoléon s^empara dans la journée même. Il n^avait fait donner , pour obtenir ce succès éclatant , qu^une partie des forces qu^il avait rassemblées dans les environs dléna ; il s^attendait, lui fait dire le général Jomini , à plus de résistance. Cependant , comment croire que Farmée prussienne , inférieure à Farmée française , sous tous les rapports , pût lutter contre elle , lorsque, au lieu de s^aguerrir dans des combats partiels , elle débutait par lîyrer une grande bataille , après douze années dé paix.
Dans le même tems que Napoléon attaquait
4g6 MÉLANGES,
une partie de rnrinée prussienne dans les champs d^Iéna,Davou( en venait aux mains avec Tannée que le roi commandait immédiatement. Le com« bat s^engagea d^abord entre la division qui arait passé le défilé de Kôsen et la division qui marchait à Tavant-garde de Tarmée primienne; puis, toutes les troupes des deux armées arrivant successivement, rengagement devint général. L^armée du roi, deux fois plus nombreuse que le corps d'armée de Davout , pouvait être consi«dérée comme Télite de Parmée prussienne; la garde royale en faisait partie , et elle comptait 10,000 hommes de cavalerie, tandis que Davout nVn avait que i,5oo. Néanmoins, contre les probabilités , si la qualité des troupes eut été sensiblemept la même, cette armée fut complè-^ tement battue par le corps d^u'Oïée français; et le général français , Payant repoussée jusqu^au delà du chemin dUéna à Freybourg par Eckartsberg, enleva à Parmée prussienne la seule retraite qui lui restât (a).
{a) On trouve dans l'ouvrage du général Jomini , où Je puise le récil des opérations , tome ii , page 294, relativement à la bataille d*Auerstedt : « Davout jugea alors que le moment était venu de D frapper le coup décisif: les hauteurs d'Eckartsberg dominaient » la gauche de reunemi. S'en emparer, c'était gagner à la fois le » point tacliquç et le point stratégique du champ de bataille, puis*
» que «*él)i|t ^'cmpurer du cbemiii direct de Fre^bourç et fermer 1«
JI£LAN6£S. 4sl?
. LWmée du. roi et son chfcf (^), igftèrant efeieôite le disastre de Vautre partie de Farmie prussienne y se. retiraient sur Weimar lorsqu'ils eperçareni les bivouacs du corps de Bernadoite qliî venait d^arriver à Apolda et qu'ils rencon-* tr^rent les fuyards d'Iéna ; il eo résulta un grand désordre, et il ne leur resta d'autre ressource que ^B prendre les chemins de traverse qui se trouvent entre Weiinar et Naumbourg. Je ^l'arrêie^ n^ayant pas besoin de pousser plus loin ttfon récit, puisque je me propose seule-» ment dVssayer d'appliquer la théorie des points dédstÊ f au commencement de la campagne de i fto6 et aux batailles dléna et d'-Auei^edt •
» dernière ligne de retraite à rennemi. » Si j'ai bien coimM'îç éê (^^^ le général Jomini entend par poinl lactique, expression qu'il f mlAoie, je crois, IndifKrenment avec l'expression clef lactique!, el si la aigniftcsUon de l'expression clef slratégiqiie d'un chanp de lia-» lail.le est telle que J*ai cru la comprendre » je trouve que cet auteur Sik, «n eet endroit, rnie fausse application de ses propres principes en indifuafit Bçkartaberg conNue point tactique, ear ce viU lage n'était pa^sur le champ de bataille , et la vietoire était décidée depuis long-tettis lorsque Bavout s'en empara, vers la chute du jour. Cefnt une eirconstattte Irèt^importante d<i sueeès de Daront que d'être parvenp à repousser l'armée qui lui était opposée, i^rès l'avoir battue, jusqu'au delà de la route d'Iéna à Frey bourg par Btkarcsberg, puisqu'il enlevait ainsi à l'armée prussienne sa retraite la plus directe , mais voilà tout.
(a) Le duc de Brnnswick, ayant été blessé, fut remplacé par IMendorf , qui , aymit été blessé aussi , avait été remplacé par ff^reulli : tiois ^iei^rds.
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Oa a TU que le général Jamini bvait dfo^ en parlant de la campagne de i8oS^ « que Madc » $e trouvant concentré en i8b5 vers Ulm et at<-* n tendant Tarmée russe par la Moravie, le poinl i> décisif pour Tattaquer était Donavrert ou I0 n Bas-Leck ; car , en le gagnant avant lui , oti » coupait sa ligne de retraite sur rAutriche et » sur Tarmée destinée à le seconder. » Le raison*^ nement analogue pour la campagne de 1806 est que le duc de Brunswick se trou^font concentré en 1806 vers Weimar, et attendant f armée russe par la Pologne prussienne, le point décisifpowr V attaquer était Naufhbourg et le cours de laSaale au dessous de cette ville; car, en le gagnant avant lui, on coupait sa ligne de retraite sur la Prusse et sur V armée destinée à le seconder.
