‹ Mélanges historiques (volume 3)Chapitre 49 sur 68 · LES BOUEGEOIS CE LA CIE DU XORD-OUEST · texte numérisé non relu

LES BOUEGEOIS CE LA CIE DU XORD-OUEST

mier Yolume de M. ^tlasson. Le second volume est pour le moins aussi intéressant. Qu'on le lise. Qu'on lise aussi les ouvrages (27) du juge Prud'homme, de Saint-Boniface, sur le Nord-Ouest de 1?80 à 1869. Ces deux auteurs ne laissent plus rien à dire; je n'oserais entreprendre de marcher sur leurs brisées (28).

La lutte se poursuivit jusqu'à 1820 entre les traiteurs; l'abondance des faits qui nous sont révélés ne peut être bien entendue que par l'examen de tous les détails. Nous ne sommes plus au temps où M. Masson nous conduisait dans l'inconnu. L'étude de cette histoire est faite et imprimée. L'objet de mes articles de 1889 était d'attirer l'attention sur cette mine historique, mais à présent, la mine ayant livré ses richesses, ma mission n'a plus de cause, j'y renonce.

Que sont devenus les papiers que M. Masson m'a fait voir? Il y en avait au delà des deux volumes en question. Je citerai entre autres pièces un gros cahier d'un nommé "Wensell qui a copié d'une main adroite les chansons des postes du Nord-Ouest, avec la musique. C'est un bijou. Il faudrait le mettre au jour. Et combien de lettres, de rapports, de bordereaux de paye j'ai vus dans cette collection d'où sont sortis seulement deux volumes ! J'ai bien regretté dans le temps de ne pouvoir publier tout cela. Il n'est pas trop tard pour exécuter ce projet — mais je passe la main au^ jeunes travailleurs.

1er mai 1919.

27. Quatre ou cinq brochures et de noTubreux articles de revues et de journaux.

28. X'oublions pas de mentionner les très mt-êressanfs ou- Tragies de l'abbé G. Dugas et du Père Morice qui sont une mine de renseignements div.ers sur les hommes et le« choses de l'Ouest

-<ï.anadien depuis les temps les plus reoulés jusqu'à nos jours.

voYACEur.s ]-:r ho-MiMes de cages ss

En 1806, une cage de bois sortit de la Gatinean. Elle appartenait à Philémon Wright (1). C'est la première qui ait flotté sur l'Ottawa et le Saint-Lanrent jusqu'à Québec. Les hommes qui montaient cette cage ina«uguraient un commerce important pour le Cainada. La traite des pelleteries avait été à peu près notre seule exportation jusque-là. L'entreprise de M. Wright se raisonnait par l'état des affaires en Europe. Les flottes française et espagnole combinées occupaient %s mers, gênaient partout 'le commerce de la Grande- Bretagne, et surtout empêchaient celle-ci de tirer des bois de construction de la Baltique, son principal marché d'approvisionnement sous ce rapport. L'automne de 1805, la bataille naval? de Trafalgar venait de relever le prestige de la marine anglaise, mais savait-on en ce moment si lîTapoléon, par un d? ces coups de foudre qui lui étaient familiers, ne reprendrait pas l'empire des mers ? Or, des bouches du Saint-Laurent à celles de 1p« Tamise, aucune croisière n'avait encore été établie. M. Wright se disait que rien durant l'année 1806 ne dérangerait ses plans d'opération, puisque l'empereur des Français s'occuperait principalement des côtes de France menacées par les naivires de guerre de sa rivale. Tl avait vu juste. Nos bois entrèrent sans encombre dans la Tami-e et servirent à restaurer les vaisseaux que l'on destinait à la prochaine cam-

1. Voir Philâmnn Wriqht on Cnlniùxnfinn et cnmmcrcr de hoift. i>nr .T. s.'pli Tassé, ^fontréal, 1871. Aussi 1c Pays laurcnticil, novembre 1918.

