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Documents constitutionnels, 1759-1791, p

de procès-verbaux, que j'ai sous les yeux. A la séance du 5 juin 1797 John Antrobus demanda que les registres fussent écrits dans les deux langues et n s'offrit pour rédiger le texte anglais. Accepté unanimement^.

Je n'ai pas retrouvé le cahier anglais si toutefois il a existé. Le plus ancien document en langue anglaise que je connaisse de cette société porte la date de 1819. C'est une pièce concernant la division de la ville en trois quartiers.

D'après VAlmanach de Québec, année 1799, les juges de paix des Trois-Rivières étaient: Nicolas Montour, John Antrobus, Zachary Macaulay, Joachim Lanouette et Louis Picard. De plus John Antrobus était grand-voyer des Trois-Rivières. Sa commission datait du 11 juin 1793^

Le 5 mai 1801 il signe des instructions pour faire légaliser le chemin de front de la rivière des Envies, à l'endroit nommé les Grandes-Chutes, depuis la terre de Joseph Bordeleau jusqu'à celle d'Hyacinthe Cossette, cette dernière comprise.

Le 1er novembre 1802, John Antrobus, grandvoyer du district des Trois-Rivières, touche son salaire annuel de 45 louis sterling.

En 1804 il y eut un procès aux Trois-Rivières au sujet du coût des réparations faites au pont de la Rivière-du-Loup (aujourd'hui Louiseville). Le jugement accorda dix louis, cinq chelins et deux deniers à Georges Lambert pour ces travaux, la-

3. B. R. H., 1904, p. 228, 283; P.-G. Roy, Inv. des procès verbaux des grands-voyers, V, 175; VI, 301.

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quelle somme fut payée par l'Etat, si j'en crois une lettre du secrétaire du gouverneur-en-chef adressée à John Antrobus, le 19 mars 1804^

Je vois aux archives du ministère de l'agriculture que John Antrobus possédait une terre dans la seigneurie de Sorel en 1802, et je retrouve sa signature parmi celles de quelques citoyens de Sorel sur un document, en 1806. L'écriture tremblée est celle d'un vieillard^

Antrobus avait écrit aux lords du Trésor, à Londres, pour se faire accorder certain lot de terre situé au bord du fleuve à Québec. En 1805 l'affaire n'était pas encore réglée, comme le montre la correspondance déposée au secrétariat d'Etat, Ottavsra.

UAlmanach de Québec de 1806 mentionne John Antrobus, juge de paix et grand-voyer des Trois-Rivières.

Le régiment des Canadian Fencibles, sous les ordres du lieutenant-colonel Shank, était caserne aux Trois-Rivières en 1808 et s'occupait de recruter pour le service militaire, ce qui donna lieu

5. Parmi les nombreuses demandes de concessions de terre, dans la seigneurie de Sorel. le long de la ligne de Saint ^Ours, en 1802, on cite Michel Doucet, John et E.-W.-R. Antrobus et Henry Motz, ex-secrétaire de lord Dorchester. Archives du secrétaire d'Etat, cahier V., vol. 278, p. 56, 64, 81.

Il se peut que Antrobus ait eu une résidence à Sorel; on sait qu'il y demeura; il avait été l'heureux gagnant d'un des huit lots tirés au sort par le Conseil, le 26 décembre 1787. Abbé Couillard Després, Histoire de Sorel, p. 135.

Le 20 juin 1792, Antrobus pétitionne pour obtenir le canton Brandon, en arrière de la seigneurie de Berthier; sa requête est renvoyée. Abbé Caron, la Colonisation de la Province de Québec, les Cantons de l'Est, p. 146, 321.

à quelques disputes, à la suite desquelles une pétition des citoyens fut envoyée au gouverneur-enchef se plaignant de la conduite des recruteurs. John Antrobus, qui siégeait à la cour en qualité de juge de paix, ne voulut pas consentir à ce que la pétition passât devant le tribunal et il quitta son banc. Une enquête eut lieu au sujet des plaintes, lesquelles furent déclarées futiles et malicieuses^.

Le Canadien du 29 octobre 1808 publie les comptes de la province. On y voit que John Antrobus recevait à titre de grand-voyer du district des Trois-Rivières un salaire de quatre-vingtdix louis.

Malade, il résigna cette fonction en faveur de son fils et fut remplacé par Edmund-William- Romer Antrobus, le 28 janvier 1820. Celui-ci devint par la suite, le 11 novembre 1826, grandvoyer de Québec et fut le dernier titulaire'.

