‹ Mélanges historiques (volume 3)Chapitre 29 sur 68 · LES BOUEGEOIS DE LA COMPAGNIE DU XOED- OUEST, PAE L.-E.MASSOX · texte numérisé non relu

LES BOUEGEOIS DE LA COMPAGNIE DU XOED- OUEST, PAE L.-E.MASSOX

Ce volume vient de paraître (1889). Il vaut la peine qu'on en parle. M. Masson l'a donné au public pour satisfaire la curiosité qui se dirige, de plus en plus, vers les choses du passé dans notre Xord-Ouest. A présent que nous possédons ces vastes territoires, le désir d'en parler grandit tous les jours. Es ont des annales, ces pays oubliés et trois ou quatre fois retrouvés. On désire les connaître, et quand on les connaît on s'y attache. Le fait d'avoir parcouru les plaines où passent à présent des chemins de fer et d'en avoir indiqué par des postes de traite les sit.es d'importance, est à l'honneur des hommes d'autrefois. Tout le grand nord réclame de son côté une foule d'explorateurs canadiens et européens qui ont parcouru ses limites et connu, les premiers, les richesses qu'il recèle.

M. Masson, possesseur de la correspondance échangée entre trois ou quatre des principaux Bourgeois de la Compagnie du Xord-Ouest, nous donne aujourd'hui, non seulement des extraits de ces lettres, mais y ajoute des explications et des commentaires précieux. C'est une oeuvre d'historien. Il envisage la question de la traite, il y a un siècle et plus, comme il faudra que nos écrivains la regardent toujours lorsqu'il s'agira de ce qui était alors la future conquête (pacifique) du Canada.

Commençant par le trafic des fourrures, la civilisation s'introduisait dans ces régions éloignées des vieux centres du

1. ^rontréal. 1SS9. 1er roL IX-413 pages et 2e toL VI-499 pages, in-S.

LES lîOrrcGEOlS DE LA CIE DU XOItD-OUEST 53

Bas-Canada. Plus tard devait venir l'agriculture et toutes ses conséquences. M. Masson nous montre l'époque où les trafiquants français ayant depuis plusieurs années abandonné le terrain, une compagnie, composée surtout d'Ecossais, entreprit de rétablir les anciens courants et ouvrit enfin les portes de ces contrées sauvages au commerce de nos jours. Les Bourgeois des pelleteries et les Bourgeois du bois, que nous avons connus dans nos rieilies provinces, n'étaient ni plus ni moins que l'avant-garde de la civilisation, pénétrant l'inconnu, la barbarie, l'insondable et l'impossible, suivant la croyance commune en ce temps-là.

Le livre en question est excellent, en ce sens qu'il nous instruit. Il a de la couleur. Ceux qui aiment l'histoire le liront et le consulteront. Les pièces nouvelles qu'il renferme le rendent précieux. Cette longue et grande lutte de la Compagnie de la baie d'Hudson contre la Compagnie du Xord-Ouest, qui a tant embarrassé les esiprits, s'y trouve tracée et indiquée d'une manière précise. Plus de doute. Si les deux forces en jeu voulaient la domination du 'Xord-Ouest, la compagnie dite du Nord-Ouest avait seule le droit de porter ce titre 'puisqu'elle était le sentiment canadien. A elle seule la gloire de personnifier le Canada. Tout mercantiles que fussent ses desseins, elle entamait la sauvagerie et préparait notre monde actuel aux grandes choses qui se sont accomplies.

•La baie d'Hudson n'était que le refuge de marchands. La ligne de déliimitation historique et morale est dans ce sens. Il est bien vrai que la Compagnie de la baie d'Hudson a pris le dessus à la fin, mais qu'est-ce que cela prouve? que l'intérêt matériel a prévalu à un certain moment ! D'autres intérêts, plus généraux, plus humains, devaient un jour revenir à la surface et rendre ces pays à la civilisation.

Le ISTord-Ouest a plusieurs histoires, selon que la date

Page 1