‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 7 sur 96 · PT RER · texte numérisé non relu

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l'action de l’Electre culmine à peu près au vers 1057, où Electre s’'enflamme du courage du désespoir; celle d'OŒEdipe à Colone au vers 4138, où les enfants d'OEdipe lui sont rendus.

Le cas du Philoctète demanderait plus d'explications. [Οἱ le mode de construction est changé, à la façon de plusieurs des pièces d'Euripide, qui ont, selon l'expression si topique de John Dryden, chacune un « double tournant ». Ici la situation principale change plus d’une fois, et l'action se termine par un coup de théâtre, à la facon des pièces modernes. Dans quelques cas, comme par exemple dans l’Oreste, c’est à peine si ce nouveau type peut se concilier avec l'unité dramatique. Mais, dans le Philoctète, l'unité d'action essentielle est préservée. Des deux questions principales : — Troie sera-t-elle prise par Philoctète et Le fils d'Achille? le fils d'Achille atteindra-t-il l’objet de son ambition par la fraude? — c'est ce dernier point qui, dans la pièce de Sophocle, émeut le plus la pensée du spectateur. L'intérêt de cette crise se détend lorsque Néoptolème rend l'arc, au vers 1220 à peu près. Mais il avait atteint son apogée entre les vers 927 et 962, à l’appel passionné de Philoctète, lorsqu'il se voit trahi. Le dénoûment soudain du nœud encore subsistant, par l'apparition d'Héraklès à la fin de la pièce, soulage le reste d'inquiétude et forme la véritable catastrophe, mais n’affecte pas le spectateur aussi profondément et n’est là que pour terminer harmonieusement la tragédie.

Il serait intéressant de poursuivre cette étude sur le terrain de la littérature moderne, si j'étais compétent pour cette tâche; mais, comme le présent ἔρανος doit célébrer le quatre-vingtième anniversaire d’un helléniste éminent, il me suffit d’avoir borné mon étude à la tragédie attique.

Lewis CAMPBELL.

Les poèmes de Bacchylide, récemment découverts, sont partagés, dans le manuscrit même qui les contient, en deux groupes distincts : il ya un groupe qui réunit des chants de victoire ou épinikoi, à l'exclusion de tout morceau d’un autre genre ; dans un autre groupe on trouve rangés des chants qui ne sont positivement pas des épinikoi, et qui nous surprennent par la singularité de leur composition et nous intriguent par l'absence de toute indication touchant le genre de poésie mélique auquel ils appartiennent. Le commencement et la fin de ce groupe étant perdu, ainsi que ceux de l’autre, nous ignorons si son titre général était marqué dans le manuscrit. On serait tenté, par quelques considérations, de penser que le grand fragment contenant les chants non épinikoi, quoique écrit de la même main, provient d'un autre rouleau; mais, parmi les renseignements donnés par l'éditeur, si capable et si consciencieux, sur les circonstances de cette précieuse trouvaille et sur les conditions du papyrus, on ne trouve rien qui vienne à l'appui de cette supposition. Que le volume pût contenir toutes les poésies de Bacchylide, il n'ya pas à y penser; M. Kenyon a bien raison d'exclure cette hypothèse. Sans doute il contenait fous les épinikoi de ce poète (comme M. Kenyon le pense aussi), qui étaient, paraît-il, bien loin d’être aussi nombreux que ceux de Pindare. Peut-être est-ce à cause de leur nombre relativement petit que nous ne les voyons pas classés d’après les différents lieux des jeux, comme ceux de Pindare, ni d’après les différents exercices, comme ceux de Simonide, ni

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chronologiquement, ni d'aucune autre facon. Un seul rouleau n'aurait pu contenir tous les épinikoi de Pindare sans être trop volumineux et incommode (c'est bien dans ce sens que Callimaque eût dit : μέγα βιβλίον, μέγα χαχϑν) ; pour ceux de Bacchylide, non seulement un rouleau était suffisant, mais il y restait même de la place pour y inscrire, probablement tout entière, une autre classe de poésies du même auteur. Dans ce qui reste de ce rouleau, les épinikoi somment à XIV, les autres pièces à VI.