John Antrobus mourut aux Trois-Rivières le 8 mai 1820. La Gazette de Québec du 15 mai annonçait son trépas dans les termes suivants: « Aux Trois-Rivières, lundi le 8 mai, décède, à l'âge de 64 ans (donc né en 1756), John Antrobus, Ecr., ci-devant marchand de cette ville, et pendant 25 années de sa vie grand-voyer du district des Trois- Rivières. Le grand nombre de qualités estimables qui l'ont distingué rendront sa mémoire longtemps

6. Voir Montréal Gazette, 19 mai et 2 juin 1808; Suite, Pages d'histoire du Canada, p. 425.

7. P.-G. Roy, Inv. des procès verbaux des grands-voyers, V, 165, 176; VI, 301; Suite, Mélanges historiques, vol. 18, p. 70, 78; B. R. H., 1896, p. 140.

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et justement chère au cercle nombreux et respectable de ses amis et de ses connaissances. »

Il avait épousé Catherina-Betsy-Isabella, fille de l'honorable James Cuthbert, seigneur de Berthier, laquelle était décédée à Sorel le 22 janvier

Leur fils Edmund-William-Romer a eu une carrière remarquable^.

8. Voir sur lui B. R. H., 1906, p. 78; P.-G. Ro|y, Fils de Québec, 3e série, p. 73; le Trifluvien, 3 avril 1900.

La maison située entre cour et jardin, à l'encoignure des rues des Forges et Royale, aux Trois- Rivières, a été occupée, au commencement du dixneuvième siècle, par des membres de la famille du général sir Isaac Brock, le vainqueur de Queenston. Le nom de cet officier se rattache par là aux souvenirs de notre ville.

Rue Boyale

1 Les dames Short, Wallace-Dunn, Brock, demeuraient au coin des rues Des Forges et Royale, Trois-Rivières. On a coupé leur jardin pour prolonger la rue Royale.

Isaac Brock était le huitième fils de John Brock et d'Elisabeth de Lisle. Il avait vu le jour à l'île de Guernesey, le 6 octobre 1769, l'année même où naquirent Marceau, Joubert, Tallien, Walter Scott, Ney, Soult, Chateaubriand, Cuvier, Wellington et Napoléon — une année féconde en grands hommes, on le voit.

En 1785 il acheta un grade d'enseigne au 8e régiment d'enfanterie, dit le régiment du roi, devint lieutenant en 1790, capitaine en 1791, et major en 1793. Il était lieutenant-colonel du 49e ré-

giment depuis 1797 lorsqu'on l'envoya en Canada, (1802). On connaît sa belle conduite militaire durant les dix années qui suivirent.

Arrivé aux charges les plus élevées dans l'administration de la colonie, colonel en 1805, majorgénéral en 1811, administrateur du Haut-Canada en 1811, fait chevalier de l'ordre du Bain, le général Isaac Brock venait de prendre le Détroit (15 août 1812) et défendait la frontière du Niagara, lorsqu'il mourut dans les bras de la victoire, à Queenston, le 13 octobre 1812, laissant un nom vénéré parmi les troupes et dans toutes les classes de la société, en Canada.

Son frère avait épousé Mlle Lucie Short, fille du révérend Robert-Quirk Short, ministre anglican des Trois-Rivières, et résida quelque temps aux Trois-Rivières où sa veuve demeura après lui, jusque vers 1850, je crois\

Le général mourut célibataire, d'après ce que m'a dit feu le lieutenant-colonel W.-F. Coffin, le-

1. Samuel Brock était enseigne au 1er régiment de Northumberland, puis 11 devint capitaine. En 1812, il pilota le « Sir Isaac Brock », navire de 30 canons, sur le lac Ontario, qui fut pris et détruit par les Américains au mois d'avril 1813. En 1824-1825 il escorta en Angleterre les chefs hurons de Lorette délégués auprès du souverain pour se faire remettre la seigneurie de Sillery. Le 8 avril 1825, accompagnés de sir John Chapman et de M. Brock, ils se rendirent au château de Windsor où ils furent présentés au roi. Les médaillons de Greorges III, qu'ils avaient reçus de la main de sir Isaac Brock, ayant attiré l'attention de Georges IV, celui-ci leur offrit à chacun d'eux un beau médaillon d'or. Après avoir été traités avec beaucoup d'égards, les chefs hurons revinrent au Canada aux frais du gouvernement anglais, tandis que M. Brock et son épouse, née Lucie Short, se rendirent à l'île de Guernesey pour visiter la famille Brock. Voir B. R. H., 1905, p. 347-350; Victor Morin, les Médailles décernées aux Indiens, p.

