‹ Mélanges historiques (volume 4)Chapitre 31 sur 44 · Le contraire de l'aiferanage · texte numérisé non relu

Le contraire de l'aiferanage

8. Jusqu'à 1763. Dès lors, la yjaroisse des Forgea fut visitée par le curé des Trois-Rivières jusqu'à ISfrO; de 1860 jusqu'en 1903, un des prêtres du séminaire f\it chargé de la desserte régulière des Forges. Depuis 1903, la mission est desservie par un prêtre de ré>'êché.

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ge&, il n'y a qu'à lire le mémoire envoyé à la cour(4). On y Terra la forme du paiement des ouvriers et les fonctions des employés. On ne saurait ici rien ajouter de plus, sinon que de répéter que le privilège pour le débit des marchandises coûte au roi, pour son logement, son bois, son luminaire et ses gages, plus de mille écus, et que si l'on mettait ce poste à l'enchère, il m'a été assuré que Sa Majesté, au lieu d'être tenue à cette dépense, en tirerait cent pistoles tou* les ans.

"Après avoir visité tout ce qu'il y a de remarquable à cet établissement, dont Fendroit montagneux, quoique défriché, conserve encore un air sauvage, rabbâtimes chez M, de Eouville, directeur, où nous dinâmes splendidement et en partîmes vers les cinq heures du soir, discourant beaucoup, chemin faisant, sur la forme de la, régie qui ne saurait être que très onéreuse au roi. A notre arrivée aux Trois-Rivières descendu chez madame Rigaud et de là soupe, avec toute la compagnie, chez M, de Tonnancour. On estime, des Trois- EÏTières aux -dites Forges, trois lieues, néanmoins nous en fîmes le voyage en cinq quarts d'heure (5).

"Les Forges sont régies aujourd'hui pour le compte du roi par l'abandon qu'en ont fait les sieurs Cugnet et compagnie. Les principaux employés sont: un directeur, un caissier, un commis .pour le détail, un marchand, pourvu du privilège exclusif de débiter les vivres, boissons et marchandises quelconques, et un armurier. Les ouvriers y sont payés généralement, par la rareté d'en trouver, à des prix exorbitants, les uns à raison d'un prix par quintal de fer, d'autres par des appointements fixes pour toute l'année, et

4. Franquet doit voiiloir p>arler sans doute des rapports ajuauels que l'administration des Forg'es envo^'ait en France, Sinon, le méanoire en question n'est pas encore connu.

5. Par la rivière Saint-Ma.urice, trois lieues ; par terre» sept milles.

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quelques-oms à différents prix par mois d'hiver et d'été, mais tous sont logés, chauffés et voitures au dépens du roi.

''Indépendamment de ces ouvriers domiciliés, en sont d'autres qu'on est obligé d'attirer de la campagne ou de la garnison des Trois-Rivières dans le fort du travail. Les premiers résistent d'y aller sous prétexte qu'ils ont leurs terres à cultiver, ou use quelques fois de violence pour les y obliger; de là il arrive qu'ils préfèrent abandonner le canton pour aller s'établir ailleurs que de se soumettre à ce qu'on exige d'eux. On se retourne du côté des soldats mais ceux-c-i, sentant le besoin qu'on a d'eux, ne se prêtent qu'à des prix fort chers qu'on leur refuse (6), d'où il arrive que les ouvrages languissent et qu'il en influe un grand préjudice au roi.

"Il est aisé de convenir que tous ces employés et ouvriers sont d'une dépense considérable. Elle n'eist pas la seule. La fabrique du charbon, l'achat des fourrages et avoines, l'emplette des chevaux, les voitures, les harnais, leur entretien, et les charrois de la mine de fer et des denrées la font monter, à quelque chose près, au profit qu'on eu retire. De c-e détail, l'on doit sentir que cette régie peut entraîner bien des abus — d'autant que le directeur n'a pas l'autorité absolue, que le caissier la partage et que chacun rend com^pte

6. En 1750, on manquait d'ouvriers anx Forg-es. Le 19 ma-i. le Conseil de la marine ré{X)nd à Big'ot qu'il n'a pas jug-é à pro[>os de destiner une compaj^ie de soldats pour les travaux urgents, mais en 1753. la cour remarque qu'il serait temps de trouver une compa^rnie de soldats pour travailler quelques mois aux ouvrag-es secondaires des Forces.

Cette nxêime année il est question de former une nouvelle compagnie en état de se charsror de l'exploitation des Forges, Puisque l'exploitation laisse enfiin un excédent sur les dépenses, il est évident qu'une société particulière y trouverait de plua grands bénéfices. On ne put former aucune société et la chose langniit ainsi.

à M. rinteoidaiit (Bigot) directement ou à sous-délégué de k partie qui lui est confiée et que le préposé à la fourniture des Tivres est entretenu aux frais du roi et se croit indépendant.