Et nous voilà à poser la question: à quelle classe, genre ou

de poésie mélique appartiennent ces singulières compositions, qui ne sont pas des épinikoi et qui ont pu être réunies dans le même volume avec ceux-ci? La réponse que l'éditeur croit, quoique timidement et avec réserve, pouvoir proposer pour cette question, est inacceptable. Il croit reconnaître ici un mélange de poésies différentes (miscellaneous poems); la première, d’après lui, est, peutêtre, un hymne? la seconde (XVI), un péan? la troisième (XVI), encore un péan ? la quatrième (XVIII), un hymne? la cinquième (XIX), un dithyrambe ? la sixième encore un dithyrambe ? Ces dénominations sont fondées, l’auteur le reconnait, sur de bien faibles arguments. Une mention, mème une invocalion d'Apollon ou de Dionysos, ne sauraient suffire pour consliluer un péan ou un dithyrambe ; et moins encore l'absence de toute mention de ces divinités pourrait-elle suffire pour constituer un hymne dans le sens restreint que cette dénomination doit bien avoir dans une classification de poésies méliques. Et comment penser qu'avec tous les épinikoi (mème les plus insignifiants) rangés dans une série à part sans aucun mélange, on eût réuni un pèle-mèle de poésies diverses? Nous voyons bien quelquefois dans l'antiquité que des grammairiens ou des εἰδογράφοι ne tombent pas d'accord, à propos de

telle ou telle autre pièce de poésie lyrique, sur le nom à lui donner :

péan, dithyrambe ou autre. Mais, malgré les divergences quil

pouvait y avo sous ce rapport d'une édition à l'autre du mème poète, il n'y ἃ pas d'auteur dont les poésies ne fussent régulièrement ordonnées et classifiées, surtout après les travaux des critiques d'Alexandrie et autres, pas d'édition où un tel pêle-mêle de pièces différentes pût se présenter.

Ce travail de classification fut fait sans doute pour Bacchylide par les Alexandrins, comme ils le firent pour Pindare, Simonide et

les autres lyriques du Canon, où ils placèrent Bacchylide. Il était déjà fait, et depuis longtemps peut-être, lorsque Didyme d’Alexandrie écrivit un ὑπόμνημα spécial sur les épinikoi du poète, qu'il trouvait rangés dans une classe à part; Didyme était contemporain de notre manuscrit, d’après la date qu'avec beaucoup de probabilité assigne à celui-ci M. Kenyon. [15 étaient disposés sans distinction, comme nous les trouvons dans notre papyrus, car nous voyons que, pour Bacchylide, on cite tout simplement ces épinikoi, pendant que pour Pindare on cite ces olympionikai, ces pythionikai, ete. Et les citations nous prouvent aussi que toutes les autres poésies de notre auteur étaient ordonnées par classes, comme celles de Pindare et des autres lyriques; en citant on dit: dans les hymnes, dans les péans, dans les dithyrambes, dans les prosodia, dans les hyporchèmes, dans les érolika, etc. Enfin la distinction des vers ou Æéla et des strophes que nous trouvons dans ce manuscrit nous révèle encore une fois, ainsi que pour Pindare, la main ordounatrice des grammairiens alexandrins (v. Bogckn, Præf. ad Pind. Schol., p. xxx):

