‹ Mélanges historiques (volume 2)Chapitre 26 sur 49 · Avec trois enfants · texte numérisé non relu

Avec trois enfants

noms de SalTien Boucher, prêtre récollet, le frère Hyacinthe Amiot, Pierre Marchand et sa femme (second mariage), Gertrude Frigon, Jean-Baptiste Ferron et sa femme Marie Bnbeau, André de Eouville et sa femme Louise-Catherine André de Leigne, Pierre Desfossés et sa femme Angélique Contant, Jean Mantenet et sa femme Madeleine Béchard, Marie-Ix)uise Frigon, François Chaillé, Alary, Grenier, Beaudoin, Lafrance, Lamère, BoisYert, Pierre Charette, Antoine Dupuis, Antoine Milot, contremaître. Jean-Baptiste Délorme se remaria en 1751 avec Louise Frigon dont la soeur avait épousé Pierre Marchand. Ces mariages ont eu lieu à Batiscan.

Les Beaudoin, ancienne famille de Champlain, ont envoyé de leurs hranohes dans tout le district des Trois-Eivières. Celui que nous avons ci-dessus était Gervais Beaudoin, né en 1715, marié en 1746 avec Angélique Lhibois dit Lafrance. De 1747 à 1750, ils étaient à Sainte-'Croix de Lotbinière ; après cela ils demeurent aux Forges.

Pierre Charette a vécu aux Forges et sa descendance y était encore en 1850. On ne connaît pas son origine. Peutêtre était-il un Choret, de Sainte-'Croix de Lotbinière.

Pierre Desfossés n'a pas d'origine connue. Ce devait être le surnom d'une famille canadienne des environs de Nicolet. Il paraît s'être marié vers 1750 avec Angélique Contant. La descendance s'est fixée aux Trois-Rivières.

Jean-Baptiste Ferron devait être le même que Jean Perron, né en 1718, fils de Ilené et de Julienne Traillé, paroisse Saint-Léonard dite Chapelle, diocèse d'Avranche, en basse Normandie, qui, le 6 juillet 1750, à la Eivière-du- Loup (en haut) épousa Isabelle Bibaud, Canadienne, et qui me paraît être la même aue "Marie Dubé" du reonsfre des Forges. La descendance de ce ménage se retrouve à Yama»-

chiche et aux Trois-Rivières.

Jean-Baptiste Dubois dit Lafrance, Thérèse Lafrance, Angélique Dubois dit Lafrance, frère et soeurs, sont aax Forges en 1751, Tenant de Saint- Antoine-de-Tilly. Jean- Baptiste, né à Saint-Antoine en 1720, e^était marié en 1741 avec Charlotte Houde, cousine de Louis-Michel Houde. Vers 1758, ce ménage paraît être retourné à Saint-Amtoine. Gervais Beaudoin avait épousé Angélique Dubois dit Lachance qui vient d'être mentionnée. Lamère, •ci-'dessu?, est peut-être Rapidion de l'île de Montréal (10).

Notons que, le 20 août 1751, à Québec, fut inhumé François-Etienne Cugnet, l'ancien chef de la compagnie des Forges. Sa femme, Louise-Madeleine du Sautoy, lui survivait. Elle fut inliumée à Beau port en 1783.

Joseph-Etienne, fils de Cugnet, fut nonnné procureur général en cour et conseil supérieur le 2 novembre 1760 par le nouveau réo-ime.

10. Il y avait aux Forgées, de 1738 à 1750, des gens du lieu nommé Dufresne (?), diocèse de Dijon. Le 16 mai 1738 fut inhumé aux Trois-Rivières Antoine Petit, fils d'Antoine, marchand bourgeois à Dufresne.

Le 15 avril 1750, le Conseil de la marine écrit à Hocquart disant que le rai a accordé le passage au sieur Gauchereau, qui a servi plusieurs années aux Forges, et qui veut retourner en France.

VISITE DE FRANQ UET. 1 752.

Voici les noms de ceux qui figurent au registre de la chapelle des Forges en 1752 : Panneton qui signe au mariage d'Etienne Laroche avec Charlotte Pefpin ; André €orbin, Jean-Baptiste Lacombe et sa femme Marie Grenier; Louis Voligny, commis des Forges; Terreau, Luc Imbleau, Joseph Boivin, Jean-Baptiste Deschenaux et sa femme Marie- Joisephte Contant, Jean-François Chrétien et Marie Sarrazin.

'Charles-Etienne Laroche, né à Québec, forgeron aux forges Saint-Maurice, se maria dans ce dernier lieu, en 1753, avec Charlotte Pépin, en présence de Jean-Bapti&te Lacombe, sa femane Marie Grenier, Jean-Baptiste Deschenaux, sa femme, André Corbin, Louis Yoligny, commis aux Forges, Luc Imlbleau, Terreau, Joseph Boirin, Jean-François Chrétien et Marie Sarrazin.