Si ^'OYAGEUES ET HOiBtES DE CAGES

pagne (2). M. Wright continua son commerce au fort de la tourmente et réalisa de beaux bénéfices. C'est le fait d'un homme de génie. Il se fut arrêté certainement s'il eût vu les Français surveiller ses mouvements, loais TEurope absorbait l'attention du conquéra»nt français. Nos hommes de cages sont nés durant cette période si mouvementée, si passionnée, isi changeante, de 1806 à 1815.

Les fils des cultivateurs du Canaiia français se mirent à conper les arbres de la forêt primitive et à conduire des radeaux gigantesques sur le grand fleuve. La vie des forestiers devint la poésie en pratique pour ces gens résolus. Ils y prirent goût et se mirent à la chanter à leur manière : Xos poètes la célébrèrent à leur tour. Crémazie en a parlé :

Dans la forêt et sur lai cage, Nous étions trente voyageurs,

imitant de trop près les strophes de Victor Hugo:

Dans la galère capitane,

Nous étions quatre-vingts rameurs;

mais c'est égal. Les 'Canadiens ont pris cela comme du bon argent, parce que le tout est nature et local.

Il y a en effet de la véritable poésie dans cette existence du forestier canadien et du flotteur de bois. Qu'import 3 que l'Académie française ne reconnaisse pas le terme ''cage" ?pp'iqué par p>o{u à ces trains de bois. Cages ils sont, et •cages ils doivpnt rester. Le mot "cageux" que nous employons au lieu du mot crih est le diminutif de "cage"; il

2. Observons ici qu€ Napoléon ne chercha jamais à bloquer Le fleure Saint-Laurent ; peut-être n'en comprit-il pas l'importance.

VOYAGKL'ÎIS ET KOMiMES D-E CAGES 85

signifie petite f^ags. Nous avons bien le droit de créer Pexpression dans 1^ deux cas, ayant fait la cho?e, telle qu'on ne la fait pas ailleurs. De tout droit et en justice, notre autorité connaissante vaut plus que l'ignorance des membres de l'Académie.

C'est entendn: ''cage" et "cageux"' passeront à la postérité.

Qui dit '^•'voyageur canadien" dit nomade. Il ne faudrait pourtant pas prendre ce dernier mot dans toute son accsption, car nos voyageurs ne sont nullement une classe dont l'existence entière est consacrée à la vie errante et au hasard des déplacements, passants d'une contrée à une autre comme s'ils n'avaient pas de patrie.

Lse jeune homme quitte sa famille, il s'enfonce dans la forêt, aux gages d'un entrepreneur de coupe de bois; il reparaît de six mois en six mois parmi les siens, dépense parfois tout son avoir en ces occasions, mais le plus ?ouve:Dt il épargne de l'argent et finit par ^-e marier. Autant qu3 possible, il retourne auprès du clocher d? son village. C? n'est point là le fait d'un vagabond.

D'où est venu le terme "voyageur"? Il a été créé alors que les Canadiens entreprenaient les voyage? des "pays d'en haut", il y a deux siècles. On engageait pour ces expéditions des hommes qui savaient conduire les canots et camper sans misère le long de la route. Ceux-là étaient des •'•'voyageurs" — c"e.?t-^à-dire sPi^hant faire un voyage sur les rivières et le« lacs du Canada. Un bon nombre d'entre eux ont marqué leur carrière par des exploits qui les ont rendus célèbres en leur temps. Il fallait être solide et courageux pour affronter les périls de ces courses lointaines, où plusieurs

laissaient leur pean, par Jiiite des difficultés du tr8«jet, de l'attaque des Sauvages, ou des maladies que la famine engendrait. Xous avons tous eu des voyageur; de ce genre dans nos faimilles, et c'^est pour nous une gloire. Je le dis hautement: "".es fils des voyageurs sont les descendant-» d'hommes qui ne craignaient rien et qui ont fait une nation sans pareille au monde. Nous sommes en effet sans pareils, car tout s'sst combiné pour nous abattre et nous faire disparaître, sans que nous ayons songé à un plus beau titre parmi nous que celui de fils de "voyageur'". J'aime autant appartenir à la classe d?s voyageurs qu'à n'importe quelile autre.

