‹ Mélanges historiques (volume 2)Chapitre 27 sur 49 · Le contraire de l'affenmage · texte numérisé non relu

Le contraire de l'affenmage

3. Jusqu'à 1763. Dès lors, la paroisse des Forges fut visitée par le curé des Trois-Rivières jusqu'à 1860; de 1860 jusqu'eai 1903, un des prêtres du séminaire fut chargé de la desserte régulière des Forges. Depuiis 1903, la mission est desservie par un prêtre de réA'êché.

ges, il n'y a qu'à lire le mém'oire envoyé à 'la cour (4). On y verra la forme dn paiement des ouvriers et les fonctions des employés. On ne saurait ici rien ajouter de plus, sinon que de ré;péter que le privilège pour le débit des miarchan dises coûte au roi, pour son logement, son bois, son luminaire et eea gages, plus de mille écus, et que si l'on mettait œ poste à l'enchère, il m'a été assuré que Sa Majesté, au lieu d'être tenue à cette dépense, en tirerait cent pistoles tous les ans.

"Après avoir 'visité tout ce qu'il y a de remarquable à cet établissement, dont l'endroit montagneux, quoique défriché, conserve encore un air sauvage, rabbâtimes chez M. de Rouville, directeur, où nous dinâmes splendidement et en partîmes vers les cinq heures du soir, discourant beaucoup, chemin faisant, sur la forme de la régie qui ne saurait être que très onéreuse au roi. A notre arrivée aux Trois-Rivièreis descendu chez madame Rigaud et de là soupe, avec toute la compagnie, chez M. de Tonnanoour. On estime, des Trois- Rivières aux dites Forges, trois lieues, néanmoins nous en fîmes le voyage en cinq quarts d'heure(5).

"1*68 Forges sont régies aujourd'hui pour le compte du roi par l'abandon qu'en' ont fait les sieurs Cugnet et compagnie. Les principaux employés sont: un direct;eur, un caissier, un commis pour le détail, un marchand, pourvu du privilège exclusif de débiter les vivres, iboissons et marchandises quelconques, et un armurier. Les ouvriers y sont payés généralement, par la rareté d'en trouver, à des prix exorbitants, les unis à raison d'un prix par quintal de fer, d'autres par des appointements fixes pour toute l'année, et

4. Framcfuet doit vouloir parler sans doute des rapports aniauels que l'administration des Forges envoyait en France. Sinon, le imômoire en cfuestion n'est pas encore connu.

5. Par la rivière Saint-Maurice, trois lieues ; par terre, sept milles.

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quelques-uns à différents prix par mois d'hiver et d'été, mais tous sont logés, chauffés et voitures au dépens du roi.

"Indépendamment de ces ouTriers domiciliés, en sont d'autres qu'on est obligé d'attirer de la campagne ou de la garnison des Trois-Rivières dans le fort du travail. Les premiers résistent d'y aller sous prétexte qu'ils ont leurs terres à cultiver, on use quelques fois de violence pour les y obliger; de là il arrive qu'ils préfèrent abandonner le canton pour aller s'établir ailleurs que de se soumettre à ce qu'on exige deux. On se retourne du. côté des soMats mais ceux-ci, sentant le besoin qu'on a d'eux, ne se prêtent qu'à des prix fort chers qu'on leur refuse(6), d'où il arrive que les ouYrages languissent et qu'il en influe un grand préjudice au roi.

"Il est aisé de convenir que tous ces employés et ou- Yriers sont d'une dépense considérable. Elle n'est pas la seule. La fabrique du charbon, l'achat des fourrages et avoines, l'emplette des chevaux, les voitures, les harnais, leur entretien, et les charrois de la mine de fer et des denrées la font monter, à quelque chose près, au profit qu'on en retire. De c-e détail, l'on doit sentir que cette régie peut entraîner bien des abus — d'autant que le directeur n'a pas l'autorité absolue, que le caisisier la partage et que chacun rend compte

€. En. 1750, on manquait d'ouvriers aux Forg-es. Le 19 maii. le. Conseil de la marine réix)nd à Bigot qu'il n'a pas jugé à propos de destiner une compagnie de soldats poar les travaux urgents, mais en 1753. la cour remarqxie qu'il serait temps de trouver une compagnie de soldats pour travailler quelques mois aux ouvrages secondaires des For|ges.

Cette mjpime année il est question de former une nouvelle compagnie en état de se charger de l'exploitation des Forges. Puisque l'exploitation laisse enfiin un excédent sur les dépenses, il est évident qu'une société particulière y trouverait de plus grands bénéfices. On ne put former aucune société et la chose languit ainsi.

à M. l'intendant (Bigot) directement ou à sous-délégué de la partie qui lui est confiée et que le ■préposé à la fourniture des vivres est entretenu aux frais du roi et se croit indépendant.