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quel était l'ami des Brock et des Short depuis près de cinquante ans lorsqu'il me parla ainsi. Il faut donc corriger les historiens qui ont fait marier Mlle Lucie Short avec le fils du général Brock^

A l'époque où le général vint au monde, il y avait à l'île de Guernesey une famille Tupper, liée de parenté avec les Brock. L'un des fils Tupper alla s'établir à la Nouvelle-Ecosse, et sir Charles Tupper, baronnet, l'un des hommes politiques les plus connus du Canada, est son descendant.

Au cours des années 1803-1810 le général Brock, qui demeurait le plus souvent à Québec, visitait les Trois-Rivières, où se réunissait une société brillante comme cette ville n'en reverra pas avant longtemps peut-être. On s'y rendait de toutes parts dans la belle saison, et même en hiver. Ce n'était que promenades, concerts, dîners, bals, courses, chasses, etc. On y voyait même ung ménagerie fort bien tenue, l'une des principales curiosités du Canada, appartenant à Mathew Bell.

Au printemps de 1808, le général Brock fut envoyé aux Trois-Rivières pour tenir une enquête sur la conduite des recruteurs du régiment appelé Canadian Fencibles. L'affaire n'était rien au fond, mais on avait fait un tel tapage à ce sujet que les autorités militaires crurent devoir lui donner leur sérieuse attention. Un jeune homme d'une vingtaine d'années, nommé Joseph-René Kimber^, pre-

2. Maximilien Bibaud, le Panthéon canadien, éd. 1891, p. 43, fait également erreur en disant que « son fils a écrit sa vie. »

3. Ne serait-ce plutôt son cousin Olivier, né en 1789? Sur cette affaire qui créa beaucoup de sensation, voir Suite, Pages d'histoires du Canada, p. 425; les Ursulines des Trois-Rivières, IV, 459.

naity une large part, sinon la principale part dans ce débat; évidemment ce garçon était destiné à devenir un homme public — c'est ce qui arriva comme on le sait.

Le général Brock fut l'un des premiers à monter sur V Accommodation lorsque ce premier bateau à vapeur commença ses voyages entre Montréal et Québec, l'automne de 1809.*

4. On trouvera de copieux renseignements sur le général Brock dans B.R.H., VIII, 94; LeJeune, Dictionnaire général du Canada, I, 248, 249; W.-S. Wallace, Dictionary of Canadian Biography, p. 49; F.-B. Tupper, Life and correspondence of Sir Isaac Brock; D.-B. Read, Life and Times of Brock; T.-G. Marquis, Brock, the Hero of Upper Canada; etc.

Cent ans sont bientôt passés. Personne cependant ne se rappelle les choses et les hommes d'une date qui semble très éloignée de nous. On me demande si j'ai connu la famille Short. Oui et non, mais je puis en parler avec l'aide de mes notes.

Le pasteur protestant des Trois-Rivières, le révérend Jehosaphat Mountain, écrivit un dernier acte au registre de son église le 17 décembre 1800. A partir du 1er janvier 1801 il est remplacé par le révérend Robert-Quirk Short qui était, depuis le 1er novembre 1799, recteur de la mission anglicane de la baie de Missisquoi (Saint-Armand), avec un salaire de cinq cents piastres (100 livres sterling), payé par l'Etat, et cent vingt-cinq piastres (25 livres sterling), par les paroissiens. Aux Trois-Rivières il touchait mille piastres de l'Etat (200 livres sterling)'.

Ce devait être un homme d'un certain âge et veuf, je crois, avec quatre filles, plus un fils marié en Angleterre ou sur le point de se marier.