Vous me direz que le voyageur d'à présent n'est pas le même que celui d'autrefois. En quoi voyez-vous la différence? Est-ce que le voyageur actuel ne finira pas par s'établir et fonder une famille ! Mais oui ! Qu'il ait servi les anciens marchands de fourrures, ou qu'il serve de nos jours les ma»rchand3 de bois, qu'est-ce que cela fait? C'est le même homme et c'est la même destinée. Il devient, aujourd'hui comme il y a deux siècles, un habitant cultiva^it sa terre et conservant l'idée canadienne. C'est un membre de la Saint-Jean-Baptiste et un souscripteur aux Mélanges historiques.

'M 'M ^ Un Français de France ne comprend pas le sen<! que nous attachons au mot "voyageur"; il saisirait mieux le terme ''forestier". On peut aussi employer le qualificatif ''flotteurs" parce que ces hommes flottent les bois qui descendent les rivières (3). Distinguer entre forestiers et flotteurs n'est

.3. Pour le transport des bois par ean, lorsqu'on les laisse flotter à la dérive, l'Académie française admet le ternie "flottage"; les oinriers qui travaillent au flottage, soit en construisant ou en dirigeant les trains de bois, sont nommés "flotteurs"

voYA(;t:rKS i-:r homaîks uk cagks s?

pas f&cile attendu que les deux font la paire et se ressemblent comme des frères jumeaux. C'est le même monde, la même vie. Un forestier qui devient flotteur (driver en anglais) est un voyageur parf2*it, car il a pris part à l'abattage des ftrbr?s, les a débités en billots de la longueur prescrite et il le3 chasse de lac en lac, de rivière en rivière, au devant de lui, à la manière d'un berger qui mène son troupeau — seulement la drave (4) a ses périls et ses fatigues, qui ne sont pas bagatelb, je vous prie de le croire ! ,

Si le voyageur court le monde, s'il endure follement misères et dangers, il n'en reste pais moins fidèle à la patrie et constamment animé du désir de reprendre ses occupations paisibles au sein de la paroisse où i'I retrouvera ses affections d'enfance. C'est donc un mouvement d'émigration qui part du sol natal, mais qui y retourne. Les exceptions 'seules ont fait croire à notre instabilité. Nos forces s'éparpillent moins que nous le croyons. La» liste des absents nous semble longue, vu le petit nombre des Canadiens-français comparés aux nationalités qui nous environnent.

Xous avons aujourd'hui :

lo. "L'homme des chantiers," qui finit par se mettre à la culture de la terre ou journa»lier dans les villes.

(Larousse, Guérin, Beschcrcllc) . Le flottage des bois en France a en une certaine extension passagère. Ce genre de navigation parait avoir été imaginé vers 1547, par Charles Leconte, mais il ne fut mis en oeuvre d'une façon pratique qu'en 1549 par un bourgeois de Paris, Jean Kouvet. Le commerce des bois de Paris a placé son effigie sur les médailles et jetons de la compagni* formée à cette fin.

4. Le terme "drave" ne semble jxis être connu en France. Les dictionnaires ne le mentionnent pas, d'ailleurs.

S8 VOYAGEUES ET HOMCMES DE CAGES

2o. "Les voyageurs de l^Ouest/' qui ne se recrutent presque plus daus la province de Québec, mais descendent de nos familles établies autrefois a»u-delà des grands lacs. Ils continuent la tradition des voyageurs qui, avant les chemins de fer, les bateaux à vapeur, les canaux, les télégraphes électriques, fréquentaient FOttawa, le lac Xipissing, la Kaministiquia, la Eivière-Eouge et le Mississipi. Parfois, ils restent toute leur vie au service des compagnies de traite ou des négociants qui les emploient. Le plus souvent, ils se marient et s'établissent. Quelques-uns mènent l'existence isolée et périlleuse du "trappeur" décrite par les romanciers.

