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Le mobilier coûta plus de

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raison pour qu'il finisse, on peut aller de ce train jusqu'aux Montsr-Ourals. . . et en revenir, si besoin est.

Je tiens à rappeler que depuis 1850, la salle publique du vieux marché a été témoin de quelques événements assez remarquables pour nous, Trifluviens. Comme je n'écris pas pour les indifférents, je pense avoir le droit de prolonger d'une ou deux minutes. Depuis 1845 ou 1850 nous avons eu des trottoirs dans toutes nos rues, un boidevard qui nous offre une superbe promenade de ville, deux ou trois grands quais, la cathédrale catholique, l'église presb}'térienne, le couvent des Soeurs-Grises, le- collège Saint- Joseph, la création du diocèse des Trois-Eivières, Fintronisation de deux éyêques résidant conjointement au milieu de nous, le chemin de fer d'Arthabaska, un redoublement de population, le quartier du commerce a été détruit et s'est rebâti convenablement, les scieries du Saint-Maurice et d'autres manufactures se sont élevées, la ville constituée en coq^oration a reçu le titre de cité, etc. C'est avoir joliment travaillé, n'estce paiS? (13) Si toutes ces choses qui parlent aux yeux témoignent d'un mouvecnent bien calculé pour élever la ville au niveau qui lui appartient, il est certains faits dont le souvenir pourrait disparaître, faute d'être écrits eu pierre ou en bois à la surface du sol. Je désire mentionner l'organisation des troupes volontaires, l'existence de la Société Saint-Jean- Baptiste et de la Société dramatique, les Instituts littéraires, ou autres, soutenus par des citoyens parlant les deux langues, et les simples cabinets de lecture. C'est dans l'hôtel-deville qu'ont vécu, toux à tour ou ensemble, ces divers corps

13. Que l'on n'oublie pas qne ceci a été écrit en 186S. et se raipport*; par conséquent à ce teimps-là. Bien des choses se sont déroulées depnis les intéressantes réminiscences de >r. Suite, mais ces souvenirs ont toujours de la savenr.

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dont le rôle a été parfois assez marquant pour mériter que l'on en tienne compte dans la somme du travail de ces dernières années; il fait voir que le miême esiprit soufflait sur toutes les classes de notre société.

Tandis que les hommes mûrs se montraient désireux d'accomplir des oeuvres qui sont leur apanage, la jeunesse ne restait pas les bras croisés, elle se préparait à se rendre utile, sans oublier d'interrompre, ça et Là, ses travaux par quelques heures de recréation.

Celui qui vi\Ta dans cinquante ans et qui pourra raconter l'histoire intime des cinq années (14), des quarante repiésentations de théâtre des amateurs des Trois-Rivières, écrira un joli chapitre. La main me démange; pourtant je me tais, car voyez-vous, ces récits anecdotiques ont cela de commun avec le vin qu'ils sont plus goûtés dans leur ^-ieillesse. Qui sait néanmoins, oe qui serait arrivé si notre garderobe n'avait pas été dévorée dans l' incendie de 1863 ? Saviez- V0U3 que l'on agitait alors, entre acteurs, la grosse- question de bâtir une salie, avec tout ce qu'il fallait pour figurer agréablement dans nos beaux costuimes neufs? J'ai souvenance d'avoir écrit là-dessus maints articles enthousiastes dans l'Ere Nouvelle. Hél?^! le feu, d'un côté — ^de l'autre, les mariages de plusieurs d'entre nous, interrompirent une carrière qui promettait plus d'applaudiss'ements ... et de sifflets, que d'écus. Pardonnons à ceux qui se sont mariés, mais vouons au feu une rancune éternelle. Faisons-nous pompiers ! • Un soir de décembre, il neigeait à flocon, le pied glis-

14. Il y a juste aui.iourd'hui cinquante ans que M. Suite écrivait eela. ^[alhenreusement, les survivants de cette époque éloignée sont rares ; M. Suite est probablement le seul qiii pourrait nous dire ces choses.

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sait ou s'enfonçait dans une couche de verglas à moitié fondu qui couvrait le sol, les passants n'auraient demandé qu'à filer droit et vite vers leurs foyers respectifs; cependant des groupes formés à tous les dix ou vingt pas, au centre de la rille, semblaient participer à une excitation extraordinaire, et se montraient peu embarrassés d'attraper un rhume ou de rentrer tard au souper. De fait, la population entière était dans un état de transe. L'on se communiquait vivement les dernières nouvelles télégraphiques, on les commentait de mille manières, l'émoi régnait partout. . . Un navire de guerre américain avait outragé le drapeau britannique, à bord du Trent. Nous allions avoir la guerre!

Quelques jours après,, l'honorable J.-E. Turcotte était à l'hôtel de ville, oii la foule remplissait toutes les issues. Vous TOUS souvenez du discours qu'il improvisa ce soir-là, et quel élan d'enthousiasme lui répondit, lorsque, citant des vers de Lamartine, il s'écria: le carnage et l'incendie roulent en torrents jusqu'au Forum et au Capitole ! il est temps de se lever ponr défendre de la voix et du geste, Rome ! les Dieux ! la Liberté !

Ce soir-là les compagnies de volontaires furent formées. Et comme elles avaient été créées à l'hôtel de ville, par l'étincelle sacrée qui les anima toujours, elles firent de ce lieu leur quartier général. Les ordres du jour des officiers supérieurs de la milice, la promotion du capitaine Bamard et les louanges particulières que le commandant des forces Lindsay adressa verbalement aux volontaires des Trois-Eivières en présence de plusieurs bataillons, sur le champ de Mars, à Montréal, disent assez que leurs services ne sont pas indignes d'une mention spéciale.

Eestons avec la bonne pensée, la ferme espérance que

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l'esprit vigoureux dont s'inspire la ville des Trois-Eivières à l'époque où nous samimes, nous donnera bientôt, non seulement des mtarcliés de pierres, mais un liôtel de ville, où nos conseillers oublieront leurs habitudes nomades, une bonne voûte, où le registrateur abritera ses chères paperasses, enfin l'indispensable et désiré chemin de fer des Piles, sans lequel nous n'irons jamais bien loin, sur la voie du progrès (15).

Aujourd'hui, vendredi, le seizième jour d'octobre, 1868, nous jouissons du spectacle de deux élections pacifiques pour nommer des membres à la Chambre des Communes et à l'Assemblée législative de Québec. MM. McDougall et Du- :moulin prennent chacun un mandat.

La population parlant la langue anglaise reçoit, dans •l'élection de l'un de ses enfants, la preuve incontestable que les luttes des partis et les ambitions se sont effacés pour rendre encore plus remarquable le nouvel esprit public qui règne 5ur la ville. Appartenant à une famille distinguée parmi nous, par son intelligence et son industrie — habile avocat Ini-même, M. McDougall ne pourra se trouver étranger dans les discussions où nos intérêts seront mis en jeu.

Les noms des élus proclamés sans opposition, il reste à remplir une nouvelle partie du programme de la journée. La foule se rend au lieu où les ouvriers travaillent à édifier le nouveau marché et là, en présence de M. Dumoulin, qui est en même temps maire de la ville, se fait la cérémonie de la pose de la pierre angulaire de la bâtisse. M. Dumoulin, arrière-petit-neveu de M. Louis Le Proust, fils du premier maire des Trois-Eivières, revêtu comme lui des charges de député au parlement et de maire de la ville, préside à la

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