Antoine Terreau, d'origine inconnue, marié à Françoise Foulon, Canadienne, vivait aux Trois-Eivières. En 1724 oe ménage fit baptiser Joseph qui se maria dans ila même ville le 14 février 1752 avec Madeleine Beaudoin et il leur naquit quatre enfants jusqu'à 1757 où la femme décède. Terreau continua de travailler aux Forges.

Le 7 janvier 1754, messire Brassard, curé de Nicolet, de passage aux Forges, baptise Joseph, fils de Jean-Baptiste Descihenaux, charretier, et de sa femme Marie-Josephte Contant. Parrain : Jean Deschenaux, grand-père de l'enfant; marraine: Thérèse iLafrance. Le frère Augustin Quintal signe l'acte en place du frère Hyacinthe Amiot, absent jusqu'au 27 mars suivant, mais le baptême avait été

fait ipar M, Brassard, curé de Xicolet, qui tenait de son pèreet de son grand-père le surnom de Deschenaux. Notons aussi que vers 1757, le bedeau de l'église des Trois-Rivières senommait Jean-Baptiste Deschenaux, de la même famille.

"Tihéodore Panneton, d'une famille canadienne, vivait aux Trois-Rivières. Sa femme se nommait Louise Gouin. Il paraît avoir été temporairement employé de son métier de menuisier aux Forges.

André Corbin, né à Québec, se maria avec Louise Petit, le 16 juillet 1731, aux Trois-Rivières, et s'établit dans cette ville. En 17-i8, il se remaria au même endroit avec Véronique Baby. On le qualifie de maître-forgeron. En 1752, il assiste à un mariage aux Forges. Cinq ans plus tard, il est eynidie de la ooananune des Trois-Rivières.

Jacques Chrétien, appelé le sourd, de l'île d'Orléans, était aux Trois-Rivdères en 1721 où fut baptisé son fils Jean- François, lequel se maria au même endroit en 1749, avec- Marie-Anne de Noyon. Ce dernier travaillait aux Forges en 1752 et en 1757.

En 1750, je vois Louis-François Perrault, déjà mentionné, négociant aux Forges. Le 3 août 1750, il se maria, à Montréal, avec Josette Baby et demeura à Québec par la suite, ainsi que son frère Jacques qui était commerçant aux Forges en 1747. Un autre frère, Jean-Baptiste, doit être celui dont parle Franquet en 1752 lorsqu'il mentionne un marchand' pourvu du monopole des vivres, boissons et marchandises des Forges.

■L'ingénieur Franquet va nous occuper à son tour en parlant des Forges qu'il a visitées sur la fin de juillet 1752: "M. Bigot, intendant de la Nouvelle-France, résidant à Québec, m'avait recommandé de visiter les forges de Saint-Maurice, en ajoutant que l'étahlissement était considérable et que

114 LES FORGES SAINT-]\rAUIÎICE

Je serais bien aise de les avoir vues pour être en état d'en rendre coim'pte, et qu'en séjournant aux Trois-Eivières je pourrais m'y rendre en moins de deux heures, à quoi consenti je prévins M. Eigaud (gouverneur des Trois-Eivières) qui eut la com/plaisance de dire qu'il m'accompagnerait. Sorti des Trois-Eivières à 5 heures du matin avec MM. Eigaud, Tonnancour et tous mes eomipagnons de voyage que M. de Eouville, directeur des dites forges, arrivé de la ^^ille en ville pour m'engager à ce petit voyage, y avait invités.

^'En sortant de la ville, le chemin est heau, large et -^lalonneux; il y a une maison bâtie dans son milieu qui masque ie coup d'oeil de son avenue environ à cent toises au-delà. L'on monte à droite une petite hauteur d'où l'on traverse une .plaine, ensuite un bois et l'on arrive à sa sortie aux dites forges. Ce bois est brûlé en partie ; d'ailleurs il est dépouillé de tous les arbres propres à la charpente; il n'y reste que du taillis et du sapinage. Vu dans la traversée plusieurs tourtres et ,perdrix et quelques édaircies de prairies. A l'extrémité du ehemin, pour descendre à Saint-Maurice, •lieu où sont les dites forges du roi, est une rampe qui conduit à un ruisseau que l'on traverse sur un pont de bois, d'où l'on se rend au logement du directeur. Après les cérémonies •du premier -accueil de lui, de sa femme et des autres em- '^loyés, on se met en devoir de parcourir l'endroit. On se porta d'abord sur le ruisseau ; il descend des hauteurs des bois, est traversé de trois digues jusqu'à son confluent, qui forment autant de chutes. La première digue soutient les eaux pour le .service de la forge située au-des&ous. Au-delà est la seconde, où ces mêmes eaux appuyées font aller un martinet. Plus bas est la troisième qui retient de nouveau les eaux pour l'utilité d'im semblable martinet. De là, ce ruisseau va se confondre dans la rivière Saint-Maurice. A cha-

cune des retenues est une décharge aux eaux pour éva« cuer lors des grandes crues, le superflu au service des ditesforges.