D'après tout cela, ilest clair, à mon avis, que, dans les six chants dont il est question, il faut voir non pas un mélange de chants d'espèce et de nom différents, mais une série de chants ayant une dénomination commune, réunis dans le manuscrit avec la même unité que nous remarquons dans la série des épinikoi. Et vraiment un coup d'œil suffit pour reconnaitre que tous ces chants ont, dans leur contenu et dans leur composition, des traits communs si saillants et si caractéristiques qu'on devrait être plutôt étonné si on ne les voyait pas groupés dans une seule classe. S'il y a quelque variété dans la forme de la composition, non seulement elle n est pas de nature à constituer un autre genre de poésie, mais elle pourrait à peine constituer une subdivision dans le mème genre. Aucun de ces chants n’est adressé à un dieu ou à un homme; si un dieu est parfois nommé ou invoqué à la fin ou au commencement d’un chant, ce n’est pas pour cela à lui que ce chant s adresse. Le sujet est toujours un mythe héroïque; le chant tout entier consiste en une scène, un tableau qu'il rappelle ou présente avec πάθος dans un style lyrique brisé et mouvementé, qui arrive jusqu’à la dramatisation indirecte ou même directe, comme dans le n° XVIII. La narration commence toujours ex abruplo, comme

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l'action d'une tragédie; si on ouvre le chant par quelques vers d'introduction, ces vers n’ont aucun rapport avec le mythe qui suit. Le mythe est toujours rappelé épisodiquement dans quelques-uns de ces moments, comme un souvenir cher ou émouvant, sans que le poète s'occupe d'en mener l'histoire jusqu à sa conclusion finale. Aussi, à la fin de chaque chant, tout lecteur moderne doit s'écrier : eh bien ? et après? et à quel propos tout cela?

Sans doute, ces caractères, pour nous si nouveaux et si étranges, communs à tous ces chants d’un seul genre, pourraient avoir leur illustration et nous paraître moins surprenants si les Anciens nous disaient le nom de ce genre. Et ils nous le disent, et ce qu'ils nous disent est de nature à nous satisfaire. Deux citations, une de Clément d'Alexandrie, l’autre des scholies de Pindare, se rapportant, la première au premier deceschants (n° XV: ᾿Αντηνορίδαι ἢ ᾿Ελένης ἀπαίτησις); l’autre au dernier (n° ΧΧῚ Ἴξας), ne mentionnent que le poète sans indiquer la classe de ces pièces où le passage cité se trouvait. Mais ily ἃ une citation de Servius relative au poème 'Πίθεοι χαὶ Θησεύς (XVII) où cette classe est nommée ; M. Kenyon, dans l'idée que ce chant dut ètre un péan, à cause de l’invocation à Apollon Délien qui s'y trouve à la fin, a eu tort de ne pas la prendre en considération et d'accuser Servius d'erreur. En commentant le vers de l'Énéide (VI, 22) où l'on parle des septena corpora natorum, que les Cécropides devaient chaque année exposer au Minotaure, Servius écrit : « Quidam septem pueros et puellas accipi volunt quod et Plato dicit in Phaedone et Sappho in Lyricis et Bacchylides in Dithyrambis et Euripides in Hercule. » On ne peut pas douter que la citation de Bacchylide ne se rapporte aux paroles que nous lisons tout au commencement du chant susmentionné: Dis ἐπτὰ ἀγλαοὺς χούρους ᾿Ιχόνων ; quoiqu'on n’y parle que de χοῦροι; la mention d'Eriboée, dans ce qui suit, prouve que l'expression ξὶς ἐπτὰ était employée par le poète et généralement entendue pour « sept de chaque sexe », et que, dans χοῦροι, on comprend en sous-entendu xai x59x, comme dans le natorum de Virgile on comprend en sous-entendu δή natarum. La même expression qu'emploie Bacchylide est employée par Euripide dans la tragédie que Servius cite, 1 Πραχλὴς υναινόμενος, OÙ (v. 1326) Thésée rappelle les δὲς ἑπτὰ κόρους, qu'il sauva. Nous ne sommes pas à même de contrôler la citation de Sappho, mais celle de Platon correspond aussi exactement que celle d'Euripide; dans le Phédon on use de la

