‹ Mélanges historiques (volume 3)Chapitre 53 sur 68 · XI. 'Défense de Tendre ailleurs que sur le marché · texte numérisé non relu

XI. 'Défense de Tendre ailleurs que sur le marché

XII. "Le poisson apporté sur le marché devra être exposé sur de la paille, des branches d'arbre ou des écorces et le vendeur est tenu de remporter ces lits hors de la Tille."

XIV et XV. "TouToir au clerc du marché de confisquer les mauvaises viandes." Cette disposition subsista pendant plusieurs années.

Vers 1800, une Sauvagesse fut tuée auprès de ces étaux, dans une bagarre entre gens de sa, nation.

Une amélioration, prescrite par l'article VIII, n'apparut qu'une ou deux années après. C'était une balance que l'on installa au milieu de la place. La charpente qui la soutenait n'avait pas la moindre apparence d'architecture: deux simples poteaux supportaient une forte traverse de bois, et le ciel couvrait le tout.

Le 15 septembre 1792, les juges de paix font défense aux gens de la campagne de vendre aux commerçants avant dix heures du matin. Le 30 a\Til 1795 autre règlement : les bouchers pourront vendre de la viande chez eux, les dimanches et fêtes avant huit heures et demie du matin, mais

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la viande qui reste doit être reportée au marché chaque fois, nonobstant que les bouchers n'ont la permission de paraître sur le (marché que tous les quinze Jours. Par un acte du greffe de la paix du 30 octobre 1797 on voit que le mesurage du bois de corde se faisait sur la grève par le clerc du marché.

Comme organisation, les règlements déjà cités sont plus complets. Il y avait obligation de faire étalonner par le clerc du marché les poids et mesures; les bouchers payaient un loyer de banc d'un louis par année; ils devaient être assidus les jours de marché. Défense était faite de vendre par la ville ce qui devait s'apporter au marché. Les mauvaises viandes étaient confisquables, etc. On ne rerjrochera pas aux juges de paix trop de rigueur dans l'exécution de certains articles. Celui, par exemple, qui concerne les poids (t mesures ne fut mis en force que le 19 janvier, 1796, dans le Palais de Justice même, où les vérifications eurent lieu en présence des juges de paix.

Si je ne me trompe, l'a Place d'Armes, qui se trouve indiquée sur des cartes manuscrites de 1685 et de 1704 que j'ai en ma possession, dût être le marché de la ville, dès ses commencements (4) . C'était le point central du groupe de maisons appelé le fort des Trois-Eivières, qu'entourait une palissade de pieux. Naturellement, si Ion remonte plus loin, il faut penser que la grève dut être le poste de traite où se firent d'abord les échanges avec les Sauvages. Les canots

4. Dans l'édition de 186S, il est dit que le carré situé devant le Palais épi'scopal, se nonamait, en 1791. la Place d'Armes, et que ce lieu était le marclié dit de la Eaute-Tille qui serrait de marché au foin, aux animaux et au bois A la suite de la découverte de nouveaux documents concernant cette place publique, M. Suite nous avoue que cette partie est incorrecte. D'ailleurs, comme nous l'avons déjà dit. le texte des Mélanges historiques corriore souvent les précédents et devra à l'avenir être consulté comme supérieur au point de vue historique.

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abordaient au pied du Platon, dans une anse de peu d'étendue que représente maintenant l'ouverture laissée entre le qaai de la Corporation et celui de la Compagnie du Ri<:-helleu, au pied du Boulevard Turcotte. Depuis 1857, le marché au pois-son y est transporté. Une fois les environs de la ville colonisés, la Place d'Armes a dû servir de rendez-vous aux gens de la campagne qui apportaient des effets pour les vendre dans la ville.

Le marché de la rue du Platon (1791) était désigné comme le marché de la basse-ville. L'on y offrait en vente, aux termes des règlements, tous les produits qui n'étaient pas spécialement nommés dans la liste de ceux qui devaient être portés sur l'autre marché. Le poisson devait reposer sur des écorces, de la paille, ou des branches d'arbres, mais on ne cessa pas d'en vendre sur le rivage. Du premier mai au 10 juillet, 1796, la ville étant dépourvue de boulanger, l'on penmit aux habitants de la campagne d'y vendre du pain qu'ils fabriquent eux-mêmes.

Les juges de 'paix qui signèrent les règlements du 25 juillet, 1791, se nommaient: les chevaliers de Niverville et de Tonnaneour, Jean-Baptiste Badeaux et William Grant. Les personnes dont les noms suivent étaient au?si juges de paix, mais elles ne siégeaient pas ce jour-là : A. Lefebvre de Bellefeuille, Nicolas Saint-^Martin, Georges Dame, Eobert Brj'don, Pierre Cressé, le colonel ^lorris, Pierre Saint-Cire et Jean- Baptiste Perrault.

Il est peut-être nécessaire d'indiquer l'origine des éléments qui constituent aujourd'hui la Corporation des Trois- Rivières.