"La forge et les deux martinets qui font l'objet de cet établissement sont situés à la rive gauche de ce ruisseau. I/on estime, en égard à l'abondance de ses eaux, à leur force occasionnée par la raideur de leur pente, qu'on pourrait établir deux autres semblables martinets à sa rive droite, et même im troisième entre la dernière digue et la. dite rivière.

"Les bâtiments affectés au logement des ouvriers sont situés sur le même côté des forges mais un peu éloignés;: ils sont plantés ça et là sans aucune sjonétrie ni rapport del'uji à l'autre; chacun a son logement isolé et particulier, de manière qu'il y a une quantité de maisons, ainsi que de couverts et appentis pour magasins aux forges, au charbon et aux fers, et d'écurie pour les chevaux, dont l'entretien par économie doit constituer une grande dépense.

"Le principal bâtiment est celui du directeur. Quoique grand, il ne suffit point à tous les employés qui ont droit d'y loger. Il ein coûterait moins au roi si tous les autres étaient rassemblés de même, néanmoins distribués en logements différents, tant pour la commodité de chacun que pour Paisance du service.

"Entré ensuite dans la forge affectée à la gueuse, onme fit la galanterie de couler un 'lingot d'environ quinze pieds de longueur sur six et quatre pouces de grosseur. Il n'y a pas grande cérémonie à cela ; quand la matière esi prête on ne fait qu'enfoncer une espèce de tampon et, pour lors, elle coule dans un canal formé entre deux petites digues de sable. Après cette opération, on me montra les poêles dessinés sur du saMe, prêts à être coulés. Daneu

l'instaut, l'un des ouvriers fut preudre une cuillerée pleine de matière et la renversa, bien doucement d'abord, dans les creux du dessin et ensuite jusqu^à hauteur des bords, de manière que le dessous étant en bosse le relief se trouve formé. Ces poêles se font par parties; il faut six pièces pour un seul; elles sont coulées sur des dimensions si précises qu'étant montées elles se joignent parfaitement. Les -plaques .pour les cheminées se font de même que les poêles. Leurs moules, à l'un et à l'autre, se font sur une table posée bien horizontalement et élevée de trois à quatre pieds de hauteur, de façon que l'ouvrier n'est point gêné à les travailler.

"L'on m'invita ensuite de passer dans un petit réduit où étaient .plusieurs moules de pots, de marmites et d'au; très ouvrages arrondis. Ils sont d'une oonstruction différente des antres; ce sont des fibres cubiques, carrées, en tous sens, construites en bois en forme de châseLs, contenues ■aux angles par des équerres de fer et revêtues en raaçonnenerie d'une brique d'épaisseur. On en oouk dans le moment de trois espèces en notre présence. On ne voit point, cxraime aux ouvrages précédents, fluer la matière dans les moules mais l'on doit aisément se figurer comme elle s'y répand dans l'intérieur -pour former la figure que l'on désire. Il n'y a d'autre attention à prendre à la fabrique de ces sortes d'ouvrages que d'avoir une cuillère assez grande pour contenir la matière nécessaire à la formation de chacun, ou si elle ne suffisait point d'en tenir une autre toute prête pour continuer la liaison.

"A la sortie de la fprge, entré dans un des martinets, ensuite dans l'autre. On n'y fait que du fer battu de différentes grosseurs. Il m'a paru que les ouvriers le travaillent avec la même célérité qu'en France et, dans chacun de ces

trois endroits, ils observent la oérémoni© de frotter les souliers aux étrangers ipoiir avoir de quoi boire (1). Oet établiseement t-st considérable. Il y a au moins cent vingt personnes qui y sont attachées. On ne brûle dans les fourneaux que du charbon de bois que l'on fabrique à une distance un peu éloignée de l'endroit. iLa niine est bonne, belle et assez ibette. Ci-devant on la tirait sur les lieux mais aujourd'hxii il faut l'aller prendre à deux ou trois lieues au loin.

"La régie de ces forges se fait par économie (2). On doit eentir de là qu'en égard à la multi;plicité des objets de dépense, s'il n'y a pas un homme à la tête entendu, droit et désintéresisé, il peut s'y commettre bien des abus. Entre autres employés, le roi y entretient un récollet à ^itre d'aumoiiier(3).

"(Le fer est estimé au-^dessus de celui d'Eepagne. Il se débite à Québec dans les magasins du roi, au prix de vingtcinq à trente francs le cent pesant, et il m'a été assuré que BUir le registre de la vente il n'y était porté qu'à doxLze framca dix eous.

"Si l'on veut une plus grande connaissance de ces for-

1. Lee ouvriers des Forgées allant en ville à pied (pour assister à la messe du diTnanobe) portaient à la main leurs chaussures oirées avec de la mine et ne les mettaient qu'à la descente du grand coteau où commence la rue des Forg'es. Très sodgmeux de leur toilette, ils avaient des habits propres et bien taillés, des chapeaux frais, du Jing'e immaculé et l'on connaissait à cette t^nue les "gens des Forges". Il en était encore ainsi vers 1850.

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