mème expression consacrée, en rappelant τοὺς

sauvés par Thésée. On ne peut donc pas traiter légèrement l’autori de Servius dans notre cas, et il faut en conclure que le chant ᾿Πίθεοι χαὶ Θησεὺς se trouvait, dans les anciennes éditions de Bacchylide, classé (in dithyrambis) parmi les dithyrambes et, par conséquent, que les six chants dont nous nous occupons sont tous des dithyrambes. Il ne serait sans doute pas impossible que Bacchylide eût mentionné ce fait de Thésée plus d’une fois, dans des poésies de différentes classes, et que Servius n'ait rappelé que ce qu'il en disait dans les dithyrambes, sans tenir compte des autres poésies, où il répétait la même chose. Mais, avant d'en arriver à ces suppositions forcées, il faudrait y être poussé par l'impossibilité d'admettre que ces chants soient des dithyrambes. Or, non seulement on ne pourrait opposer aucune objection sérieuse à cette dénomination, mais les quelques notices que nous avons Sur le dithyrambe comme composition poétique (à distinguer du bacchanal musical, orchestique, mimique, qui occasionna celte poésie et lui donna son nom), tel qu'il pouvait ètre au temps de notre poète, s'appliquent parfaitement à ces six chants. En étudiant la chose de près, on reconnail facilement que, de tous les genres de mélique, le dithyrambe est réellement le seul qui nous explique les singularités de ces compositions. Que les dithyrambes eussent un contenu diégématique ou narratif de mythes héroïques ou autres, nous pouvions le déduire de ce que nous disent les anciens sur les origines de la tragédie, et nous l’apprenons de quelques passages d'écrivains qui le disent expli-

citement, tel que celui de Platon (Polit., I, 394): τῆς ποιήσεως re nai μυθολογίας ἣ μὲν dx μιμνέσεως ὅλη ἐστὶν τραγῳδία τε χαὶ χωμῳξία, ὰ Δ ΦΟΟΣ HE 2 mn) pmnT)* ἣν ΜΩ͂Ν be à ee ἃς Drugs ἡ δὲ δι΄ ἀπαγγελίας αὐτοῦ τοῦ ποιητοῦ ις à ἂν αὐτὴν μάλιστα ἐν διθυράμξοις,

et celui de Plutarque (de Mus., 10) sur l’ancien poète locrien

FT r . , oi e σιῷ τ Es 1 Xénocrite : ἀμφισδητεῖται εἰ παιάνων ποιητὴς γέγονεν, GEO VAS ὑποθέ-

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σξων... ποιητὴν γεγονέναι φασὶν αὐτὸν᾽ δι» nul τινας διθυράμβους χαλεῖν αὐτοῦ τὰς ὑποθέσεις. Les fragments, si peu nombreux, que nous possédons d'anciens dithyrambes nous montrent souvent un contenu mythique; ainsi. dans ceux de Pindare, on trouve traité le mythe d'Orion (n° 50-52 Bergk), celui d'Hercule et Géryon (n° 58). Mais, ce qui prouve que l'exposition lyrique d'un mythe était l'unique objet de ces compositions, comme pour [68 drames tragiques, c’est Îles titres qu’elles portaient et d'après lesquels nous les voyons souvent

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citées. Ainsi on cite un dithyrambe de Simonide intitulé Mermnon ξν Μέμνονι: Dbvsdu£w), l'Achille et l'Adonis de Praxilla, les Danaïdes, le Marsyas, la Perséphoné de Mélanippide, sans parler des poètes postérieurs, qui, après les innovations introduites par Mélanippide, finirent par réduire le dithyrambe à une espèce de mélodrame. Les titres qui, bien justifiés par le contenu, accompagnent nos chants

ñ Ἑλένης ἀπαίτησις ( Ἡραχλῆς ou Δηιάνειρα ?), ᾿Πίθεοι χαὶ

Θυεσεὺς, Θησεὺς, Ἰὼ, Ἴδας], ainsi que leur contenu lui-même, sont

al'unisson de toutes ces notices, qui ne nous permettent pas de douter que tous ces chants ne soient des dithyrambes. D'après les scholies de Pindare (ad Pyth., 1, 100), parmi Îles dithyrambes de Bacchylide il y en avait un dont ἰὸ sujet était le mythe de Philoctète, dont probablement il portait le nom pour titre'; sans doute. il a dû se trouver parmi ces compositions du même genre dans la partie perdue de notre rouleau.