L'"Eg}'pte, la Guinée, le Natal, la Papouasie, les Philippines, le Tonkin, le Thibet ont reçu la visite de nos voyageurs, en quête de nouveautés.

Au Soudan, ils achètent des bêtes féroces pour le compte des ménageries et des cirques de l'Amérique ou de l'Europe. Au Thibet, ce sont les pionniers des chercheurs de mine. Dans le pays de Cetewayo, ils deviennent de parfaits zoulous — temporpirement.

Ceux qui s'arrêtent et se fixent loin du vieux Canada semblent perdus pour nous, car ils ne reparaissent plus dans la province de Québec. Il y a, néanmoins, une certaine consolation de savoir qu'ils conservent notre caractère.

Qu'un voyageur canadien se lance dans les expéditions les plus lointaines, il garde sa marque distinctive. Celui-là ne revoit pas toujours la maison. Les glaces de la baie d'Hudson le connaissent ; les plaines de l'Ouest deviennent ses terrains de chasse; la région pastorale des nouveaux Etats américains l'attire — qu'importe! il reste ce qu'il était: bon sang ne peut mentir.

Plusieurs de ces vigoureux explorateurs ont fondé des colonies, des grandes villes mêmes, et partout ils portent ce

cachet français, cette gaîté de tous les instants, ces aptitudes si diverses, cette connaissainee et ce mépris du danger que les races étrangères saluent avec surprise à leur tour dans les contrées nouvelles sur les pas de nos voyageurs. On dirait que cette poignée d'hommes cherchent à exécuter, par instinct, le vaste programme de Champlain, Richelieu, Colbert, Talon, La Yérendr}-e, VaudreuLI, Beauharnois et quelques autres qui voulaient donner toute l'Amérique du Xord à l'élément français. Ils personnifient le passé du Canada, malgré le renversement de notre ancienne puissance. Ils vont toujour» do l'avant, comme un boulet lancé avec force et qui n'a rien perdu de son impulsion initiale.

Encore une fois, ce ne sont point de vulgaires aventuriers. Vous ne les voyez pas, à la façon de ces derniers, faire le tour du globe et laisser leurs os dans quelque coin ignoré du désert »ans avoir rien accompli de durable. Non ! ils partent tout d'abord pour essayer leurs ailes; il faut le grand air à leurs poumons robustes; ils aiment "la vache enragée" qui inspire la sagesse — ensuite, un beau jour, les voilà arrêtés dans un lieu qui les a séduits et auquel ils ne demandent pas une «xistence paresseuse, eoyez-en persuadés !

Les voyageurs établis sont actifs, ayant connu le travail, ils savent ce qu'il vaut. Et puis, ils ont l'art de se faire respecter. On ne moleste pas impunément un ancien voyageur.

Parlons d'autre chose du même ton ou, si vous aimez mieux, de la même chose, mais de façon différente.

La Jeannette vient de partir (18T9) de San-Francisco pour se rendre au pôle nord. Ce voyage intéresse beaucouip le monde savant. Les chefs de l'entreprise, comptant sur

l'expérience acquise par leurs prédécesseurs, et sur les ressources que la science a su produire dans ces dernières années, croient pouToir oser plus que les anciens explorateurs.

Combattre les glac-es, le froid, les mille misères des régions arctiques, dexient de jour en jour une tâche moins effrayante, d'abord parce que les vieilles habitudes des Toyageurs et les préjugés disparaissent, ensuite parce que la pratique de toute chose rend parfait, selon le proverbe américain.

