‹ MélangesChapitre 9 sur 27 · Tome I9 page 38 : « Il eût été de la dernière impru · texte numérisé non relu

Tome I9 page 38 : « Il eût été de la dernière impru

(a) Llnstraction dont les troupes ont besoin pour combattre en lignes déployées ou en colonnes n'étant pas nécessaire pour combattre en tirailleurs , ce dernier genre de combat était très-favo^ rable à Finfanterie républicaine, qui était alors peu exercée. C'est ainsi qu'a combattu jusqu'en 1828 Vinfanterie turque contre Tinfanterie russe, et les tirailleurs turcs se montraient fort supérieurs k «em d€8 Russes»

%2B MÉLAN^m.

dence d'engager les armées de la républiciile éiina ce qu'on appelle une bataille rangée (au oommencement Be 1793), à moins d'avoir, comme à Jemmapes, une grande lâupériorîté numérique , et encore moins danft tUie rett-aitë, pour peu qu'elle eût dû se prolonger.

é Les troupes de la république, à l'époqile dblit noti^ partons ^ ëtaieilt très-propres , quand elles ëiateni biêà conduites ^ à la défense des places , des rivièfes f ûBà défilés I des postes et des pays très-adeidentës i à ce qu'on appelle enfin la petite guerre. Mais ^ pour longtems encore, les invasions qui exigent toujours la rénfaiôn des masses , amènent des batailles et souvent des retraites etl pays ennemi (ot)ératioh la plus difiîcilé él la plus dangereuse de la guerre avec des troiiiréfe de Bouvelle fonnatiott) ; enfin ^ ce qu'on peut àjppeler la gl*ande guerre ^ celle des paye ouvei*ts , leur était iti'leMite. «

Tome î, page 53 : « ËUé (rarinée dû llbîn) û'ëtâît |)îas en état de vaincre les armées prussienne ou autrichienne réunies, en bataille rangée (en mai 1793), dans un pays aussi ouvert qUè le Palâtinàt , et cela pat* tes raisons que J'ai données • tnaiâ on pouvait arriver â(i inéme but par des combats partiels et répétés sur le terrain qiii lui était propre , c'est-â-^dire dans les taontàgnes, les bois, les vignes, les déâlés, etc. Les troupes ne désiraient que combattre , elles ne manquaient ni de bravoure ni de dévouement, mais seulement de ^instruction nécessaire pour eiécuter ce qu'on appelW lés grandes toanœuvres. A cette époque , iios soldats étaient individuellement supérieurs aux Allemands , et un bataillon ou un escadron, un régiment mémoi en

auraient too^ours battu im de nos exneniis de xoême force; une brigade eût encore conservé Pégalité sur toute espèce de terrain; mais avec des corps plus nombreux 9 de plus grandes fractions d'armées, les ennemis avaient un avantage incontestable sur nous en plaine , par la célérité et la précision qu'ils pou^ vaient toettre dans leurs manosavre». > . Tome n, page 4 : « Malgré les progrès que les années avaient faits pendant la dernière campagne, on pouvait encore hésiter à livrer des batailles à forces égales , dans un pays de plaines et découvert, eu égard à ce qu'on avait affaire aux troupes les plus manœuvrières de rSurope^ en revanche, la supériorité de notre infen terie paraissait décidée dans un pays montueux et eottpé, et ^teuM toutes les actions qui tiennent de oe . qu'on appelle la guerre de postes, ou la petite guerre.*

Les changeaienB à Part de la guerre ^ dont je vienâ de parler ^ avaient été préparés pendant cette longue paix dont la France avait joui depuis la guerre de Sept ans , ou furent Touvrage des citoonstances» Ainsi Ton manquait de tenteS) Oii prit riiabitude de bivouaquer; Timprè- .voyance ou le défaut de moyens s^opposait à •49e qu^cm fît des distributions de vivres ^ ou a oe quW en fit de régulières et de suffisantes , on y suppléa par la maraude ou en faisant nourrir les troupes par Thabitant ; Targent manquait pottr se procurer les chevaux , rhabillement et iw éifuipages mécessaii^ aux troupes ^ on y

siS MELANGES.

pourvut par des réquisitions. Les généraux en chef des armées de la république se trouvèrent dès-lors affiranchis de ces entraves qui avaient formé jusqu^alors la partie la plus embarrassante du commandement.

