VI. Gérard Moringus
Gérard Moringus était natif de Bommel en Gueldre (^). Il étudia à Louvain en i5i3, et la faculté des Arts le proclama primus sur i55 concurrents ('). Ayant pris le grade de licencié en théologie, il enseigna cette branche au couvent de Sainte-Gertrude à Louvain. Vers 1540, il séjourna probablement dans le même but à l'abbaye de Saint-Trond. C'est là qu'à la prière de l'abbé Sarens,
Cj C. de Rorman, Op. cit.. Introduction^ p. VI.
(2j Ibid., t. II, ]). 293.
(■^) Ibid., i. II, pp. 3'2Ç) et suiv.
(•*) Les expressions « iecimus quadrigari — misimus jocalia et iistensilia extra conventuni». (C. de Borman, Op. cit., p. 829), indiquent évidemnient que l'auteur est contemporain.
('') Le chanoine Daris (Notices, t. V, p. 122) croyait que le continuateur du XIV' siècle avait conduit son travail jusqu'à la mort de Zachée de Vrauckenhoven(i39i). Il n'en est rien. Le fragment qu'il publie (pp. 122-129) n'est autre qu'une partie de la chronique rédigée par le jnoine Foullon, en 1G70.
(S) Il dit lui-même : « Pagus est in Gelria in agro Tielensi a loco meo natali Boemelio milliario dissitus » C. de Borman, Op. cit., t. II, p. 342.
(') Anulectes pour servir à V histoire, ecclésiastique de Belgique, t. II, p. 249.
il composa eu i543 une chronique du monastère ('). Le ii octobre de cette même année, il fut nommé à la cure de Peer, dont la collation revenait au prélat de Saint-Trond. Il n'y resta qu'une année. Le 6 novembre i544j l'ïibbé lui conféra la cure de Senj' en Condroz (-). Tl ne fut jamais ni moine, ni chanoine, ni curé à Saint-Trond. Tl moui-ut le 9 octobre i566.
La. chronique de Moringus débute avec la prélature de .lean de Beesde (1420). Pour :es cinquante années précédentes (abbatiat deZachée de Vrankenhoven, 1866-1391, Guillaume d'Ordangc, 1391- 1401 et Robert de Ryckel, 1401-1420), il existait probablement une chronique à laquelle Moi'ingus fait allusion dans la dédicace de son ouvrage. Tl est toutefois possible, que cette chronique ne soit autre que la compilation faite à la même époque i)ar le moine Pierre Cruels ( ') et qui ne contient aucun détail que les cartulaires n'aient pu nous apprendi e ( ' ).
Moringus écrivit l'histoii'e de l'abbaye depuis l'année 1420 jusqu'en i532. Mais comme il le dit lui-même, sou œuvre ne devait pas être définitive, et il laissait à d'autres le soin de la compléter (■'''). De l'ait, la chronique (^ui a été éditée par M. de Boi-man (' ) et par Daris (■), n'est pas entièrement l'œuvre de Moringus. KWe a été certainement l'objet de remaniements assez notables {*}.
(') Fellei' {Diet, /linloriqiw) rn])i)()rte (iiie, de son teiii])s, on conservait à Siiint-Trond en niannscrit un Clironicon Trudoiwnse (lejinis l'un i4oo, et l''o|)|)ens (^Bib liât liée il Belgien, t. I, ]). .'i58) dit (m'un moine de Saint-Trond le continua dans la suite.
(*) Cependant il est i)en i)i'ol)al)le (lue Moi-in^^ns résida régulièrement dans la paroisse (jui lui était conl'iée. l,e moine Cruels dit en eilet (C. de Horman, 0/>. cit., t. II, \^. i>85) (pie l'abbé retenait ^Moringus à Saint-Trond : ce Assiduuu) convictoreni ut reli{;ioso suo c()lle<j;io uuncpiam deesset ».
(3) C. de Borman, Op. cit.. t. II, pj). 337 'Ho-
{'*) L'origine de Nieuwenluil/.en en i38a est absolument conti\)uvée i)uis- (jue Guillaume de Ryckel, en connaissait déjà le t'aubourgde Siwiilmscn.
(II. IMrenne, Le liore de l'abbé Guillaume, p. 3()3).
(■"') « Quaeso, si ([uis in posterum his adjicere i)lura velit, (piae et ijise aut narratione aut lectione didiceril, recte uticpio is l'ecerit et historiani au.xerit ». C. de Borman, Op. cit., t. II, p. 34r.
(^)C. de Borman, Op. cit., t, II, pp. 341-371.
(") Daris, Xotice.s, t. \'. pj). i35-i(j2.
(s) I.e texte que M. de Borman a édité d'a])rès nn Ms. de la Bibliotliecjue roj'ale de Bruxelles (n°* <>747 7''"") i"' dilTère i)as sensiblement de celui ipie M. Daris a trouvé dans un Ms. des l'I*. Rédemptoristes de Sainl-Tj'ond. Le même texte se retrouve, (iuoi<pie assez incomplètement, dans le Ms. ÜÜ78des Archives de l'État à Ilasselt.
Nous inclinons à croire, que le moine Pierre Cruels, qui vécut à l'abbaye vers la même époque, y apporta les i^remiers changements 0) et que cette œuvre elle-même a été complétée dans la suite ("^).
Quoi qu'il en soit, cette quatrième continuation de la chronique nous renseigne fort bien pour les prélatures d'Antoine de Berghes (i485-i5i6) et de Guillaume de Bruxelles (r5i6-i532), et si, au point de vue littéraire, elle est loin d'être sans défaut, du moins au point de vue historique, elle constitue une source d'une importance bien appréciable.