■ Immédiatement après la conquête, la ville fut gouvernée par le commandant des troupes de la place, qui s'assemblait

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tout fin seiil ayec son secrétaire pour dicter des ordonnances destinées à faire le bonheur de nos pères. La machine pubKque marchait comme sur des roulettes. . . mal graissées, mais il paraît qu'en ce temips-là nous aurions eu mauvaise grâce de nous formaliser des agréments d'un régime aussi paternel. Vint ensuite l'institution des juges de paix. Leur pouvoir embrassait à la fois l'administration de la justice et celle des affaires concernant la ville. Leurs séances avaient lieu dans le Palais de Justice, — l'église anglicane (en 1868) — on y décidait, entre deux causes, les questions qui sont du ressort des corporations 'municipales.

Antérieurement à 1801, les habitants de la ville élisaient annuellement trois s3Tidics pour gérer les affaires de la commune des Trois-Rivières. En 1785, furent élus: Modeste Pratte, Jean Doucet et John McPherson.

Le premier juin, 1801, en vertu d'un acte du parlement provincial en date du 8 avril précédent, furent élus: François ISToiseux (5), président, Eobert Bn^don, Jean Doucet, Modeste Pratte et Joseph Badeaux, syndics, composant la nouvelle "Corpomtion de la Commune." Benjamin Doucet en fut le secrétaire. Les assemblées de ce corps avaient lieu un peu partout, ordinairement au presbA-tère.

Les juges de paix qui avaient en main la gouverne des marchés, virent, dans la suite, leur autorité passer aux conseillers municipaux; les sjndics de la Commune se virent aussi enlever leur autorité par ces derniers, et le nouveau conseil finit par tenii* ses séances dans le marché qui vient d'être démoli (1868).

5. Grand-ricaire. Il était aussi président' de la compag-nie du feu (roir les Mélanges historiques, vol. 2, pages 79-81).

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M, Pierre Placy (6), forgeron, qui possédait une partie de l'emplacement de cette bâtisse, donna, vers 1800, un morceau de terrain pour l'usage du marché. On y transporta les modestes baacs des bouchers et la balance publique. M. Le Proust resta clerc des marchés. M. Alex. Thompson lui succéda, à partir de 1817 jusqu'à sa mort, en 1854; après lui, MM. Edouard Méthot, M, Clark, et Z. Cloutier, eurent la régie du marché.

Les bancs furent rangés auprès d'une maison de bois, remplacée depuis par une maison de pierre, alors propriété des héritiers Desfossés, qui descendent par leur mère du donateur du terrain. Un règlement des juges de paix du 18 juillet 1800 ordonne que le poisson frais apporté au marché de la basse-ville sera déposé sur les bancs construits dans ce but par le clerc du marché. La place publique formait un carré d'à peu près cinquante ipieds s'ou^^:ant sur la rue des Forges. C'était le théâtre ordinaire d'un spectacle que la civilisation a banni de nos moeurs: on y punissait les misérables condamnés à la peine infamante du fouet. Le patient était ordinairement lié à une charrette que Von plaçait un peu en dehors du marché, sur la rue. Le 21 octobre 1795, Henry Cigler, qui avait battu la dame dont il était l'engagé, fut condamné au pilori "sur la place du marché de la haute-villa". Mais comme il n'y avait pas de pilori sur place, on ordonne au shérif d'en faire construire un pour cette exécution. Entre cette place publique et le coin de la rue Badeaux (ouverte plus tard en 1821) il y avait deux maisons. M. Badeaux les vendit en 1836, à M. Dumoulin. Elles furent démolies en 18-46.

6. Pierre Dugaïay dit Placy au Plassy et Ihiplessis, de famille ancienne aux Trois-Ririères. L'édition de 1863 donnait t'Uarles, par erreur.

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Une anecdote, racontée par un officier de la garnison des Trois-EiTières, que j'ai lue dans un magazine anglais^ publié au commencement du dix-neuvième siècle, nous fait voir les Trif lu viens, debout?, dès quatre ou cinq heures du matiu, en été, sut la grève où aborde la flottille des canots, venant du sud du fleuve ou du Cap (7), car les ponts du Saint- Maurice n'étaient encore qu'à l'état de projet. Au débarcadère, les habitants entamaient, sans retard, des pourparlers avec les enchérisseurs, l'on débattait les mérites des pièces exposées. Les plaidoyers se poursuivaient de part et d'autre jusqu^à ce que l'on fut arrivé sur la place du marché, c-e qui provoquait parfois des scènes fort comiques. Celle que raconte l'officier anglais paraît avoir énormément diverti ses contemporains. Je doute qu'elle eût du succès de nos jours. Les officiers anglais ont perdu quelque peu de leur prestige. H s'agit d'un grand diable de soudard qui harcela un habitant depuis le bord de l'eau jusqu'au (marché et qui, rendu là, se prétendit acquéreur d'un dindon de belle venue convoité également par un pacifique citoyen. L'argument décisif que fit valoir l'habit rouge eut pour résultat de mettre Paeheteur en fuite et de faire suer la peur au pauvre vendeur. On devine que l'argument invoqué n'était ni plus ni moins qu'un sabre. . .

Vint un jour où le besoin d'un improvement se fit sentir, comme dit un linguiste de mes amis. C'était, je crois, vers 1810. La cité (8), qui n'était alors que la ville, se paya le luxe d'une tourelle de bois, à huit faces, entourée d'un au-

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