En ce qui concerne les grandes opérations de la guerre , ce fut le comité de salut public, dirigé par Carnot , qui donna la première impulsion ; il fît abandonner aux généraux de la république ce système absurde de cordons qa^ils suivirent d^abord à Timitation des généraux de la coalition , pour y substituer Temploi des masses dirigées sur lès points importans. Barère, c^est-à-dire Carnot , dont il reproduisait les opinions j s^exprima ainsi dans la séance de la Convention du 25 septembre ijgS. « Depuis long- » tems , le premier principe pour tirer parti da j) courage du soldat , le principe établi par Fré- » déric et celui de tous les grands généraux , » est d^a voir de grandes armées en masse , plutôt i> que de partager ses forces. Au contraire, vous » n^avez eu que des armées disséminées , mor- » celées ; même lorsqu^on les rassemblait en » masse , des généraux , ignorans ou perfides , )> les divisaient et les faisaient battre en détail , » en les opposant toujours à un ennemi supé-

)> rieur* Le comité a aperçu le mal ; il a écrit aux

HêLiANGBS: 2^

> gméianx de se battre en masse. Ils né Font )) pas fait y y ans avez eu des revers» » . Ce fiit pendant cette gnerre que Finfanterie fit , pour la première fois , un emploi habituel de la formation du bataillon en colonne serrée et du déploiement de cette colonne.

A la fin de Tannée 1793, on divisa les armées françaises en corps composés de douze bataillons y douze escadrons et vingt-deux bouches à feu ; cette réunion de troupes reçut le nom de division (à). La division se composait de deux

(a) Le conseil de la guerre créé en 1787, M. de Brienne étant mi- Bîâtre de la guerre , et dans lequel Gnibert était rapporteur , aTaîl préparé plusieurs ordonnances qui (tirent la plupart promulguées avec le titre d'ordonnance provisoire , parce qu'on se réservait d'y apporter les cliangemens que l'expérience démontrerait utiles. j4'ordonnance du 17 mars 1788 prescrit la formation des régimens, tant d'infanterie que de cavalerie, en brigades, composées de deux Tégimens chacune et commandées par ui^ marécbal-de-camp : elle déclare celte formation invariable , « tant à la paix qu'à la guerre.» La même ordonnance prescrit la formation des troupes en vingtet-une divisions qui devaient être « emplacées dans les différentes Tt provinces du royaume et composées de troupes des deux armes » ou d'une seule arme, suivant les circonstances locales, ou sui- » vaut les vues militaires ou d'administration qui détermineront » leur emplacement. >» Le nombre des bataillons et des escadrons .qui devaient composer les divisions était différent; il était déterminé par un tableau. Je ne sache pas que cette ordonnance ait été mise à exécution.

Bans le projet de règlement du 18 août 1788, on prescrivait la formation de l'armée en divisions d'infanterie et en divisions de cavalerie ; ces divisions devaient être commandées par des ofQciers- ^géBéravB qui avaient servi dans ces âmes respectives. ,

93d MËLAVCeS;

brigades de six bataillons chacune ; des généraux de division ( aujourd^ui lieutenans-généraux ) commandaient les divisions ; des généraux de brigade (aujourd'hui maréchaux-de* camp) commandaient les brigades. Ces généraux conservaient leurs commandemens pendant tout ie tems de la guerre , & moins quHl ne leur fôt 6té pour cause de mécontentement , ou qu'ils ne fussent déplacés , parce qu'ils avaient obtenu de l'avancement , ou enfin pour remplir quelque mission importante. Il résultait de cette fixité dans le commandement ^ qu'une confiance réciproque s'établissait ordmairement entre les généraux et les troupes.

