‹ Mélanges Godefroid KurthChapitre 75 sur 91 · V. Troisième iontixuateur anonyme · texte numérisé non relu

V. Troisième iontixuateur anonyme

Au moment où Hocsem et .Tean de Warnant achevèrent leur chronique liégeoise, un moine anonyme de Saint-Trond (') entre- ])rit de refaire l'histoire complète de son abbaj e. L'époque dont il se proposait de retracer les annales, comprenait quatre périodes. Pour la première, de 628 à 999, là où Rodolphe avait avoué son ignorance, le chroniqueur essaie de combler cette lacune en se servant des renseignements que lui fournissaient le Cartnlaire de l'abbaye, les Vies des Saints et les Annales du Pays de Liège. La seconde période de 999 à it38 et la troisième de ii38 à 1180 avaient déjà été traitées par Rodolphe et ses deux continuateurs ; leurs œuvres furent insérées intégralement dans le nouveau recueil. Enfin pour la quatrième période, de 1180 à i366, l'annaliste devait l'ournir un travail plus personnel. Encore avait-il à sa disposition au moins un fragment de l'œuvre historique de Guillaume de Ryckel ('). Aussi, après avoir raconté sommairement l'histoii-e des prélatures de Nicolas (iiSo-iigSj, Chrétien (1198-1222), .lean (1222- 1228), Libert (1228-1282), -.rean (1282-1239) et Thomas (1289-1249), il expose avec beaucoup plus de détails les particularités du gouvernement de l'abbé Guillaume. Non seulement le livre des comptes de cet abbé fournissait une foule de renseignements utiles pour la situation économique de l'abbaye, et le chroniqueur aurait eu toi't de ne pas en profiter ; mais encore le récit purement histo-

(') S. Balau, ()/>. cit., j). 591.

f*) T^e chroniiiueiii- connaissait certainement le cavtulaire annoté et conij)Osé i)ar Giiillaunie. et (|ui encore de nos jours contient le lraf>iiient en (iviestion. ( Archives de l'Ktat à Ilasselt. n" ()ü7S''j.

rique devient ijlus animé et l'on sent que la. première description de plusieurs épisodes a été faite par un contemporain.

Telle devient du reste l'allure générale de cette chronique dès qu'elle raconte les événements du XIV® siècle, et il nous est difficile de dire que c'est une plume décolorée (^) qui a retracé l'histoire^ d'Adam d'Ordange (1297-1330), d'Amelius de Schoonvorst (i33oi35o). et de Robert de Crenwick (i35o-i366). Qu'on lise le récit de la soumission des Saint-Tronnaires au duc de Brabant en 1287 (-) ou des scènes de rébellion contre l'abbé Robert de Crenwick en

Il reste donc établi que si, pour les origines et les premiers siècles de l'abbaj^e, le récit de notre chroniqueur ne vaut que ce que valent ses sources, on peut lui accorder confiance entière j)our l'histoire du XIV® siècle, dont il a été en grande partie le contemporain (^) ou qu'il a apprise de la bouche de témoins oculaires (^).

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