"Moyens proposés pour maintenir le bon ordre, diminuer la dépense et augmenter la fabrique du fer :

"1° Ce serait de commettre un directeur intelligent, dont Fautorité absolue, subordonnée néanmoins à M. l'intendant, B^étendît sur tous les employés et ouvriers quelconques; que tous lui obéissent, rendissent compte et fussent subordonnée.

"2° Que le charbon fut fait par des marchés convenus, ftinfii que les achats de fourrages et d'avoine. Que les employés chargés des détails tinsent un registre journalier de leur dépense pour la confronter au besoin à celle rapportée de chacune des parties au compte général, et de là pouvoir juger de la conduite d'un chacun.

"3° Qu'on attirât de France un maître-ouvrier entendu et expert en toutes sortes d'ouvrages, soit pour li conduite de ceux à faire, en réparation, que d'autres en augmentation dont cet établissement est susceptible, tant par l'abondance dee eaux du ruisseau que par les emplacements favorables à des martinets que présente sa rive droite.

"4° Qu'indépendamment des ouvriers forgerons qu'il faut de nécessité envoyer de France pour renouveler ceux d'aujourd'hui qui, sous prétexte que, le terme de leur engagement est expiré, y font la loi pour le travail, on en fît venir une cinquantaine d'autres de tous métiers, pour travailler sous les ordres et sous les yeux du précédent."

En résumé, Franquet dit que Rouville est directeur des Forges et qu'ill n'y entend rien ; il y a une forge et deux

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martinets qui sont des établissements distincts; cent vingt personnes sont attachées à l'ensemble des usines; on y fait tout ]« charbon nécessaire; la mine est située à deux ou trois lieues des Forges; le roi y entretient un récollet à titre d'aumônier. L'établissement est mal conduit et la dépense est excessive.

Une note de 175J: montre les salaires des Forges : 1 directeur 100 francs, 1 fournisseur 100 francs, 2 honmies 60 francs. Ceux-ci devaient jouer du "tour du bâton" car ces chiffres sont ridiculement bas. Il y avait de plus 20 chefs de familles à 400 francs et 133 personnes de toute description à 400 francs. (Le franc valait alors 90 centina de 1920 (7).

7. Même plus aujourcrhui, en comparaison du coût élevé de la vie. L'arg-ent actuel représente le sixième de la valeur de la monnaie de 1750-60.

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NOMS DE FAMILLE. — FETES DES FORGES. — LES PERRAULT. — CHARBON DE TERRE MEN^ TIONNE. — FIN DE LA DOMINATION FRAN^ ÇAISE. — 1753-1760.

Lie registre de la cliapelle des Forges renferme en 1753 les noms suivants : mademoiselle Charlotte-Françoise de Grosbois, Charles Dugré^, Jean-Baptiste Pratte, mademoiselle Catherine Moras, Antoine-Claude Leprouste, notaire des Trois-Eivières, et sa femme Anne Groubault. En 1754, M. Brassard, curé de Nioolet. Le frère Amiot apparaît le 27 mars après une absence de quelques mois. Il y a encore Charles Deserre employé comme charpentier aux Forges, Josette Eocheleau, Jean-Baptiste Morin ou Manseau dit Lajoie et sa femme Brigitte-Exupère Du,puis. Le sieur Hoire est mentionné. Théodore Panneton et sa femme Louise Gouin(l).

Le 19 septembre, inhumation d'un enfant d'un mois, né de dame Louise-Gabriélle de Croisille et de Jean-Jacques de Saint-Martin, officier dans les troupes.

Jean-Baptiste Pratte, né à Québec en 1710, marié aux Trois-Eivières en 1735 a;vec Claire Bouton, a par la suite toujours demeuré dans cette dernière ville.

Charles Dugré, né à Québee en 172-8, marié aux Trois- Rivières en 1752 avec Suzarme Poitevin, a fondé la branche de sa famille aux Trois-E,ivières où elle existe encore.

1. (Cette année 1753, il y avait aux Forges nn nomaué Jacc|ues-Philipi)e Dauphins qui, en 1752, subit un procès criminel pour avoir volé deux haches aux Forges.

Charles Deserre, t-harpentieT, était de iSorel. Il S6 fixa aux Trois-Eivière^.

Jean-Jacques Gorge, sieur de Saint-Martin, fils de Jean-Baptiste et de G-abrielle Flaseur, paroisse dfAnien, diocèse de Vienne en Dauphiné, était officier dans les garnisons du Canada. Anien est aujourd'hui une localité de 600 habitants environ, canton de Eousillon, arrondissement de Vienne, Isère. En 1751, Gorge épousa Louise-Gabrielle, fille de Charles Le Gardeur de Croisille, lieutenant dans les troupes, et de Marie-Anne Robineau qui lui apporta la seigneurie de Bécancour (3),

En 1755, au registre de la chapelle des Forges, le frère Hippolyte Collet, récollet, signe un acte de baptême le 8 octobre, ensuite vient le père Hyacinthe Amiot. Je vois* le nom de Fabien Badeaux.