Les arméeis furent alors composées d'un cer^ ^aîn nombre de divisions , d'une réserve de oavalerie et d'une réserve d'artillerie, ce qui simplifia singuli^ement les fonctions du commandement. Les généraux en chef n'avaient plu5 qu'a transmettre des ordres aux généraux d^f avisions et à ceux qui commandaient les ré- .^erves d'artillarie <^ de cavalerie.

Sous l'empire , les armées étant devenues encore plus nombreuses, Napoléon les divisa ea corps d'armée; chaque corps d'armée était composé de deux divisions au moins ; on nVttacha plus de (Bavakrie aux divisîotis, meiê

MtfLANGBS. a3i

IfMeiit ans: 0opps 4^amiéa, et on leuv donna

L§s oftmp^mi^aâ et les distributions 4b ^iTves n^dppOBtiint plus d'obsta^les aux mouvemens dbfi tvoupes , elles se mettaient en maroh^ aus-« sitôt qu^jdks e^ recevaient Tordre , et attei-^ ^salant leur destination le jour désigné, à moine d^évfiopœens extraordinaires i par les mêmes misopis , qn leur faisait facilepi^ exécuter de» marches foi^cées quand on le jugeait nécessaire* Les trois armes , dans /diaque divisi^m , se secondaient et se soutenaient réciproquement sans que le général en chef eut .à s'en occuper. I^^usage de ployer Tinfamterie en colonnes serrées e| de déployer ces colonnes, fadlita singulièrement Fexécution des girandes manœuvres.

Loin de s^astreindre à suivre toujours }e même ordre de bataille , on le variait sdion les loca-^ liCés pt les circonstances. On n* ouvrait plus de chemins que lorsquHl y avait urgence pour prendre position ou pour se déployer en présence de Tennemi. Jusqu'à ce moment , on suivait les grandes rQujtes et les çhe^iins q^i ^tfimt d'ailleurs mieux entretenus (A beaucoup plus nonJureux (a) qu'autr^is.

Ji y #iiîl di» fflito jyuMws Ab «rai4(Bs Mi^

a3a MELANGES-

Aucun obstacle, autre que eoax atéèi par Temiemi , ne s^opposant plus aux marches des troupes , on ne craignait point d^oocuper plusieurs routes avec les difierens corps d^uneméme armée; pourvu qu^il fàt possible de les réunir en un ou deux jours , ne fut-ce qu^au moyen de marches forcées. Xx>rsque cette concentration devenait nécessaire , la marche des troupes ne discontinuait pas plus la nuit que le jour pour éviter les encombremens et les retards.

Par toutes ces causes , les déploiemens d^ar* mée s^exécutaient avec beaucoup plus d^ordre, de précision et de promptitude que dans les précédentes guerres. « On a vu des armées de cent vingt mille hommes, dit Napoléon dans ses Mémoires (a), marchant sur une seule co-^ loDoe, prendre leur ordre de bataille en six heures de tems. »

On avait augmenté successivement la quantité dWtillerie que les armées traînaient avec elles (b)^ sans doute; pour soutenir Tinfanterie,

règne de Louis XIV; on en ouvrit six mille sous le règne de Louis XV : il 7 en a actuellement dix-huit mille.

(a) Mémfiifre$ de Napoléon, tome ii , page 173.

(() Pour donner tout à la fois une idée deraugmentatioi éeTartillerie et du perfectionnement de son matériel et de ses manœu- Tres , il suffira de faire remarquer qu'à Malplaquet , la bataille la plus sanglante de^la guerre de la SuocessiM , les Français ne lir^

HÉLANOBS/

pme qne ^ pen^het les dernières années de ces gderres longues et meurtrières , elle contenait beaucoup de recrues et n^avait plus la même so* Kdité; on eut un beaucoup plus grand nombre d^obusiers proportionnellement au nombre des bouches à feu (a). On put traîner, avec les troupes, une aussi grande quantité d'artillerie, moins encore parce que le matériel de cette arme avait éprouvé des perfectionnemens, que parce que les troupes , ainsi que je Tai dit , suivaient les grandes routes et les chemins jusqu'à ce qu'on se déployât pour en venir aux mains. - Après une bataille décisive , le vainqueur , au lieu de suivre le vaincu à pas de tortue , pouvait le poursuivre à outrance , se contentant de blo-* quer les places fortes , ordinairement avec moins de troupes qu'elles n'en contenaient. On conçoit quelles pertes devait essuyer le vaincu , surtout

reiit qne ii fil» coups de canon » Undis qu'à Wagram ib en lir^ reotTltOOO, et à Leipsick 175,000.

