‹ Mélanges historiques et littéraires (volume 3)Chapitre 6 sur 36 · M. DCCC. X · texte numérisé non relu

M. DCCC. X

On ne se fait pas , en général , une idée précise (le ce ([lie c'est (jue les catacombes de Rome. On sait en gros que ce sont des souterrains où se cachaient les chrétiens persécutés , et où Ton a trouvé beaucoup d'ossemens et de reli(iues. L'aventure (jue M. Robert racontait , dit-on , d'une manière si vive , et ([ue Delille a mise en beaux vers , peut laisser croire ([u'un voyage dans les catacombes est une chose impossible, puis([u'une promenade y est si dange-

reusej de tout cela , on conclurait peut-être que le voyage de M. Artaud est une espèce de voyage sentimental , bien affecté et bien commun. Les lecteurs doivent se rassurer ; l'ouvrage que nous annonçons n'est point une série d'exaltations emphatiques sur la mort , le silence , la nuit et la mélancolie 5 c'est un livre sérieux , réel et instructif. Il est nourri de recherches curieuses, animé d'un amour éclairé de l'antiquité et des arts.

Les catacombes sont , pour ainsi dire , une vaste contrée souterraine qui règne sous la ville de Rome , et particulièrement sur les bords du Tibre. A une profondeur assez considérable , on trouve une couche épaisse de sable volcanique appelé pouzzolane. Depuis l'anli(|uité la plus reculée , on a usé de ce sable dans la construction des édifices. Pour l'exploiter, on creusait des puits et l'on perçait des galeries. Ce sable étant fortement tassé se soutenait en voûte 5 on faisait, pour le soutenir, des appuis de maçonnerie et de charpente, quand cela était nécessaire. Ainsi, par le cours des temps , il s'est formé à Rome un spacieux labyrinthe souterrain, qui a plusieurs issues, cjui a des quartiers séparés, des communications parfois conservées , parfois obstruées. Les deux rives du Tibre sont également minées j on croit même qu'une galerie passe sous le fleuve et lie entre elles les deux régions des catacombes.

Il semble que nos carrières de Paris peuvent donner

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