"Moyens proposés pour maintenir le bon ordre, diminuer la dépen&e et augmenter la fabrique du fer :

"1° Ce serait de c-onimettre un directeur intelligent, dont Fautorité absolue, subordonnée néanmoins à M. l'intendant, s^étendît eux tous les employés et ouvriers quelconques; que tous lui obéissent, rendiseent compte et fussent subordonnés.

"2° Que le charbon fut fait par des marchés convenus, ainsi que les achats de fourrages et d'avoine. Que les employés chargés des détails tinsent un registre journalier de leur dépense pour la confronter au besoin à celle rapportée de chacune des parties au compte général, et de là pouvoir juger de la conduite d'un chacun.

"3° Qu'on attirât de France un maître-ouvrier entendu et expert en toutes sortes d'ouvrages, soit pour la conduite de ceux à faire, en réparation, que d'autres en augmentation dont cet établissement est susceptible, tant par l'abondance des eaux du ruisseau que par les emplacements favorables à des martinets que présente sa rive droite.

"4° Qu'indépendamment des ouvriers forgerons qu'il faut de nécessité envoyer de France pour renouveler ceux d'aujourd'hui qui, sous prétexte que le terme de leur engagement est expiré, y font la loi pour le travail, on en fit venir une cinquantaine d'autres de tous métiers, pour travailler soue les ordres et sous 1^ yeux du précédent."

En résumé, Franquet dit que Eouville est directeur des Forges et qu'il n'y entend rien ; il y a une forge et deux

martinets qui sont des établissements distincts; cent vingt ■pers>onnes sont attachées à l'ensemble des usines; on y fait tout le charbon nécessaire ; la mine est située à deux ou trois lieues des Forges; le roi y entretient un récollet à titre d'aumônier. L'établissement est mal conduit et la dépense est excessive.

Une note de 1754 montre les salaires des Forges : 1 directeur 100 francs, 1 fournisseur 100 francs, 3 hommes 60 francs. Ceux-ci devaient jouer du "tour du biîton" car ces chiffres sont ridiculement bas. II y avait de plus 20 chefs de familles à 400 francs et 133 personnes de toute description à 400 francs. Le franc valait alors 90 centins de 1930 (7).

7. Mcme plu.s aujourd'hui, en oomparaison du coût élevé de la vie. L'argent actuel représente le sixième de la valeur de la monnaie de 1750-60.

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NOMS DE FAMILLE. — FETES DES FORGES. — LES PERRAULT. — CHARBON DE TERRE MEN- TIONNE. — FIN DE LA DOMINATION FRAN- ÇAISE. — 1753-1760.

Jje registre de la eha-pelle des Forges renferme en 1753 les noms suivants : mademoiselle Charlotte-Françoise de Grosbois, Charles Dugré, Jean-Baptiste Pratte, mademoiselle Catherine Moras, Antoine-Claude Lepron&te, notaire des Trois-Eivières, et sa femme Anne Gonhanlt. En 1754, M. Brassard, curé de ^Si^ieolet. Le frère Amiot apparaît le 27 mars après une absence de quelques mois. Il y a encore Charles Beserre employé coanme charpentier aux Forges, Josette Eocheleau, Jean-Baptiste Morin ou Manseau dit Lajoie et sa femme Brigitte-Exupère Du,puis. Le sieuT Hoire est mentionné. Théodore Panneton et sa femme Louise Gouin(l).

Le 19 septembre, inliumation d"un enfant d'un mois, né de dame Louise-Gabrielle de Croisille et de Jean-Jacques de Saint- Martin, officier dans les troupes.

Jean-Ba»ptiste Pratte, né à Québec en 1710, marié aux Trois-Eivières en 1735 avec Claire Bouton, a par la suite toujours demeuré dans cette dernière ville.

Charles Dugré, né à Québec en 172-8, marié aux Trois- Bivières en 1752 avec iSuzanne Poitevin, a fondé la branche de sa famille aux Trois-Eivières où elle existe encore.

1. Cette année 1753, il y avait aux Forges un nommé Jacqiies-Philippe Dalpliins qui. en 1752, subit un procès criminel pour avoir volé deux haches aux Forges.

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Ciharles Deserre, cbarpentier, était de (Sorel. Il se fixa aux Trois-Rivière^.

Jean-Jacques Gorge, sieur de iSaint-Martin, fils de Jean-Baptiste et de Gabrielle Flaseur, paroisse d''Anien, diocèse de Vienne en Dauphiné, était officier dans les garnisons du Canada. Anien est aujourd'hui une localité de 600 habitants environ, canton de Bousillon, arrondissement de Vienne, Isère. En 1751, Gorge épousa Louise-Gabrielle, fille de Charles Le Gardeur de Croisille, lieutenant dans les troupes, et de Marie-Anne Bobineau qui lui apporta la seigneurie de Bécancour (Z).