M. Short, instruit, aimable, bon causeur, actif, homme du monde, devint de suite un favori dans la société des Brock, Mackenzie, Sinclair, Bell, Hart, Sills, Wagner, Antrobus, Thomas, Fraser et tous les citoyens des Trois-Rivières que les chroniques du temps nous représentent comme un

1. D'après ce que nous savons M. Short arriva d'Angleterre en 1798, car la famille se disait de la vieille souche anglaise et de bonne société. F.-J. Audet, le Clergé protestant du Bas- Canada, p. 139, 141; B. R. H., 1896, p. 127; 1902, p. 256.

groupe intellectuel qui s'amusait agréablement, sans folie, cultivant de beaux jardins de fleurs, plantant des arbres, dînant en compagnie, organisant des soirées musicales, des danses, des piquesniques auxquels prenaient part des visiteurs de toutes les parties de la province, Trois-Rivières étant le rendez-vous des gens qui, de notre temps, vont aux places d'eaux et campent dans un coin de la forêt durant la belle saison, ce qui n'était pas de mode il y a un siècle. La petite ville, avec sa position centrale, le passage régulier des bateaux à vapeur, sa vie à très bon marché, ses bois d'alentours, ses rivières poissonneuses, ses endroits de chasse aussi rapprochés que possible, les fêtes des forges Saint-Maurice, le canotage, était le paradis des flâneurs. Les officiers en retraite s'y fixaient de préférence à n'importe quel autre lieu. L'hiver même s'y passait plus joyeusement que partout ailleurs. Les anciens ne tarissaient pas en me parlant des années 1780-1830 qu'ils appelaient toujours « les bonnes années », et vraiment ce fut un demi-siècle d''abondance pour les moindres classes. Tout roulait sur l'ancien style, rien encore des nouveautés que l'on nomme le progrès, mais de la liberté, du savoir-vivre, de la politesse, des habitudes conciliantes, une vie douce, des loisirs, du chant, de la musique, des sauteries, des fleurs, une bonne cuisine, des repas gais et prolongés, l'art enfin de se donner du bon temps. Ceux qui étaient les plus engagés dans les affaires avaient toujours l'air de n'y jamais penser. Le contraire d'aujourd'hui.

Le sénateur Roderick Matheson me disait en

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1867, — et j'en ai pris note — que vers 1812 il était tambour aux Trois-Rivières, dans un régiment qui y tenait garnison. Il fallait l'entendre conter les histoires dont il avait été témoin! Au sujet du pasteur Short il décrivait le cheval excentrique dont celui-ci faisait parade et que la jeunesse, ayant à sa tête le futur procureur-général C.-R. Ogden, peinturait et harnachait de toutes les manières, au grand plaisir des citoyens. Jouer des tours étaient une façon de s'amuser très répandue, même à l'excès. En Europe on poussait ces espiègleries aux dernières limites — l'histoire en est, on peut dire, incroyable. Encore une coutume du temps passé que nous ne pratiquons plus et c'est tant mieux en ce qui regarde celle-là!

Un jour M. Short convoqua ses amis pour le voir s'élever dans les airs et manqua de se tordre le cou. Son appareil portait des ailes et devait planer comme un oiseau. Il monta de quelques pieds, mais aussitôt la machine manqua et l'inventeur fit la culbute au milieu des rires et des applaudissements des spectateurs. Ceci ne diminuait en rien l'estime que l'on avait pour M. Short qui prenait toujours les choses du bon côté.

Il devait avoir sa demeure dans le couvent des Récollets, annexe de son église. Décédé le 31 décembre 1827 il fut inhumé le 3 janvier suivant. Francis Evans est qualifié de « curate »^ Vers 1846 je voyais les dames Wallace-Dunn, Short et Brock, habitant une maison située rue des Forges,

2. Curé ou assistant-ministre en 1826-1828. Les Ursulines des Trois-Rivières, III, 419.

côté sud, et dont le flanc gauche (avec un peu de terrain) forme à présent la ligne du prolongement de la rue Royale — hôtel Dufresne.

Un fils, William, était enseigne dans la milice du Canada en 1808. C'est tout ce que j'en connais^

Un autre fils, John-Quirk, inspecteur général des hôpitaux militaires, îles britanniques et colonies*, laissa deux fils: 1° Edouard, né à Bristol, Angleterre, le 10 juin 1806, qui vint au Canada en 1825, étudia le droit aux Trois-Rivières chez Augustus-David Bostwick, avocat, puis à Montréal sous A. Le Bourdais et Dominique Mondelet; admis au barreau le 12 octobre 1826, il fut un homme très estimé, député de Sherbrooke en 1851-1852, juge du district de Saint-François, et mourut à Sherbrooke le 5 juin 1871, laissant cinq filles et deux garçons; 2° John, né à Edimburg, Ecosse, l'automne de 1810, vint au Canada aussi en 1825 et étudia sous Augustus-David Bostwick. Comme son frère, il se fixa dans les Cantons de l'Est, fut nommé protonotaire du district de Saint-François

3. Suivant P.-J. Audet, M. Short obtint en février 1808 une commission d'enseigne ix)ur son fiLs WilKam dans le bataillon du lieutenant-colonel W.-F. Coffin. Celui-ci ne voulut point, paraîtil, de ce garçon, et les officiers refusèrent de servir avec lui. Pourquoi? M. Audet se demande si le scandale que le révérend R.- Q- Short aurait causé aux Trois-Rivières en rapport avec son mariage ne serait pas pour quelque chose dans ce parti-pris. Nous l'ignorons nous-même. Et encore, y a-t-il du vrai dans cette prétendue affaire de scandale? B. R. H., 1920, p. 256.

