‹ Mélanges historiques (volume 5)Chapitre 77 sur 83 · Suite, Pages d'histoire dfu Canada, p · texte numérisé non relu

Suite, Pages d'histoire dfu Canada, p

Mort, je crois, en 1784. Il avait été parrain, en 1765, de Joseph-Michel Boucher de Niverville qui, en 1850, me montra un encrier à lui donné par son parrain vers 1776. M. de Niverville ajoutait ceci : La Corne fit plusieurs voyages à Paris sous le régime français et d'autres à Londres sous Georges IIL C'était toujours de la politique et de la diplomatie — on connaît cela, mais, chaque fois il revenait avec un ou plusieurs ballots de marchandises passées de mode là-bas, qu'il revendait très cher parmi nous — et mon encrier est du nombre. Aurait-on cru La Corne marchand de fantaisies! Pour nous, c'est un héros à la guerre, un conseiller politique habile et heureux, un personnage de haut ton, et voilà qu'on découvre comment il payait ses visites outre-mer. J'ai donc connu un homme qui avait fort bien connu un homme né en 1711^.

(1888 et 1921).

8. Philippe Aubert de Gaspé, qui s'est souvent payé la tête de ses lecteurs mais que l'on croira toujours avec naïveté, raconte cette anecdote dans ses Anciens Canadiens, p. 267-270, éd. 1899, avec le piquant qui caractérise ses amusants mémoires.

« Bill » Johnston était un gentleman, comme vous allez voir, et, de plus, né aux Trois-Rivières le 1er février 1782, d'après sa propre affirmation. Son père était Irlandais et sa mère Hollandaise du New-Jersey\ Il partit vers 1805 pour « courir sa chance » et s'arrêta sur le côté est du lac Ontario, à Sackett's Harbour, puis à Watertown, dans le comté de Jefferson, Etat de New-York. Il tint aussi la traverse de Wolfe Island, dans les mêmes localités, vis-à-vis de notre Kingston (Ontario). Avide de tout savoir et doué d'une constitution active, sans cesse en mouvement, il lisait les journaux qui exposaient avec violence les mécontentements des Yankees contre l'Angleterre et se persuada que la conquête du Canada ne pouvait être retardée plus longtemps. De 1812 à 1815 il agit, non comme soldat, mais en qualité de partisan, pour le compte des Etats-Unis et rendit d'importants services.

Il allait par les chemins, surprenait les courriers, s'emparait des dépêches, espionnait les démarches des troupes anglaises et rapportait des

1. William Johnston ne semble pas avoir porté jamais son vrai nom patronymique; la clironique populaire l'a toujours appelé « Bill. »

Richard JohrLston, geôlier de la nouvelle prison des Trois- Rivières (1818-1821), ne serait-il pas son père ou un frère? D'autre part, nous avons vu aux Trois-Rivières, en 1788, un certain James Johnston. Mais celui-ci était à Québec en 1785-1787. Documents constitutionnels, 1759-1791, p. 523, 583, 594.

renseignements dont les chefs militaires tiraient partie. L'historien Lossing donne son portrait avec un fac-similé de sa signature^.

De 1816 à 1838, il vécut en exerçant des métiers de toutes sortes, très populaire dans la contrée et jamais en peine du lendemain.

Les événements de 1837-38, dans le Haut et le Bas-Canada, réveillèrent ses anciennes convictions. Cette fois il voulait l'indépendance du Canada.

La nuit du 29 mai 1838, un vapeur anglais, le Sir Robert Peel, prenait du bois au quai McDonnel, côté sud de l'île Wellesley, près la ville de Clayton à présent (Etat de New- York), lorsque treize hommes, déguisés en Sauvages et conduits par Johnston, l'attaquèrent et en firent un pillage en règle. Il y avait dix-neuf passagers à bord qui furent chassés à terre en costume de nuit. Vers le matin, le vaisseau fut incendié et abandonné au courant; il alla brûler sur la plage d'une petite île qui a gardé le nom de Peel à cause de cette aventure^

Nous n'étions pas en guerre contre les Etats- Unis et cet acte de brigandage souleva la colère du président Martin VanBuren, autant parce qu'il était criminel que par crainte de complications diplomatiques avec l'Angleterre.

Johnston a raconté en 1853 à mon ami Franklin-

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