III. Deuxième contixuateuk anonyme
H'inspii-ant de l'exemple du premier chroniqueur (-), un moine anonyme entreprit d'écrire, peu après la moi t de l'abbé AViric (1180), l'histoire des trois abbés qui avaient succédé à Rodolphe (^).
Comme ses devanciers, il est bien renseigné au sujet des événements qu'il rapporte. Souvent, surtout quand il parle de son monastère, il est témoin oculaire. Alors son récit s'anime, comme quand il raconte la découverte des corps de saint Trudon et de saint Eucher en 1169 et l'émotion des moines, qui, dans le silence de la nuit, entonnèrent le cantique d'actions de grâces (■•). Pour ce qui se passa hors de l'abbaye, il est probable que l'abbé Wiric, qui se trouva plus d'une fois en compagnie du prince-évèque et de l'empereur, a mis son historiographe au courant des aventures auxquelles il se trouva mêlé.
En tout cas, le chroniqueur se préoccupe de montrer qu'il
(') c( Adhuc restât inde diceuda gravis inquietatio, quam illi scTibendain sei'vainus, qui {?esta hujus abbatis post, domiium Theodericuui assumet sibi sci'ibenda, qui si lidelis dili<;eiis(iue relator exsliterit. iiiseret yestis hujus abbatis quid Iloriniaiiuus ci l'ecerit et qualeiu uovissime l'inem habuerit ». Ibidem, p. 119.
(■-) « Ad lioc ergo opus iuclioauduni exemplo sue nos liortatur dompnus abbas Rodoli)lius ». C. de Bormaii, cit., i. Il, p. 9.
(^) Folcard (ii38-ii4i). Gérard de Duras (ii45-iio5) et Wiric (ii55-ii8o).
(') « Nox enim erat, pre niagnitudine leticie, abbate auctore, in vocem eonlessionis et laudisoinnes subito erupinius. concinentes vocibus altisonis. Te üeutn Liniduniui) ». C. de Boruian. Op. cit., t. II, p. 04.
n'invente rien au sujet des événements qui échappent à son contrôle (1). C'est donc une plume autorisée qui, continuant le récit des temps de Rodolphe, nous retrace les annales du monastère depuis ii38 jusqu'à l'année 1180, et il est permis de croire que pour près d'un siècle et demi (io55 à 1180), nous possédons une histoire, aussi véridique que complète, de l'abbaye,