La France eut sous Henri IV 400 bouches à feu d'artlHerie de ' terre ; à la mort de Louis XIV , 7,192 ; sous Louis XV , 8,683 ; sous Louis XVI , 10,007 ; sous Napoléon , en 1813 , 27,976.

(a) Depuis 1793, les obusiers formèrent, dans l'armée française» presque le tiers du nombre total des bouches à feu de campagne. I4e8 Autrichiens et les Prussiens avaient donné les premiers cet exemple. Auparavant , les obusiers n'entraient que pour un seizième dans la composition des équipages d'artillerie de campagne, oi fonnaitnt des batleries séparées.

lonsque moi rampire les arméoi Anif nt AnifmmÊ^ êi aonfaneuees , ei qu^dles tralnèri^lit arec diki nBB M grande qufiiitité d WtilUrie ) maïs e'éCaiaiii iiivtoat les «ui^es da la bataille qui Im day^naienl funestes.

Tout ce qui traînait , pepseopel ém matéfidy lombait au pouvoiF 4u vainqueur. Si la retsait^ (^exécutait sur plusieurs routes , dies coiçs ou daf portions de corps pouvaient ^e coupés ift eontraints à mettra bas les araies^ ai ella s^exéi cutgit en pays ennemi , ThaUtant prônait quelrr qnefeis les aimes pour attaquer les traineurs et les maraifdeurs $ dans le cas contrairo , la désertion a l'intérieur occa^ooait souvent de grandss pertes: si enfin cette retraite se prolongeait, le découragement s^emparatt des troupes ; souv^ aussi le désordre et la désorganisation s'intro* duisaient dans i^arméç et faisaient dégénérer Ig retraite en déroute.

Dans farinée du vainqueur, au contraire, tout fi» cpii traînait était soigné daps le? h<ôpftftux ou réuni dans des dépôts; les troupes étaient remplies de ce zèle et de cette ardeur qne dpm^e 1^ victoire; il n^j ay^aît, pour ainsi dire , point de désertion à Tenûemi ; la désertion ^ J'^iqtérîeur devenait presque impossible.

La guerre , par suite dç ce nouvel màm de

ebbsef , prit im ca»»et2Hre d'aotirUI , d»iéiôliiw tion §î d'audanev qa^alle n^avait point an dapoii Tadoption d^ armes à &u; ellp devint oocê^ hbmte pour ]e vaineui eUa enriditt le vaiiip* qiieor { une hatailk dédda sourani dp $OItd^<^l empire (a).

On Toit 9 qu^aa opposition avac ca qui fi- était pratkpié au fiommancemaDt d» xvu^ s»èela , oa faiiait la guerre aux forces i^ganisaes Jieaiieoiip plus qa^nx plaoaSi aaa camps rrtraaehés, al mtx positions.

Qae si Ton m^opposait la eampagneda Rassia, en i8ia 9 pendant laquelle les pertes des armées de Napoléon, même pendant cette période où il fiit TÎetorieox, farent plus fortes que edlas

directoire, peint çn peu de mots le caractère nouveau qu'avait pris la guerre.

» spient des officiers distingués , je vous prie de ne pojnt m'en eu- D Yoyer ; car notre manière de faire la guenre est si différente des 9 9Mlfm, qii9 jf Hf y^% |>M c«p4^ me 4bv0io« ^0« «y^if » éprouvé, par deux ou trois affaires, le général qui^oitla corn-

» mander Il est essentiel , pour Tarmée et pour la république ,'

9 Ae p'fm.woyêT toi au jeunes gem ^ MP^tèVÊMoi à |iir« la 9 guerre de mouvemejat^et de jnaoueuvres : p'e^t c^ qal api^/l » fait obtenir de grands succès dans cette armée.

