‹ Mélanges Godefroid KurthChapitre 71 sur 91 · I. R0D0I>PHE · texte numérisé non relu

I. R0D0I>PHE

Le premier d'entre eux, Rodolphe ('-), était né à Moustier-sur- Sarabre avant l'année 1070. Il étudia à Liège jusqu'à l'âge de dixhuit ans. Devenu sous-diacre, il se rendit à Borcette, où il fit profession de vie religieuse et où il occupa successivement les fonctions de sacristain, écolâtre, cellerier et prévôt. Il quitta cette abbaye après 1091 et fut accueiUi par l'abbé Thierry de Saint-

(') (( Abbates et nioiuiclios post nie futures iu hoc ceiiobio volo sollicites iiule reddere, (luateiuis in anterioruni suorum negligentiam ulterius non iucidant ». C. de Borinan, Chronique de l'abbaye de Saint-Trond, 1. 1, p. 3.

(') Ctr. C de Borman, Op. cit., Préface, p. I, et S. Balau. Les Sources de l'histoire de Liège au moyen-âge, p. Säg.

Trond. Élu bientôt prieur, il remplaça en 1108 Thierry dans la dignité abbatiale. Il mourut le 6 mars ii38. Au lendemain des troubles de la querelle des investitures, son gouvernement ramena la ferveur dans le cloître, releva de leurs ruines les bâtiments de l'abbaye et rendit^ à celle-ci une grande partie de sa prospérité économique.

Comme chroniqueur, il retraça l'histoire de l'abbaye depuis l'origine jusqu'en 1108. Toutefois pour l'époque qui précède l'avènement d'Adelard II (io55), Rodolphe n'avait que peu de matériaux à sa disposition ; aussi son récit est-il d'une sobriété exti"ême. Mais à partir de io55, il se servit de ses souvenirs personnels ; là où ceux-ci faisaient défaut, sa chronique est basée sur le témoignage de religieux contemporains des faits qu'il rapporte.

C'est à la fin de l'année 1114 ou au commencement de iii5 que Rodoli)he composa son œuvre. Car il mentionne comme récente la mort de Herman, abbé intrus, décédé en 1114, et il renseigne l'incendie qui ravagea la ville le 19 juillet de cette même année; d'autre part il ne rapporte rien touchant la restauration de l'église qui eut lieu en iii5.

Cette première chronique de l'abbaj^e est importante. Rodolphe nous décrit, sous ses différents aspects, la vie religieuse de l'époque ; il nous rapporte les événements extérieurs avec leur contrecoup dans le monastère et ne nous laisse ignorer aucun détail qui soit de nature à nous intéresser.

Enfin le chroniqueur mérite entièrement notre confiance ; il n'écrit que quand il a pu s'informer ; il comprend les devoirs de l'historien (') et tout nous permet de croire qu'il y est toujours resté fidèle.

Page 1