Monseigneur de Pontbriand examine le registre des Forges, le 1er juillet 1755 et y trace ces lignes : "Vu et approuvé dans le cours de nos visites. Xous avons ordonné qu'il sera fait un état des ornements et de tout ce qui 'sera fourni à l'église de Saint-Maurice par le produit des quêtes et du casuel de la dite église. Ayant été informé qu'ion chante en cette paroisse la grande messe, les vespres et qu'on donne la bénédiction du Très Saint Sacrement les jours de Saint-Eloi, de la Translation et de Saint-Thibault, parce que les forgerons ont choisi les deux premiers jours pour honorer leur patron et les charbonniers le troisième; qu'il arrivait que, sous le prétexte de les fêter, pour ainsi dire solenniser plusieurs du \'illage se laissaient (aller?) à des excès ecanda,leux, loin de sanctifier ces jours, nous chargeonB le missionnaire d'avertir les habitants de la paroisse que si, dans

2. Celle-ci mourut en 1761. Saint-Martin fut l'ami intime de Laterrière que nous verrons plus loin.

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la, suite, nous apprenons qu'on tombe dans les mêmes dérèglements nous défendrons de faire dans ces jours aucune cérémonie extraordinaire. Xous chargeons le dit missionnaire de nous avertir toutes les années s'il y a eu des scandales. Sera la présente lue et publiée au prône de la grande messe dimancihe prochain."

Le 26 octobre 1756, "a été bénie par le Révérend Père Augustin Quintal, la cloche de cette paroisse, laquelle a été nommée, par Mr. Claude Cressé et dame Louise André de Rou ville, du nom de Louise." (3).

Madeleine-Françoise Béchard, veuj\'e de Jean Mantenet, des Forges, se remarie cette année avec HSTicolas Lapérouse. Ce ménage se fixa à Québec où Lapérouse mourut un an plus tard.

En 1756, au registre de la chapelle des Forges on voit les noms suivants: Charies Falaise de Garnies, lieutenant d'infanterie, et sa, femme Marguerite- Angélique Villier; c'est l'inhumation de leur enfant âgé de six semaines.

François Godard, arrivé en 1737, étant décédé, sa veuve, Marie Biais, épouse Pierre Milot aux Trois-Eivières le 9 février 1756.

Au registre de la chapelle des Forges, en 1757, se voit l'aote d'une sépulture d'enfant ondoyé par Charles Alavoine, médecin. On voit aussi les noms de Jean-François Chrétien et de sa femme Marie-Anne de Noyon.

Cette année mourut Marie Dubois, mère de Jean-

3. Fille de Pierre André de Leigiie, juge à Québec, et de Claudine Fremin.

C'est la fiUle aux aventures! De EouvMle, son mari, avait été nommé le 16 février 1747, pour faire ,1a police des Forg-es, et prononcer les sentences des différends qui •naîtraient ejitre les emiployés (voir le Bulletin des recherches historuiues, 1906, p. 137 et suivant<es).

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Nicolas Kobichon. On la dit née en 1667 mais cette date me paraît exagérée. L'acte est au registre des Trois-Rivières. An même registre, le 28 septembre 1757, il y a mention de la sépulture de Pierre Becquet, né en 1697, "gardien aux forges du roi".

Aux Trois-Eivières, le 12 septembre 1757, Jean-Baptiste Perrault, déjà mentionné, épousa ]!»ïarie Lemaître. Comme il demeure aux Forges les bancs sont 'publiés dans les deux places. Le frère François €arpentier signe au registre de la paroisse des Forges le 18 avril 1757.

Le 26 août 1758, au même registre, il y a l'acte d'inhumation de Marguerite- Josette, âgée de deux mois, enfant de Joseph Boucher, écuyer, sieur de Niverville et de dame Josette Chatelin,

Au registre des Trois-Rivières, le 17 janvier 1758, Pierre Philippe "directeur des forges Saint-Maurice", fils de Pierre et de Marie Feuillet, paroisse Segonsac, élection de Cognac eai Saintonge, épouse Madeleine Chatelin, soeur de madame de NiveTville(4). La femme mourut en 1762 âgée de 21 ans.

Le 5 février 1759, aux Forges, Antoine Thara (5), eergent des troupes, fils de Hj^acinthe et d'Anne Mangin, épouse Suzanne Chaput, veuve Hérard, des Forges, déjà mentionnés.

Dans un mémoire de l'année 1758 on lit: "Il y a une mine de charbon de terre dont on ne se sert en Canada que pour les forges du roi." Il s'agit des mines du Cap-Breton, eans doute, puisque le Bas-Canada ne renferme aucun dépôt de ce charbon. Si on utilisait un charbon de terre à Saint- Maurice ce devait être dans les forcées. La fonte du minerai

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