En 1755, au registre de la chapelle des Forges, le frère Hippolyte Collet, récollet, signe un acte de baptême le 8 octobre, ensuite vient le père Hyacinthe Amiot. Je vois le nom de Fabien Badeaux.

Monseigneur de Pontbriand examine le registre des Forges, le 1er juillet 1755 et y trace ces lignes : "Vu et approuvé dans le cours de nos visites. Xous avons ordonné qu'il sera fait un état des ornements et de tout ce qui 'sera fourni à l'église de Saint-Maurice par le produit des quêtes et du casuel de la dite église. x\yant été informé qu^on chante en cette paroisse la grande messe, les vespres et qu'on donne la bénédiction du Très Saint Sacrement les jours de Saint-Eloi, de la Translation et de Saint-Thibault, parce que les forgerons ont choisi les deux premiers jours pour honorer leur patron et les charbonniers le troisième; qu'il arrivait que, sous le prétexte de les fêter, pour ainsi dire soienniser plusieurs du Aallage <&& laissaient (aller?) à des excès scandaleux, iloin de sanctifier ces jours, nous chargeons le missionnaire d'avertir les habitants de la paroisse que si, dans

2. Celle-ci mourut en 1761. Saint-Martin fut l'ami intime de Laterrière que nous verrons plus loin.

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la suite, nous apprenons qu'on tombe dans les mêmes dérég^lements nous défendrons de faire dans ces jours aucune cérémonie extraordinaire. Xous chargeons le dit missionnaire de nous avertir toutes les années s'il y a eu des scandales. Sera la présente lue et publiée au prône de la grande messe dimandie pnx-hain.'"'

Le 26 octobre 1756, "a été bénie par le Eévérend Père Augustin Quintal, la doche de cette paroisse, laquelle a été nommée, par Mr. Claude Cressé et dame Louise André de Eouville, du nom de Lotiise." (3).

Madeleine-Françoise Béchard, veu^-e de Jean Mantenet, des Forges, se remarie cette année avec ÎXicolas Lapérouse. Ce ménage se fixa à Québec où La,pérouse mourut un an plue tard.

En 1756, au registre de la chapelle des Forges on voit les noms suivants: Charles Falaise de Cannes, lieutenant d'infanterie, et sa femme Marguerite- Angélique Yillier; c'est l'inhumation de leur enfant âgé de six semaines.

François Godard, arrivé en 1737, étant décédé, sa veuve, Marie Biais, épouse Pierre Milot aux Trois-Rivières le 9 février 1756.

Au registre de la chapelle des Forges, en 1757, se voit l'acte d'une sépulture d'enfant ondoA'é par Charles Alavoine, médecin. On voit aussi les noms de Jean-François Chrétien et de sa femme Marie-Anne de Xoyon.

Cette année mourut Marie Ihibois, mère de" Jean*

3. Fille de Pierre André de Leigne, juge à Québec, et de Claudine Fremin.

C'est la file aux aventures ! De Souville, son mari, avait été nommé le 16 février 1747, pour faire la police des Forges, et prononcer les sentences des diffénends qui naîtraient entre les eanployés (voir le Bulletin des recherches historique», 19t)6, p. 137 et suivant/es).

Nicolas Eobichon. On la dit née en 1667 mais cette date me paraît exagérée. L'acte est au registre des T rois-Rivières. An même registre, le 28 septembre 1757, il y a mention de la sépulture de Pierre Becquet, né en 1697, "gardien aux forges du roi".

Aux Trois-Eivières, le 12 septembre 1757, Jean-Baptiste Perrault, déjà mentionné, épousa Marie Lemaître. Comme il demeure aux Forges les bancs sont puibliés dans les deux places. Le frère François €arpentier signe au registre de la paroisse des Forges le 18 avril 1757.

Le 26 août 1758, au même registre, il y a l'acte d'inhumation de Marguerite-Josette, âgée de deux mois, enfant de Joseph Boucher, écuyer, sieur de Niver^dlle et de dame Josette Chatelin. .

Au rostre des Trois-Eivières, le 17 janvier 1758, Pierre Philippe "directeur des forges Saint- Maurice", fils de Pierre et de Marie Feuillet, paroisse Segonsac, élection de Cognac en Saintonge, épouse Madeleine Chatelin, soeur de madame de NiverviUe(4). La femme mourut en 1762 âgée de 21 ans.

Le 5 février 1759, aux Forges, Antoine Thara (5), sergent des troupes, fils de Hyacinthe et d'Anne Mangin, épouse Suzanne Chaput, veuve Hérard, des Forges, déjà mentionnés.

Dans un mémoire de l'année 1758 on lit: "Il y a une mine de charbon de terre dont on ne se sert en Canada que pour les forges du roi.'* Il s'agit des mines du Cap-Breton, sans doute, puisque le Bas-^Canada ne renferme aucun dépôt de ce charbon. Si on utilisait un charbon de terre à Saint- Maurice ce derait être dans les forges. La fonte du minerai

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