Nous voyons que la composition métrique est antistrophique, comme nous savions d’Aristote {Probl., XIX, 15) qu'elle était dans les dithyrambes avant qu'elle ne devint monostrophique par suite des innovations de Mélanippide, après notre poète. Mais, dans le Θησεὺς, quiestentièrement dramatique, nous n'avons que des strophes égales et amæbées, sans épode.

La proximité du dithyrambe au drame nous explique ce qui nous paraissait si étrange dans ces chants, Île mythe abordé d'emblée. sans motivation, et clos subitement sans conclusion. C'est que le poète le présente, ou plutôt le représente par luimême, ayant sa signification en lui, comme on représenterait une tragédie, avec le mème motif etle même but. Arrivé au moment significatif, moral, religieux, patriotique ou autre, il s'arrête. Il procède même comme un peintre qui dessine une scène, un moment saillant d'une histoire qu’il suppose connue. Arrivé, dans les Anténorides. au discours de Ménélas, qui résume le but éthique de son mythe, il s'arrête. La suite de l'histoire, tout le monde la sait. Les effets de l'action de Déïanire dans le second dithyrambe, dont le titre est perdu, sont indiqués dans un épiphonème sur les suites

funestes du φθόνος, et avec celte allusion à la mort d'Hercule, que

, x NL e 9 + ’ ” ea e MS ἔς τς 1 Ταύτη τῇ ἱστορία χαὶ Βαχχυλίδης συμφωνεῖ ἕν τοῖς Διθυράμθδοις, ὅτι δὴ οἱ “Ἕλληνες ἐκ ᾿ x LES ᾿ « = / , Ἡ “ \ FE ΒΡ ΄ Afuvou μετεστείλαντο τὸν Φιλοχτήτην ᾿Ἑλένου μαντευσαμένον᾽ εἰμᾶρτο γὰρ ἀνὲν τῶν Ηρα-

personne n'ignore, le chant est clos. Nul besoin donc de penser, comme on l'a fait trop légèrement, que ces chants nous soient arrivés incomplets.

Notre intelligence de ces compositions dithyrambiques, qu'aujourd'hui nous apprenons à connaître, serait plus complète 51 nous connaissions leur musique et les détails de l'exécution chorale, avec ses mouvements orchestiques et mimiques, ses divisions par groupes, et avec tout ce qui les rapprochait d'une représentation dramatique. Quelque lumière pourrait aussi nous venir de la connaissance des villes et des fêtes pour lesquelles ces dithyrambes furent composés; mais, quant aux fêtes, les titres qui les accompagnent n'en disent rien; quant aux villes, ils ne les indiquent que là où le poète les indique lui-même (n° XIX Athènes, n° XX Sparte).

Le sujet de ces dithyrambes, un excepté, est étranger au mythe de Dionysos, ce qui n'a rien d'étonnant. Οὐδὲν πρὲς τὸν Διόνυσον devait aloir pour le dithyrambe aussi bien que pour la tragédie, qui en était sortie. Le chant intitulé Τὼ (n° XX), adressé aux Athéniens, est le seul où Dionysos soit nommé, ce qui avait déjà suggéré à M. Kenyon d'y reconnaitre aussi un dithyrambe. En effet il se rapporte à un des sujets primitifs des chants dithyrambiques, la Διονύσου γένεσις, puisque, après les pérégrinations de Lo, il rappelle la partie humaine de la généalogie du dieu, qu'il nomme en finissant. Ce dithyrambe doit avoir été chanté dans les Dionysiaques à Athènes par 16 χύχλιος χορὸς, dans les concours dithyrambiques que Lasos avait introduits, comme les dithyrambes composés par Simonide et ceux de Pindare pour lamême ville,quiavaientun prélude, ainsi que le nôtre, étranger au mythe et servant de dédicace, avec des paroles flatteuses pour les Athéniens (fr. 53-55 Bergk), qui en furent et restèrent enchantés, comme Aristophane nous l’apprend.