«» 9ign^ B voir AMAYB. ».

î3S BftLAIfGBK

des Hwses, jA répondrais que wla tiat à des circonstances e^ctraordinaires , et que ce sont de ces exceptions qui confirment la règle. En effet, Timmensité de Pempire, qu^attaquait ce conquérant, permettait à son adirersaire d^éviter une bataille ; aussi Farmée russe avait^nelle déjà exécuté plus de deux cents lieues de retraite, lorsque Koutousof combattit volontairement à Borodioo, non pas pour le salut de la Russie qu^il compromettait, mais pour celui de Moskou ; par les mêmes raisons , il était di£Bicîle de couper les corps détachés.

Les troupes russes étaient d^ailleurs alors celles sur le moral desquelles les succès« et les revers exerçaient le moins d^influenoe^ la désertion à Fintérieur leur était en quelque sorte inconnue » parce que les soldats servant vingt-^rnq ans y ne revoyant presque jamais leurs foyers , ne connaissaient que leurs drapeaux. Néanmoins, Farmée russe fit des pertes sensibles, par la désertion qui se manifesta parmi les soldats d^origine polonaise , lorsqu'une partie des provinces polonaises que possédait la Russie, eurent été envahies.

Napoléon ne pouvait pas , sans faire des pertes énormes , parcourir rapidement ces pays peu*^ peuplés et dénués de ressources , comme il avait

firit l^AUemiiigBe, Tltalie et TEspagne. Aussi ce ne fut pas le fer ennemi qui détruisit son armée , mais les fatigues qu^occasionaient aux troupes des bivouacs continuels et des marches rapides çt prolongées , les privations excessives qu^elles éprouvèrent, Tinsuffisance et le mauvais état des hô{ntaax. Napoléon outra le nouveau sjs-^ tème de guerre dans un pays où il n^aurait dû rappliquer qu^en j apportant de nombreuses modifications. Toutefois , Ton doit convenir que le sforces dont il disposait , et Fétendue de ses ressources pécuniaires , lui permettaient de faire d^énormes sacrifices ; et que , si la bataille de la Moskwa eût été décisive , il contraignait la Russie à subir sa loi.

Gouvîon Saint-Cyr exprime , tome iv , page 46 des Mémoires précédemment cités , son opinion sur le genre de guerre nouveau que Buonaparte avait introduit pendant la campagne de 1796. Je le citerai textuellement.

« On peut dire que Buonaparte introduisit un genre de guerre nouveau bien adapté à son caractère et qui consistait à tirer des hommes tout le parti possible , soit dans les marches ou dans les combats. En moins de deux mois , il faisait exécuter à son armée autant de travaux que d'autres dans une campagne entière : aussi chaque série d'opérations qu'il tentait et

. qui se composait de marches forcées > de combats ou

d« bataiUe» BUf^aotei ^ a k iMClamatt mie eamjy^ En doublant les marches des soldats pour les faire cookbattre le matin sur un point, à midi ou le soir sur un autre , il réussissait à se donner partout la supériorité du ttombré , avec des forces en général inférieures â eellê^ de MÈ adtefsàires. Mais aussi la perte que lefeû 00 ramieiiil fidsait ëpronter à ses troupes , ë»it M raison d« la qaailtité d'Affaires où H les atsit prodt* guées; elle devait être aussi grande pour son annéd^ en deui mois , que pour d'autres en six. Quant à ta consommation d'hommes , résultant des privations et des fatigues, elle devait croître dans une proportion beaucoup plus grande ; car la fatigue extraordinaire «st ce qtii détruit, avec le plus de rapidité, les hommes, iés chevaux et le matériel des armées. Aussi un pareil système f quelques avantages qu'on voulût loi snppc^ ser, ne conviendrait qu'à un état qui pourrait r^oa» vêler ses armées tous les trois mois, comme fittonaparte renouvelait les siennes lorsqu'il disposait de toutes les forces de la France et d'une partie de celles de TEuropé (a).

