Mélanges historiques
J e viens de lire le gros volume d’Elisée Reclus, intitulé l’Amérique du Nord (1), et je ne puis m’empêcher de vous signaler les faits que j’ai observés dans ce magnifique travail où la géographie, la cosmographie, la topographie tiennent toute la place. Nos contrées y sont décrites, expliquées et mises au jour sous des aspects nouveaux que nous ne devons pas négliger de connaître, quand ce ne serait que par curiosité.
Le globe terrestre fut, à l’origine, une masse couverte par les eaux. Lorsque les feux intérieurs soulevèrent les montagnes et certains plateaux de terrains au-dessus du niveau de cette mer universelle, montagnes et coteaux apparurent comme autant d’îles perdues dans ces vastes espaces. Plus tard, les soulèvements se répétèrent et, de place en place, les hauteurs finirent par se rapprocher, se joindre, se souder ça et là, de manière à former des chaînes d’éminences, des montagnes, puis des continents, mais les eaux dominaient encore dans une proportion quintuple à la surface de toute la sphère. L’aspect général était celui de larges flaques d’eau entrecoupées de pics et de plaines sèches. Petit à petit, les exhaussements ne cessant de se produire, les terres devinrent nombreuses au soleil et habitables. L’innombrable quantité
1. Cet ouvrage fait partie de l’oeuvre magistrale d’Elisée Reclus, la Nouvelle Géographie Universelle, publiée en plusieurs volumes, de 1875 à 1891. C’est la description d’ensemble la mieux équilibrée et la plus littéraire que l’on possède de tous les pays du monde. Les derniers volumes surtout, consacrés à l’Amérique du Nord et à l’Asie russe, sont les mieux documentés de la collection. 1 .