‹ Mélanges Godefroid KurthChapitre 74 sur 91 · IV. Guillaume de Ryckel · texte numérisé non relu

IV. Guillaume de Ryckel

Cet abbé de Saint-Trond (1249-1272) un des meilleurs qui gouvernèrent l'abbaye, nous est principalement connu comme administrateur. Son livre des comptes (^) nous le montre surtout occupé à relever son monastère de la crise économique qui l'avait frappé. Cependant, s'il n'a pas été classé parmi les chroniqueurs de Saint-Trond, ce n'est j^as faute d'avoir consigné par écrit les événements de son temps.

Il est vrai, nous ne j)OSsédons qu'un fragment de son œuvre historique celui où il raconte les premières révolutions communales qui agitèrent la ville et l'abbaye (i255-i256). L'abbé nous y décrit la rébellion de .Tordanus de Pul et de ses compagnons et leur irruption dans l'église abbatiale. Il nous les montre qui l>oussent l'insolence jusqu'à frapper de leurs lances la châsse renfermant la dépouille glorieuse du saint fondateur de la ville, il nous les dépeint furieux, poursuivant les prêtres de l'église Notre-

(1) Par exemple, l'expédition de Frédéric Barberousse en Italie en 11G6 et les ravages commis par l'ax^mée impériale. « Quod ne cui in dubium veniat nosque quia rei non interfuimus, utpote longo terrarum ab eis senioti si)atio, falsa rei'erre credat, ex scrii)tis eoruni qui interfuerunt, vera nos dicere cognoscat ». Puis il rapporte une lettre de Reynald, évêque de Cologne, et il termine : .(( Hec de scriptis eorum qui gestis interfuei'unt liuic nostre narrationi inserere dignum duximus, ut ad credulitatem eorum que superius relata sunt lectoris animum facilius impellerenius ». C. de Borman, Op. cit., t. II, p. 5i.

(^) S. Balau, Sources de l'histoire de Liège au moyen-ûge. p. Sôfl.

(^) Bibliothèque de l'Université de Liège, n. 284 (ancien 282). Édité par M. Pirenne sous le titre : Le livre de l'abbé Guillaume de Ryckel (Bruxelles, 1896).

(*) Cf'r. G. Simenon, Une page inédite de Guillaume de Ryckel, dans Leodium, 1902, pp. 81 et suiv.

Dame au cri de aad clericos » et reculant d'effroi quand le prêtre Adam, caché dans la camera confessionis, leur montre le saint ciboire qu'il tient eu main. C'est bien là le récit de scènes vécues, et il est regrettable qu'une partie, x^eut-ètre considérable, de cette chronique si intéressante ait disparu.

En tout cas, l'abbé Guillaume a fourni des niatéi'iaux importants à l'annaliste du XIV"" siècle, et il mérite d'être cité parmi les chroniqueurs du monastère.

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