» La campagne de 1796 fht encore celle où il le mit en pratique avec plus de modération (jk)\ et je btl ai

(a).Les réflexions du maréchal Gouvion-Saint-Cyr, surle&jctème dé guerre qu^employait Buonaparte , ne me paraissent justes tiae dans le cas particuUer où les pertes du général qui emploierait tê système seraient Ibeaueoap plus fortes que eelleé de ses adversaires, aiasi par «xemids qall arri?a à Na^léon en iM, pendant Texpédition de Russie. Qu'importent, en effet, les pertes, si Ton obtient des succès , et que celles de vos adversaires soieol tnttftè plus fortes t

(^ < Il t^mttit Men ) Mirer soeeessirement sur ses champs 4e

B9â dire) l(Ri^»t«iniS après j qu'il ia regftfdttil omnaie aa plus belle. Ce serait donc celle qu'il faudrait choisie de préférence . pour a|q;)récier convenablement les avantages et les inconvéniens de ce système. La manière si différente de faire la guerre aux armées d^ Allemagne et ^Italie foUrnbàit unô ample matière ti\%% (sôiUpairài^lis ) elle ferait céniiàftre lés boùûes M tes tdaut&ises méthode» qui B'étaîeni introdaitës dans nos armées , et qui agissaient sur elles autatit qUè le caractère des généraux qui les commandaient. Bien entendu que, pour prononcer définitivement sur la valeur de tel ou tel système de guerre, il faudrait avoir égard aux circonstances et au degré d'habileté, des chefs. Ce travail demanderait un militaire éclairé, impartial, étranger même aux opérations des armées qu'il s'agirait de comparer. »

Tome IV, page 162 : « Mais il (Buonaparte) ne pouvait se plaindre du Directoire qui n'imposait pas tout le fardeau de la guerre à son armée, qui aurait eu plus de garanties du succès dans le concours des autres , et qui lui fournissait des troupes , non pas autant peutêtre qu'il l'aurait désiré, mais certainement autant (ju^l le pouvait : car ce gouvernement n^avait paà à sa dispositioh le nombre de soldats que Buôtiâpârte a pli le procurer dans la suite > et qui cependant n'a jamais

» bataille , en Italie, pour réparer ses pertes , Tarmée des Alpes , ^ ensuite eelle de rOuest et presque tout ce qui était resté dans Tiu- » térieur, plus une partie de ceUes de Rhiu-et-MoseUe et de Sani- » bre-et-Meuse^ mais toutes ces ressources étaient bien faibles pour 0 lui en comparaison de ceUes que lui fournissait plus tard un sen natus-consulte, »

24o 1IÊLAM6B$.

Mffl à rimmense oonsommaiion qa'enlfatiuiU son sjfs^ tème de guerre. »

Le baroD de Mufling, dans la préface de Tou-

vrage intitulé : Betrachtungen ûber die grossen

opercuionen und schlachten der/eUzugen von

i8i3 und i8i4y von C. von W. (a), parle aussi

aixoL nouveau système de guerre substitué à

Tanden.

« Les généraux y dit-il, qui commandaient les armées en 1813 et en 181& n'eurent point ces facilités , (la facilité de tout voir par eux-mêmes avant que de prendre une détermination), le tems et la nécessité entraînaient tout. Les entreprises gigantesques de Napoléon avaient réduit les peuples à la terrible alternative de subir son joug ou de se présenter au combat avec des moyens qui exigeaient des sacrifices au dessus de leurs forces. Ces efforts ne pouvant être de longue durée d'après leur nature , on substitua à l'ancien système de guerre , trop lent et trop méthodique pour la circonstance y un système plus rapide et plus décisif. »

En mettant sous les yeux de mes lecteurs les divers changemens survenus dans Fart de la guerre , depuis 1700 jusqu^en i8i5 , je me suis surtout attaché à faire ressortir la différence