L'idée de partir du Pacifique, au lieu de suivre l'ancienne voie de l'Atlantique, est déjà assez significative. En s'élevant au nord, la Jeannette traverse le détroit de Behring, ces colonnes d'Hercule des temps modernes, et bientôt elle voguera sur la mer libre à une latitude où l'on ne parvient, par TAtlantique, qu'en affrontant les banquises et l?s courants les plus mal notés-

Xe doit-on pas s'étonner que, pour ces expéditions hasardeuses, on emploie des hommes tirés de pays si peu en rapport avec les contrées septentrionales ? Ceux qui font autorité en ces matières soutiennent que chaque fois qu''on a enrôlé des équipages dans le nord, il a été impossible d'en obtenir Dn service intelligent. Ceci veut dire en deux mots que les populations du nord de FEurope ne sont pas aptes à sortir de chez elles. Leur ignorance n'est pas une nouveauté. Adonnées à la routine et aux seules habitudes de leur pays, elles sont incapables de se mettre à la hauteur d'une entreprise qui exige des connaissances variées — de l'éducation. Elles ne peuvent servir qu'à titre de mercenaires, tandis qu'il faut en quelque sortie des coopérateurs.

On est surpris que la voie du Pacifique n'ait pas été adoptée avant aujourd'hui comme la plus praticable pour ces expéditions. Il faut aussi se demander pourquoi la science n^est pas allée chercher, parmi les habitants civilisés de l'A-

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mérique, les qualités propres à faire réussir ses grands projets. Etant donné le principe qu'une intelligence cultivée est de rigueur chez tous les individus qui composent une troupe d'élite de c-e genre, on s'est trompé dans le recrutement, on a fait fausse route en se rabattant sur les pays méridionaiLs.

Or, il existe en Amérique une population qui parle toutes Iles langues, qui a découvert et colonisé le nord du continent, qui est par excellence voyageuse et aventureuse, et qui a connu les secrets de ces régions éloignées avant les Européens. Ajoutons qu'elle est douée d'une force physique supérieure à la pluipart des races humaines: ce sont les Canadiens-français.

Parlant le français dans la province de Québec, l'anglais dans Ontario, l'ailgonquin, le sioux et les autres langues inidiennes dans les plaines de l'Ouest, le chinois et le chinook daiLS la Colombie-Anglaise, le russe dans l'Alaska, ces hommes sont bien les descendants de ceux qui ont les premiers parcouru ces vastes territoires. La civilisation s'étonne de les apercevoir (partout à son avant-garde, et nous pouvons nous écrier avec ie Père de Smet: ''Où las Canadiens-français n'ont-ils pas pénétré!" Ils ont franchi le désert avant les envoyés des rois ; leurs huttes marquent encore l'endroit où a commencé chaque grande ville et le lieu où se bâtiront les métropoles de l^venir. Ils savent cent métiers. Ils n'ont peur de rien. L'imprévu est 'leur domaine- Demandez-leur de créer des ressources, ils en trouveront. Toujours sûrs d'eux-mêmes, ils marchent vers l'inconnu sans se préoccuper si on les suivra. Ce sont ces homunes que Mackenzie, Simpson et Fr?»nklin ont clioisis pour leurs expéditions mémorables. Franklin, celui d'entre eux qui a le plus loin ipoussé au nord, n'avait avec lui que des Canadiens-français. Quant il a voulu retourner dans ces régions inhospitalières, l'Europe lui a im-

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posé im équipage presque exclusivement étranger à nos climats. Ils n'en sont pas reremis.

^Maintenant, la tâche est à reconmiencer. Qu'on réfléchisse à c-eci: rendus à l'endroit où les courages européens faillissent sous les effets de la neige, du froid et de la solitude, les Canadiens-français sont parfaitement à l'aise. Cette nature difficile, ces obstacles qui épouvantent les hommes du midi, ils se font un jeu de les vaincre parce qu'ils les connaissent de longue date. Avec de pareils hommes on peut aller au bout du monde (5)'.

11 septembre, 1879.

5. Après la publication de cet article, on apprit que le Toyage de la Jeannette s'était terminé par une catastrophe dans les glaces. Le capitaine J.-E. Bernier, arec des Canadiens de son choix, irait plu.s loin sans trop de misère. Et puis, le pôle nord, c'est chez nous, au bout de nos terres !

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