Mes observations à ce sujet seront absolument de même nature que celles qui mWaîent été suggérées par ce quWait dit le général Jomini du point décisif pour attaquer Mack; c^està-dire que Napoléon, ayant sur le duc de Brunswick tous les genres de supériorité qu^il avait eus sur Mack , devait tenter de s'établir sur ses communications pour le contraindre à rece^ voir une bataille, étant certain de la gagner; et réciproquement , que le général prussien , ne pouvant sauver son armée qu'en évitant de livrei^
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fmttSlle fctsqa'^à ce qtiML eét opéré sa jonction Hctedi^tmlke rasise , devait se tenir constamment Ml 'CbtiràM des mouveinens généraux de son afdttàrsftire, afin de pouvoir se retirer en fems Utile, n ftit au contraire , à cet égard , dans une ignorance aussi extraordinaire que celle danâ laquelle s'^était trouvé Mack. Les raisonnement que j Vi "faits pour blâmer la dénomination de pointé décisifs donnés à Donawert oti au Bas- Leck , dans la campagne de i8o5, s^applîquent parfaitement à cette dénomination donnée a Kaumbourg ou au cours de la Saale, au dessus de cette ville; je ne les reproduirai donc pas. Passons actuellement à la détermination des points décisifs des champs de bataille.
Comment Napoléon atirait-il pu délermînef le point décisif d'^nn champ de bataille qu'il ne |)0^sédait même pas encore lorsque la bataille commença , et que ses troupes, agglomérées sur le plateau diéna , devaient conquérir en repoussant rennerai ? Il faut ajouter que lorsquM établit soti bît'ouac sur ce plateau , dans la nuit du i3 au 14^ il croyait toute Tarmée prussienne réunie en sa présence , tandis qu'il n'y en avait pas la moitié , et que la bataille commença pendant iin épais brouillard qui ne permettait dd voir qu'à ttoe très-petite distance.
5oo lHkl4)i9i<k
8i Hvpaléoa crul qoMl aytit twl* Vmsmét p4i$WMe w sa préseooe, HdieoUAe^ 4^ s^ c6lé^Be »e doutait pas qu^il alliût bitkr contre la plu» giraode partie de Vsurmée françwe oo«^ inaodée par Napoléon en personne; ce général igoorait b position des troupe qo^il avait de^ vaut lui y puisqu'elles n'étaient en grande partie arrivées que la veilfe au soir et pendant la nuit. E^imx le brouillard s'opposa d'abord à. ce qo'il pût rien voir; comment aurait-il pu dètermi*ner le point décisif?
Le duc de Brunswick ne savait où se trou:vak l'armée française , et ne soupçonnait pas qu'elle dût attaquer l'armée prussienne le lendemain; ce général s'engagea avec Davout^ croyant n'avoir aflaire qu'à un corps de partisans. Quant il Davout, il débouchait d'un défilé pendant uH épais brouillard , ignorant la disposition des lieux et ne se doutant pas qu'il attaquait l'élite de l'armée prussienne d'une force double de celle dont il disposait ^ commandée par le roi en personne et le duc de Brunswick. Je le demandci où se trouvaient les points décisifs ^ et conmient ces générauJi auraient-ils pu les déterminer !
Si les observations que je viens de faire sur ie principe Jbndamental de la guerre du général Jomini sont fondées i ainsi que j'en ai laconvic^
MELANGES. 5or
liOii 9 eHes Dé seront peat^re point satis împor^ tunee. En effet , beaucoup de jeunes officiers ou ittéme des ottciers^généraux n'^ayant jamais fait h ^erre et ayant pourtant la chance de commander en chef désarmées, tels par exemple que des princes du sang, peurent se persuader, après avoir kl le général Jomioi , qu^ils n^ont )>as be^ soin de conseils parce qu^ils se sentent très-trapablés de détènnmer le point décisif. Et pendant que ces généraux ' perdraient un tems si préeiMix , )a vèitle d*ane bataiMe, à vouloir dêter* mbéer ce qui ne sérail pas déiermihable , il pôumrit leur arriver comme à cet astrologue qui tomba dans un puits pendant qu'ail examinait les astres. Mais, dira-^t-on :
La critique est aisée, et l'art est 4i(lllcUe (a).
Sortez donc de votre rôle de critique pour nous.tmoer des principes généraux sur la oondm'te que doivent tenir des commandans d^arnuée en présence de Fennemi. Volontiers, et ce sera en peu de mots, car sur cette partie du commandement des armées que le mio'écbaj de Saxe appelle les parties sublimes de la guerre (b)^ . et Napoléon, la partie divine du génie de la.^
(«) DestMckes • fs ^foHeira.
(•) Biimieê ê* laoré^Aal éê Maeè^ at ant-propos.
guerre (a) , op ne pwt que ]pm^ W^ on^me $ 21^^ généraux en chefdûinei^t saisir (acoasiq^ e( la/àire naître} et onçwei à qiKli bi^ill tout 1# mérite est dan$ rapp^îcgtim* Ii<e $«al en^^o^ méat théoriqHe que Top piiî^se rfCffvQir fur œs matière^ i consUte à étudier les e9mp9^lMSi et les bataille» des grands capitaûiq&f Itfais eti <}e qui GOQcerae cette partie dfiicqivaifindemeat dep ^a> 1»^ qw pf ut s Vppr wdre i parqe q^^dk r^>oce
sur dei ba«es cgnst^pites ^ qu^eUe (^ îndép^a*daute des cîrppqstaope^. parttf^Ulièr9« ^ cbaq^ <)d^IWBlA99 }^^ éjiQii([}é jqooa opiiiipif dognuatl^ queme^t daiis Je. chapitre: vi de xs^Fh^sophie^ de la Guçrref . • ^ ^