‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 8 sur 96 · M SAR Ε · texte numérisé non relu

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liés d'amitié avec les Athéniens, à côté desquels ils se battirent à l’Artémisium et à Salamine.

On reconnaît dans ce chant la grande ferveur pour Thésée et l'élaboration de sa légende dans le sens athénien, qui eut lieu du temps des guerres médiques et après. Il doit être antérieur à l'édification du temple de Thésée, soit à 469 ; la peinture de Micon dans ce temple, représentant le fait raconté ici, ainsi que la peinture de la belle kylix d'Euphronios furent sans doute inspirées de ce chant!. Euphronios devait être alors vers la soixantaine, si son activité commence, d'après M. Hartwig, en 510.

Ce dithyrambe, le plus étendu, le plus élaboré, et le plus beau de ceux qui nous restent, est très dramatique. Thésée y figure admirablement comme beau chevalier, contrairement à sa conduite si peu chevaleresque envers la fille de Minos, Ariadne, légende peu agréable pour les Athéniens, qui n’en voulaient pas et tâchaient de

la modifier ou corriger déjà du temps de Pisistrate, comme on sall.

Minos, d'autre part, est représenté comme dur et arrogant, d'accord avec le théâtre athénien, qui se faisait une spécialité de maltraiter ce personnage si respecté ailleurs ; χαὶ

γὰρ à Μίνως ἀεὶ διετέλει χαχῶς ἀχούων χαὶ λοιδορούμενος à ς Αττιχοῖς θεάτροις, nous dit Plutarque (Thes., 16).

Aussi ce dithyrambe doit avoir enthousiasmé les Athéniens, ces μαραθωνομάχοι qui avaient cru voir l'ombre du héros les assister pendant la bataille glorieuse, surtout dramatisé comme il dut l'être dans l'exécution chorale. Les fêtes athéniennes, dans lesquelles ce dithyrambe paraitrait le plus à sa place, seraient les Oschophories, lorsqu'une procession allant du temple de Dionysos au Phaléron, costumée et avec des cérémonies mimétiques, rappelait, en le représentant, le retour des ἠΐθεοι sauvés par Thésée?. Il serait cependant difficile de songer aux chants spéciaux (ὀσχοφοριχά) composés pour ces fêtes ; si, comme on nous dit, ils étaient chantés par un chœur marchant après le cortège, ces chants n'auraient pas pu être

1 M. Kenyon croit reconnaître le même fait représenté dans le vase de Clitias et Ergotimos (vase François). Evidemment il a tort. Le fait représenté dans ce vase (où Minos

ne figure pas du tout) est postérieur à l'épisode raconté par Bacch'ylide ; c'est une scène du retour de Thésée avec les ἠίθεοι.

? A. Moumsex, Heortologie, p. 271 suiv.

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Εἴπετο δὲ τοῖς νεανίαις ὁ χορὸς nai εἶπε τὰ μέλη, PRoCL., ap. Phot., Bibl., n° 239.

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34 D. COMPARETTI

classés parmi les dithyrambes, mais ils auraient dû l'être plutôt parmi les [Προσόδιχ, comme les Daphnéphorika de Pindare durent l'être {d’après Bæckh) parmi les Ixp0évex. δ᾿ | Le dithyrambe suivant, intitulé Θησεύς, évidemment fait aussi pour Athènes, est de la plus haute importance pour sa forme et son contenu. Sa forme est purement dramatique, sans narration qui relie le dialogue, 16 précède ou le suive. On y voit poindre la tragédie, née, comme Aristote le dit, des improvisations des ἐξάρχοντες τὴν ξιθύραμῥον. C'est un dialogue entre deux personnages, dont l’un est nommé par l'autre; l’autre n'est pas nommé du tout. L un est Égée, l’autre n'est pas Médée, comme M. Kenyon suppose ; Écrit vention de Médée au moment dont il s’agit serait au moins précoce, et, en tout cas, les sentiments odieux qu'un tel personnage devrait exprimer ne sont pas ceux qu'on trouve dans ce rôle. C'est tout simplement une portion du chœur représentant les citoyens de l'Attique et ayant probablement un d'eux en tète. C est réa à peu près COMME celle qui sert d'ouverture à L'ŒEdipe rot, Où nous voyons d'un côté le roi avec sa suite, de l’autre une multitude de Thébains, ayant à la tète un ἱερεύς anonÿme. Sans doute cette petite pièce lyrique doit avoir été jouée par le chœur cyclique avec costume, et même avec masque peut-être. En tout cas ᾿᾿ ἔξαρχος principal du chœur dut jouer le rèle d'Égée, en costume d’ancien roi de l’Atüique. Le chœur devait ètre costumé aussi à l'ancienne et partagé en deux parties, dont l'une représentait Egée avec sa suite ; ἘΆΜΗΝ, guidée par un autre ἔξαρχος. représentait une multitude mêlée de citoyens de l’Attique. | | | C’est là une variété du dithyrambe, qui, comme plusieurs faits nous le faisaient supposer et nous le voyons ici, a continué d'exister en mème temps que la tragédie qu'elle avait engendrée, et tout aussi émancipée que celle-ei des sujets dionysiaques. On peut Y reconnaître cette forme mitoyenne entre le dithyrambe et la tragédie, qu'on ἃ appelée la tragédie lyrique, qui au fond, comme Hermann l'avait bien deviné, n’était autre chose que le dithyrambe lui-mème, que les anciens parfois appellent aussi tragédie. Le passage yes de Diogène Laerce. souvent cité, doit être rappelé ici (Π|, 56) :

