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LA FORMATION DES GRANDS LAOS

de lacs qui constellaient la boule ou globe terrestre se mirent à couler dans le sens de pentes à mesure que les secousses des feux volcaniques créaient des Inégalités, des bas-fonds et des élévations tout autour de leurs rives ( 2 ) . De ces mouvements sont nés les fleuves et les rivières. Dans certaines parties du monde ces transformations se sont produites, sinon avec rapidité, du moins plus vite que les autres. Il y a trois mille ans que les derniers vestiges de l’époque lacustre sont disparus de la France, tandis que tout le nord du Canada en est encore couvert aujourd’hui, sans compter les lacs Supérieur, Michigan, Huron, Erié, Ontario, Champlain, Saint-François et Saint-Pierre, qui représentent toujours les âges primitifs, et auxquels il faudra de9 milliers d’années pour s’assécher de manière à creuser le fleuve Saint- Laurent jusqu’à ses sources.

Citons M. Reclus: “Il faut remarquer que la partie boréale de l’Amérique du Nord qui s’est débarrassée des glaces est encore dans la période lacustre qui suivit les âges glaciaires. Ces lacs ont déjà notablement diminué, mais en plusieurs districts, leurs bizarres labyrinthes occupent encore plus de la moitié du territoire ; les rivières n’ont point régularisé leurs cours comme celles de la zone tempérée en Europe et en Amérique, mais, comme les courants Scandinaves et finlandais, ce sont des enchaînements de lacs irréguliers, unis les uns aux autres par des échelons de rapides, des sauts, des cataractes, des chaudières. A cet égard, le Canada est la région la plus curieuse du monde entier; même ses plus grands fleuves, encore jeunes dans l’histoire de la Terre, sont interrompus par de formidables chutes.”

2. Ils y perdirent leurs eaux salées qui, bientôt, furent remplacées par celles de la pluie ; voilà comment du lac Supérieur et de ses frères ne coulent que des eaux douces.

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