‹ Mélanges historiques (volume 5)Chapitre 41 sur 83 · VOTE DES FEMMES · texte numérisé non relu

VOTE DES FEMMES

nautc. Lorsque le mari n'a pas de bien et que la femme en a, c'est la femme qui vote. Le cas s'est présenté hier: j'ai un domestique du nom de Michel qui a acheté un emplacement dans la Commune il y a un an ou deux et l'a fait bâtir. Les amis de sa femme lui avaient fait entendre que c'était la façon, actuellement, de passer les contrats au nom de la femme et que cela était plus sûr. Michel, en conséquence, avait fait passer le contrat au nom de sa femme. Il a été pour voter hier. On lui a demandé de faire le serment. Il a déclaré que l'emplacement était au nom de sa femme. On a envoyé chercher la femme, qui a voté pour M. O-^den et M. Renvoysé le candidat battu. »

Voilà pour le vote féminin, un siècle avant notre présent système.

Les votes étaient consignés dans un registre que tout le monde pouvait consulter. Tant qu'il ne s'écoulait pas plus d'une heure entre deux votes, l'unique bureau de votation restait ouvert, de telle heure du matin à telle heure de l'après-midi, de sorte qu'une élection durait des jours et des jours.

Dans la Gazette des Trots-Rivières, Badeaux remercia ses électeurs, mais Renvoysé se fâcha et lui servit une réponse très chaude.

Durant les mois de juillet-août 1824 il y eut nouvelle élection. Cette fois Renvoysé triompha avec Amable Berthelot. Renvoysé décéda le 9 août

Aux élections de 1829, Ogden et P.-B. Dumoulin remportèrent la palme.

Le 20 juillet 1827 mourut Mary Aston Coffin, femme de Charles-Richard Ogden. Celui-ci

eut un grand rôle politique parmi nous et devint juge dans l'île de Man, Angleterre, où il mourut en 1866.

George III était monté sur le trône l'automne de 1760 au moment où M. de Vaudreuil et le général Amherst signaient la capitulation de Montréal et il mourut après avoir régné soixante ans. Selon l'ancienne coutume, la disparition du souverain rendait nécessaire un nouveau parlement et — ne riez pas de ce que je vais dire — sans la mort du roi, point d'élection, par conséquent le juge Bédard ne nous ferait pas savoir que, de son temps, les femmes votaient aux Trois-Rivières.

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