4 - + $ 74 Lu κἣ ny, >? / L ᾽ 1 be ὥσπερ γὰρ τὸ παλαιὸν ἐν τῇ τραγῳσιἃ (entendre dithyram )

ΣΣ (Θέσπις ἕνα ὑπο) nier ν δὲ Θέσπις ἕνα ὑποχριτὴν

vrambe dont nous parlons peut nc

donner une idée de l'innovation attribuée à Thespis. Seulement il faut noter qu'ici la part de celui qui serait l'ircxeurés est tout aussi lyrique que celle du chœur ; nous avons quatre strophes gales, alternées entre les deux interlocuteurs, comme dans un chant amæbée. Il est difficile de penser que la part d'Égée fut chantée a solo comme un ἀπὸ σχηνὴς des tragédies ; elle doit avoir été chantée par une moitié du chœur avec ᾿᾿ξξαρχος représentant Éeée, comme nous l’avons supposé.

Peut-être est-ce bien ce genre de dithyrambes qui, dans quelque catalogue des œuvres de Pindare, est désigné du nom de τραγιχὰ δράματα, litre qui disparait dans d'autres catalogues et qu'on ne trouve jamais cité, probablement parce que, dans d'autres éditions, ces pièces avaient été classées, comme nous voyons pour celle-ci, dans le εἶδος dont elles n'étaient qu'une variété. Bæckh supposait qu'elles furent mèlées avec les hyporchèmes ; si, comme leur titre peut le suggérer, ces pièces lyriques étaient du genre de la nôtre, nous pouvons croire plutôt qu'elles furent mêlées, comme celle-ci, aux dithyrambes.

Comme dans toutes ces compositions, le sujet mythique n'est pas complètement développé; c’est comme la première scène d’un drame qui s'ouvre avec elle et en reste là. Le lecteur attend inutilement de savoir ce qu'Égéelui-même a l'air de ne passavoir, ταῦτα ἑπᾷ τελεῖται. On voit que le but de la composition est la glorification

de Thésée dans une circonstance solennelle. On rappelle sa première

venue dans l’Attique sans la raconter, mais en présentant dramaliquement l’état des esprits et l'attente de la population avec son roi à la nouvelle de la prochaine arrivée du jeune héros, encore inconnu de nom, mais dont on disait déjà des merveilles. Ce tableau, sans suite pour nous, dut bien ètre compris et goûté par les Athéniens, trouvant son complément et son illustration dans les fêtes qui en occasionnèrent la composition. Nous ne pouvons pas nous défendre de penser que ces fêtes furent celles qu'on célébra avec une pompe et un enthousiasme extraordinaires, lorsque Cimon rapporta à Athènes, de l'ile de Skyros par lui conquise sur les Dolopes, les prétendus restes de Thésée, qui furent déposés là où l’on commença tout de suite à bâtir le fameux Θησεῖον. Plutarque nous dit que ces restes furent recus à Athènes comme si le héros lui-même fût revenu

dans la ville: « ὥσπερ αὐτὸν ἐπανερχόμενον εἰς ἄστυ » (Thés., 36). Le

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