LES CATACOMBES DE ROME
une parfaite image de la disposition des catacombes. Les unes et les autres ont été creusées pour en tirer les matériaux de la ville supérieure ^ elles consistent de même en galeries qui se communiquent. On a fait aussi à Paris des travaux de maçonnerie pour soutenir le sol supérieur aux endroits où il menace de s'affaisser. On y trouve également des carrefours , des excavations en forme de salles , quelquefois deux étages de galeries-, souvent des carrières se communiquent -, il en est dont les passages sont obstrués. Les ouvriers et les gens qui habitent près des issues se plaisent à croire et aflirment qu'une plus longue galerie, dont on a perdu la trace , passe sous la Seine et fait conuuuniquer les carrières d'une rive avec celles de l'autre rive. Les souterrains de Paris ont aussi leurs terribles histoires de gens qui s'y sont égarés, qui y ont erré sans guide et que la faim a fait périr.
Les carrières de Mont -Rouge et de Montmartre n'offrent point d'autres ressemblances avec les catacombes. Elles n'ont rien de solennel, ni qui frappe l'imagination. Aucun souvenir ne s'y rattache ^ jamais elles n'ont servi de sépulture ni de refuge 5 au lieu que la terre d'Italie conserve, jusque dans ses entrailles, le privilège d'être noble et poétique- Les tombeaux et les arts habitent jusque dans ses cavernes les plus obscures , et animent le voyageur à y pénétrer malgré les périls.
Il parait ([uc . dès les temps les j)lus anciens de
Rome , les f,'aleries des catacombes ont servi à des sépultures. L'auteur, d'accord avec le Père Mabillon , qui a fait une dissertation à ce sujet , réfute l'opinion commune et prouve que ces souterrains n'ont point été le I refui^e , le temple et le cimetière des premiers chrétiens. On y a enseveli les morts bien avant l'établissement du Christianisme -, des portions tout entières des catacombes sont occupées seulement par des tombeaux païens. Ce serait une erreur de croire que tous les corps fussent brûlés chez les Romains. Les esclaves et les pauvres gens, cpii n'avaient pas de quoi payer le bûcher et les parfums , ensevelissaient leurs morts sans les réduire en cendres. De grandes familles de Rome avaient même cet usage ; les Cornélius inhumaient leurs ])arens dans un vaste tombeau sans les placer sur le bûcher. Un passage touchant de Juvénal apprend que cela se pratiquait ainsi pour les petits eu fans :
JVaturtv iinprrio i^cimmus , cuinjuniis adullff f^irffinis occuriil, vel terra claïuUlur injans J't niinor i^ne rogi.
« Nous gémissons sur la rigueur de la nature , (juantl nous voyons les funérailles d'une jeune vierge , ou quand la terre se ferme sur un onfinl fron petit pour la llnnuiu^ du liùc lier. >/
it Ainsi , du Iciiips du jKiganisnie , tous les corps qu'on i\v réduisait pas en cciulres ont dû être ensevelis dans