SCENE VIII
WALFENSGHIESS (marchant et méditant).
Walfensghiess.— Oui! J'ai tout entendu
J'étais là, caché derrière une ravine Je
commence déjà à éveiller les soupçons des Suisses
parce que je m'assieds à la table du gouverneur
n'importe je parviendrai quand même ! j'arriverai à
mon but Analysons notre position. Je suis
Walfensch^ess, le fils du plus puissant seigneur de la contrée. Mon père est mort en défendant les franchises de sa patrie, en tombant à Gellinheim du même trait qui perça Adolphe de Nassau. Et moi ?
vais-je prononcer le mot? je la trahirais...
Ohî malheur! mais non c'est une crainte puérile, le patriotisme, la nationalité, la liberté, l'indépendance, tout cela n'est qu'un vain mot. Le meilleur parti est de savoir se plier aux circonstances. Déjà, j'ai gagné l'estime et la confiance de Gessler. Je lui ai découvert bien des trames, je lui en découvrirai bien d'autres. J'ai tout entendu, agissons, le moment est venu. J'aurai de l'or pour contenter mes goûts et mon ambition sera satisfaite, puisque j'entrevois, grâce à mon zèle et à mon mérite, la seconde place dans l'administration des affaires de la Suisse. Et
qui sait si plus tard? Oh! je parviendrai
quand môme ! mais silence ! agissons plutôt. (//
sort par une porte et Ilerman entre, par rautre^ un poignard à la main).