(a) ContM^rolioiM «tir Ut gr€mdes op&aH&m et U$ bamUlet des eampagnet de 1813 et 1814, par C, de W. Quoique ces iaitiales C. de W, ne soient pas celles du nom du général Mufling , on sait que cet outrage est de lui ; c*esl ainsi qull a signé tous les ouyragesqu'ilapubUés,

MËLANGBS. 241

eatre la manière dont se faisait la guerre au commencement du dix-septième siècle , c^est-àdire pendant la guerre de la succession d^Ëspa-* gne, et pendant les guerres de la révolutionfrançaise , particulièrement sous Fempire. On a vu combien Tart de la guerre était différent à œs deux époques, et Ton a dû se convaincre qu^à la seconde, on suivait un système de guerre nouveau cx^mparativement à celui que Ton sui-* vait à la première.

Cest d^une comparaison entre les campagnes de la guerre de la succession d^Ëspagne et celles des guerres de la révolution française , mais incomplète et superficielle, que M. le général Va** lazé a conclu que le système de guerre n^était pas changé depuis 1700 ; il s^exprime ainsi à ce sujet :

« Cependant^ depuis 1700, nos soldats sont armés de fusils à baïonnette , de sabres et de pistolets , qui n'ont changé ni de forme ni de portée ^ les canons ne sont ni plus gros ni plus forts y et ce qui étonnera peut-être , aucune de nos armées n'a été plus nombreuse dans les guerres de la révolution et de l'empire qu'elles ne l'étaient dans les tems antérieurs.

» Après nos désastres de Hochstaedt et de Ramillies , le duc de Bourgogne essaya, en 1708, à la tête de cent vingt mille combattans , de faire lever le siège de Lille que Marlborough et Eugène avaient entrepris. Âprèi^

a42i MÉLANGËâ.

la perte de cette place et de Tournai , la vietoire Ait disputée dans les plaines de Malplaquet par Irois cent mille combattans ; c'est ce que disent les rela^OQS all^ mandes. Les bulletins officiels autrichiens et français prouvent qu'il n'y avait pas trois cent mille combattans dans les plaines de Wagram. Il s'en faut que l'on en comptât deux cent mille à Fleums, à Watignies, à Rivoli , à Marengo , à Hohenlinden ^ à Austerlitz , à léoa y à Friedland , et même à la Moskwa ^ oà wm étioas ipoins noiQbreu:!^ qu'à Foatenoi.

» Comment donc , en y réfléchissant , admettre qne 4epuis 1792 on a fait la guerre autrement qu'en IW et 1740 , et que par conséquent le système de guerre actuel soit différent de celui qu'on suivait au commencement du siècle dernier ? »

M. \e général Yalazé évaltie 1^ force deê are m^eS) pendant la guerre d^ la Succession et peu-* dant celles de la révolution française , par le nou^xe des cpmbattans réunis sur le& chi^mps de bataille; il tooi^be dans une étrange erreurs et d^abord ce ne fut pas aveo cent vingt aaille combattans , mais avec quatre-vingt-seize mille seulement, que le duc de Bourgogne tenta de faire lever le siège de Lille ; les armées qui combattirent à Malplaquet ne comptaient pas trpis cent mille hommes^ mais environ deux ewt mille; et Tarmée française de Fontenoi était beaucoup moins nombreuse que celle de h

MÉLANGES. i43

MciskwËi {a). En supposant même que les cita-< tions de M^ le général Valazé fussent exactes ^ \k conclusion qu^il en tire relatirement à la fbrC0 des armées n^en serait pas moins fausse, puisque les années de ces derniers tems, faisant des péa^ tes énormes autrement que par le fer de Ten- Hèmi, ayaiait déjà éprouvé de grandes diminu'tions {b)^ avant que de livrer une bataille, à moins que ce ne fi^t au début d^une campagne* Ce fut particulièrement sous Fempire que leà armées devinrent très-nombreuses^ mais on commettrait une grande erreur si on les évaluait par le nombre des combattans qui parurent slU^ les champs debataiUe. Ainsi, par exemple, Napoléon attaqua la Russie , le 24 juin l8i2 ,iive6 quatre cent £ioixante-dix-sept biille combattans \ pendant %ix mois que ce conquérant occupa une partie des provinces russes , il pénétra dans ces provinces six cent dix mille combattans , et Û

(a) A Malplaquety rarmée française comptait environ 80,000 kommes , et Tarmée ennemie 120,000. A Fontenoi , l'armée française était d'emiron 70,000 hommes , dont 46,000 qui furent engagés et Si<l»000 qui étaient échelonnés depuis la place de Tournai , sitoée i une lieue et demie de Fontenoi , jusqu'au champ de bataille.

