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LES MARCHES DES TROIS-EIVIERES

Paris ne s'est pas bâti en un jour. La ville des Trois- Riyières peut invoquer ce dicton populaire pour répliquer aux hâbleurs coaume aux intéressés, qui seraient tentés de lui chercher noise, parce qu'elle ne possède pas encore un marché comiparable à ceux des nlles de l'ancien monde. En attendant ce moment fortuné, constatons que l'esprit actif des édiles trifluviens, les porte à reconstruire entièrement à neuf, l'édifice que nous avons baptisé du nom de "^larché aux Denrées'-. La cérémonie de la pose de la pierre angulaire vient d'avoir lieu, c'est le temps d'écrire, au courant de la plume, quelques souvenirs sujets à s'effacer de la mémoire des hommes.

Da municipalité appelle le .photographe pour transniettre à la postérité, l'image du vieil édifice, — je vais tout uniment essayer de redire à mon tour, les transformations et les rares événements qui se sont accomplis, depuis près de deux siècles dans les marchés de la ville des Trois-Rivières.

Une ordonnance de l'intendant Michel Bégon du 15 JTiililet 1722 porte que le juge Godefroy de Tonnancour aj-^ant demandé au nom des habitants des Trois-Rivières l'établissement d'un marché dans leur ville, qui serait ouvert chaque

1 Brochure pmbliée sous le titre: les MnrclH''s de la ville des Trois-Rivières. Notes historiques reeueillies par Bevjamin Suite et publiées, aux Troi^-Rivières, dans le Constitutionnel, le 16 octobre, 1868. L.-<A. Bergeron, le Constitutionnel. Trois- Eivières, 1S68, in-16, 32 ipag-es.

Une note pJacée aii bas de la première pasre de cette plaquette devenue fort rare maintenant, nous informe qu'une copie imprimée sur parchemin a été dé<posée dans la pierre ansrulaire du nouveau marché, lors de la cérémonie publique qui a eu lieu à l'occasion de la pose de cette pierre, le 16 octobre, 1868.

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vendredi au bond de l'eau vis-à-ris la rue Saint-Louis^ l'autorisation nécessaire est accordée. Il est stipulé que les gens de la campagne de\T:ont y vendre leurs denrées et non pas dans les maisons, sous peine de trois francs d"'aimende. Les cabaretiers ou hôteliers n'achèteront pas avant huit heures du matin, sous peine de trois francs d'amende. Ces amendes seront payables à l'église (3).

Après cela, d'aussi loin que les documents que j'ai consultés se reportent en arrière, l'endroit de notre ville où se réunissaient vendeurs et acheteurs de comestibles, est celui que recouvrait, vers 1868, la maison de M. John Tumer, marchand de chaussures, coin des rues Craig et du Platon, côté ouest, et la maison suivante, propriété de M. Jacques Naul't, épicier, rue du Platon. C'était en 1791. La rue Craig n'existait pas, des jardins occupaient l'emplacement où nous la voyons. Quant à la rue du Platon, elle était bordée de quelques maisons, dont les propriétés de M. Olivier Boudreau, pilote, et de M. François Rocheleau, marchand tailleur, toutes deux du côté nord, étaient les seules visibles dans ma jeunesse.

Je parle de longtemps, mais je puise à bonne source et non ailleurs. La tradition ne nous a rien tranamis de très ancien relatiyement à l'existence des places publiques affectées là l'usage du marché des Trois-Eivlères. Mes renseignements commencent avec le recueil des procès-verbaux de la *'Cour Générale du Quartier de Session de la Paix" qui s'ouvrent à la date du 14 décembre 1790. L'obligeance du greffier de k paix, M. L.-U.-A. Genest, m'a été très utile dans mes recherches. Dans le greffe de la Corporation j'ai

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