4. Il fit du service au Canada durant la guerre de 1812-14. IrvLng, Officers of the British Forces in Canada during the War of 1812-15, p. 17.

Devenu veuf, John-Quirk Short se serait remarié à Halifax, le 28 août 1826, à Mary-Elizabeth, seconde fille de feu le député assistant commissaire général Robertson, d'après M. Aégidius Faute ux.

en 1838 et mourut dans cette charge, à Sherbrooke, le 24 avril 1887. Il laissa plusieurs enfants (deux fils et quatre filles) avec sa femme Georgiana, née le 29 novembre 1810, fille du Dr Georges Carter des Trois-Rivières^

D'après ce que m'a dit en 1870 Adolphus- Mordecai Hart, le pasteur Short avait quatre filles:

1° Mathilde, l'aînée, qui épousa P. Wallace, officier dans l'armée anglaise, fils du procureurgénéral de l'Irlande. Il mourut à Sainte-Anne-dela-Pérade. La veuve se remaria avec le capitaine Dunn, de l'armée régulière. Elle vécut toujours aux Trois-Rivières, du moins elle y mourut de mon temps.

2° Lucie, mariée à Samuel Brock, frère du général Isaac Brock tué à la bataille de Queenston Heights, en 1812, près Niagara. La famille Brock habitait dans l'île de Guernesey. Lucie et son époux y firent une visite où ils rencontrèrent l'amiral Saumarez, parent des Brock (1825). Après un second voyage à Guernesey, Lucie revint ma-

5. Les deux fils de John Short étaient: John, député-protonotaire depuis 1857, et Edward, huissier de la Cour supérieure. L'une des filles était Mme de Beaumont, du greffe de la paix, à Montréal; une autre, l'épouse de Heber Taylor, autrefois brasseur à Sherbrooke. Les Ursulines des Trois-Rivières, IV, 455, 456.

L'héroïque major Charles-John Short qui périt victime de son dévouement avec son compagnon, le sergent Georges Wallick, dans le grand incendie de Saint-Sauveur de Québec, le 16 mai 1889, était le fils du juge Edouard Short.

On trouvera d'excellentes biographies de Edouard et John Short pères dans The Trifluvian Trader, 17 juin 1877; le Progrès de l'Est, 26 avril 1887; le Pionnier, 9 juin 1871; P.-G. Roy, les Juges de la Province de Québec, p. 501.

lade et mourut peu après aux Trois-Rivières, vers

3° Elisabeth, troisième fille, épousa le 27 juin 1806, le Dr Georges Carter, des Trois-Rivières, et laissa à sa mort un fils qui fut aussi médecin dans cette ville.®

4° Henriette, mariée à William-Hastings Kerr, de Québec.

Les familles Hart et Short étaient très intimes, mais elles n'étaient pas apparentées, comme on l'a dit. Aux élections de 1807, M. Short se mêla de politique et cabalait en faveur de son ami Ezéchiel Hart\

Je parle tout haut et j'écris comme pour m'écouter et me lire moi-même, ne pouvant réveiller les souvenirs de personne. Où sont-ils ceux qui ont vu les Trois-Rivières et leurs habitants de 1820! En 1850 et 1860 c'était peu changé, et je prenais notes de ce que me révélaient les anciens. Que de gens m'ont raconté leur jeunesse en 1790, 1800, 1810!

Pour finir, un petit calcul assez curieux. J'ai causé souvent avec un homme qui avait connu un homme né en 1711 — il y a deux cent dix ans aujourd'hui (1921), et il m'en a dit des choses qui n'ont pas été dites par les historiens: Luc de la Corne de Saint-Luc naquit à Montréal en 1711. Il a fait une longue vie et s'est rendu célèbre.

6. Les Ursulines des Trois-Rivières, I, 498. Au tome IV, p. 454, l'auteur met "Mary Ann Quircke" Short pour Elisabeth.

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