(6) Le lieutenant-général Rogniat, dans l'ouvrage intitulé : Jtéponse afix notes critiques de Napoléon ^ pag. 145, prétend que « les soldats de Louis XIV lui duraient dix ans, terme moyen, % w/bWÊiè im sein 4e la guerre ; au lieu que ceux de Napoléon , dans » ses dernières campagnes, lui duraient à peine deux ahs, ^

l44 MÉLANGES.

Ton évalue à trente-sept mille le nombre des absens, déduction faite de ceux qui rejoignirent, on voit que TefiFectif des corps qui péiiétrèrent sur le territoire russe fut de six cent quarantesept mille combattans.

L^armée française de la Moskwa comptait environ cent vingt mille combattans , et quoiqu'il ne se fût écoulé que deux mois et demi depuis le commencement des hostilités , quoiqu'une partie des corps qui la composaient n'eussent point encore été engagés, cette même armée avait compté plus du double de ce nombre de combattans au commencement des hostilités (a).

Il y avait d'ailleurs à cette époque , indépendamment de cette armée principale , qui combattit à la Mosk\ra , un corps d'armée sur la Dw^ina , un autre en Wolhinie, un autre corps d'armée de réserve qui pénétrait en Russie , un secondcorps d'armée de réserve en Allemagne, et enfin , on organisait en France une armée de réserve. Dans le même tems, Napoléon entretenait en Espagne une nombreuse armée (b)^ qui Élisait dans ce pays une guerre très-animée.

(a) Ces renseignemens sont tirés de mon Histoire de Vexpedttion de Russie.

ib) n y avait alors en Espagne cinq corps d'armée» dont on seul comptait 40,000 hommes.

HËLAKGËS. 245

Ainsi , lors même qae les Français auraient été plus nombreux sur le champ de bataille de Fontenoi que sur celui de la Moskwa , on n^en pourrait rien ccmclure sur la force respective des armées françaises à ces deux époques. Mais c^est surtout de ce que <( depuis 1700 nos sol- » dats sont armés de fusils à baïonnette , de sa— » bres et de pistolets , qui n^ont changé ni de )> forme ni de portée , et de ce que les canons )> ne sont ni plus gros ni plus forts actuellement )) qu^alors w , que M. le général Valazé conclut que le système de guerre n^est pas changé.

Depuis 1700, il est vrai, les troupes sont armées de sabres, de pistolets, et depuis 1708, de fusils à baïonnette , et les canons n^ont pas augmenté de calibre ; mais on a vu que Tarmement avait éprouvé depuis cette époque quelques modifications importantes : le remplacement de la baguette de bois par la baguette de fer, remploi des obusiers en campagne , Taugmentation de Fartillerie et le perfectionnement de son matériel. Je citerai Tinvention du tir à ricochet, quoiqu'elle date du siège de Philisbourg en 1688 , invention qui donna une si grande supériorité à Tattaque sur la défense , pour faire voir que la même arme peut produire des effets bien différens selon la manière de s^en servir.

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Eil sappotàpt même que reniement f&t tel fiCitueUement qu^il était pendant la guerre de li| Succession , comment pourrait-*on en conclure que le système de guerre n^est pas changé, Iohn que remploi des armes , la formation ^^ rorganit» sation, les manœuvres et les méthodes de guerre des troupes ; lorsque Torganisation , les Qiarches et les manœuvres des armées ; lorsque toutes ces choses ont éprouvé, ainsi qu^on Ta vu, 4e si grands changemens.

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