Dans deux de ces dithyrambes (n° XVI, XVIT), Apollon est apostrophé momentanément, ce dont M. Kenyon ἃ eu tort de conclure qu'ils sont des péans, dénomination qui est absolument exclue par leur contenu, entièrement diégématique. Dans l'un et dans l’autre Apollon est nommé comme dieu de la poésie, et il n'y a pas de genre de poésie où son nom ne puisse être mentionné ou invoqué, sans que cela contredise la nature de ce genre.

Le deuxième dithyrambe, qui peut être intitulé Héraklès ou Déianire, a le même sujet que les Trachiniennes de Sophocle. Les

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vers qu'on y lit dans le prélude, au bout de la strophe : Πύθις ae λον | τόσα χοροὶ Δελφῶν | σὸν χκελάδησαν πὰρ si sais va2, ne 7 une invocation d'Apollon; ils se rapportent à ce qui précède dans cette strophe de prélude, dont l’état fragmentaire nous empêche de saisir bien complètement la pensée. On y parle de Ssnsai de ses rives fleuries, de la voix suave de ses cygnes PE ὧν propos le beau chant des Oiseaux d'Aristophane, v. 769, Su1v.); c'est là le sujet des anciens chants (péans sans doute, οἵ. Hymn. τὴ Apol., 514 suiv.) delphiques, indiqué dans ce τόσα. Puis, avec un πρὶν ὙΞ où ποὶν veut dire plutôt, le poète entame brusquement avec l'antistrophe le mythe d'Hercule, comme Pindare passe subitement au mythe de ce héros avec un ἐγὼ ὃ Πραλλέος ἀγτέχομαι προφοΐνως dans la I" Néméenne. Le poète, en rappelant dans le prélude les sujets riants des péans delphiques, accentue le sujet ἀουΐου.reux et tragique de son dithyrambe, qui est en effet le plus pathétique de ceux qui nous restent. Apollon n’est donc apostrophé 1e1 que comme dieu de la poésie et sujet des péans, auquel, dans ce Cas, le poète doit préférer un sujet dithyrambique et tragique. Fe Les vers qu'on lit à la fin du dithyrambe [ist χαὶ ὍΝ noue extérieurement après le mythe : Δδάλιξ, χοροῖσι Kriw | φρένα εἰς | irourey ἐσθλῶν τῦχαν, suggérés par le παιάνιξαν qui précède, n'y sont que pour implorer la protection du dieu sur le chœur et, probablement, la victoire dans le concours !. Du reste, Apollon Délien figure dans la légende de cette entreprise de Thésée, qui. ant que le héros, au retour de Crète, avec les ἠΐθεοι Sauves 50 rendit à Délos offrir le sacrilice de remereciment au dieu. On sait que [65 Athéniens, en mémoire du fait, expédiaient chaque année à Délos, avec le prétendu navire qui avait servi à leur héros, la théorie que la fin de Socrale ἃ rendue célèbre. =. + Nul doute, d’après moi, que ce dithyrambe, ainsi que le suivant, ne soit fait pour les Athéniens. La matière et Île traitement du mythe qui lur sert de sujet suffisent pour Le prouver: EE voyons qu'il fut chanté par un chœur de Céïens, qui put bien ètre EE concours à Athènes, comme on y admettait Bacchylide et Simonide et tant d’autres poètes de différents, pays grecs. Les Céiens étaient

1 Personne ne saurait songer à reconnaitre dans notre composition, narrative du ses τ > ” < ν ἢ 1 D : e mercement jusqu'à la fin, un Δηλιάχον Παιΐνα tel que celui qui fut compose pour de Céos par Pindare (v. Isthm., 1, 4).

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