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"Je prends la liberté de me rappeler à votre souvenir, car je réside en Belgique depuis un certain temps, et je viens solliciter votre attention au sujet de monsieur Thomas, des Trois- Rivières, qui est un des plus respectables et des plus anciens serviteurs de Sa Majesté. Je l'ai bien connu alors que j'étais en Canada. L'affaiblissement de sa vue l'a obligé à remettre une partie de ses charges publiques. Par votre entremise on pourrait lui procurer quelque rénumération pour ses services et des moyen* de support sur ses vieux jours. J"ai lieu de croire que, d'après les changements qui se sont produits dans le Bas-Canada, il n'a pas reçu l'équivalent des positions qu'il a dû abandonner. Il est dans la nécessité. J'espère donc que, pour me faire plaisir, vous examinerez ses réclamations sans retard et que vous ferez votre ]»ssible pour lui venir en aide le plus libéralement que faire se peut, c-e que je considérerai comme une obligation personnelle, parce que je connais la valeur de M. Thomas. Je suis heureux de profiter de cette occasion pour vous témoigner mes sentiments d'amitié et de considération."
Je ne saurais dire ce qui résulta de cette chaude rec-omman dation du prince en faveur de Thomas. Parlons des enfants de ce dernier:
Les deux aînés, Henri et Gusitave- Adolphe, ont dû naître à Québec avant 1T90 puisque, en 1813, ils étaient officiers dans l'armée anglaise.
Le troisième, Louis, naquit aux Trois-Eivières le 5 mai 1795 et y fut ba^ptisé le 15 avril 1796, dans l'église protestante, par le Eév. J. Mountain. Le père est cité alors comme protonotaire. La marraine est "Charlotte Aubert, veuve du marquis d'Albergati ;" et le parrain: "Hippitite Hertel. Esquire" lequel signe: "H. Hertel, Lient. R. C. V." (Royal Cauadian Yolunteers). Partout ailleurs, cet officier est nommé
Hypolite et non pas Hippitite comme l'écrit M. Mountain. L'enfant avait dix-sept ans lorsque le 29 avril 1812, sir Greorge Prévost lui c-onféra le grade d'enseigne-aide-major du 3e bataillon de la milice, ou division de la Xouvelle- Beauce. Le 25 avril 1815, sir Gordon Dnumnond le fait capitaine et adjudant en paie de la 2e division de la milice sédentaire de Lotbinière. Le 13 mars 1818, ce Louis-Aubert Thomas est commissionné encanteur du roi du district de Québec, en place de "William Bum résignataire. Il était déjà à la tête d'un certain commerce, d'après ce qui suit:
Le 17 février 1806, Charles Thomas, protonotaire, s'était fait accorder par le bureau des terres un lopin de trois cents arpents dans le canton d'Acton sur la rivière Bécancour. Il le vendit cent cinquante louis, le 21 janvier 1818, à son fils Louis-Aubert Thomas "négociant à Québec." Je constate que non seulement le fils acquitta cette dette sous peu d'années mais qu'il y ajouta une somme de quarantequatre louis pour aider son \iexix père.
Le 2 septembre 1821, il épousait Charlotte, fille du lieutcolonel Tassai de 'Monviel, adjudant général de la milice. Un fils issu de c-e mariage a vécu jusqu'en 1878. Louis-Aubert Thomas mourut à Montréal le 21 septembre 1852; sa femme Charlotte Tassai décéda à Boucherrille le 11 juin
Dans le Mercury du 20 septembre 1832, il y a l'annonce du décès de Henry Thomas, lieutenant à demi paie des Toltigeurs Canadiens, survenu aux Trois-Rivières le 14 du mois.
L'acte de sépulture de "Charles Thomas, protonotaire," aux Trois-Rivières, est du 11 mars 1826. Il était décédé le 8. Ses fils Henry et Richard se trouvaient présents. Nous
savoas que, depuis 1814 au moins, il n'était plus protonotaire (21). J'ignore quand mourut sa femme.
Tout ceci eist bien long pour parler d'un simple individu, mais les chercheurs et les curieux y trouveront quelques renseignements sur les hommes et les choses du passé. En histoire, rien n'est inutile,
Charles Thomas n'est pas connu. A la lecture de son nom dans un document de la cour de Québec, M. Joseph- Edmond Eoy, qui sait par coeur l'histoire des notaires et des avocats, s'est dejnajidé d'où sortait celui-là, donc je suis justifiable d'en parler, car d'autres se demanderaient aussi quel était ce personnage.
L?i grande histoire est aisée à faire : on tire le*? lignes principales, qui presque toujours se dessinent d'elles-mêmes, et on reste sur les crêtes, les hauteurs, sans descendre aux détails. Ce qui manque partout c'est la connaissance de ce qui n'est pas une grande ligne — ^mais cette connaissance faisant défaut, nous n'avons que le superficiel. Or, je veux tout savoir, cà commencer par en bas. Les historiens ont horreur du détail. Grand bien leur fasse !
23 décembre, 1897.
21. En 1824, Charles Tliomas était commissaire pour l'érection civile des paroisses et la consitructon deâ églises, presbj-tères et cimetières. {Les l'rsuUnes des Trois-Riridres, Vol. 3, p. 415).