SCÈNE I
Gessler [seul). — Le diadème de la royauté, le s^ptre du potentat, le prestige du pouvoir, la richesse, les honneurs, l'ambition satisfaite, la gloire, tout cela m'appartient. Né dans l'obscurité, j'ai combattu courageusement, avec succès et honneur, contre les hommes et contre les choses. Et j'ai remporté la victoire. Le sort m'a visiblement protégé. Sois sa-
tibfait de ton étoile, 0 Gessler ! mes aptitudes
ont dessillé les yeux d'Albert d'Autriche, je l'ai fasciné par mes talents administratifs H y a plusieurs siècles un homme de génie, après avoir parcouru les diverses phases de la vie, occupé les derniers emplois jusqu'aux plus élevés, s'écriait: '' Sylla peut se vanter d'être l'artisan de sa propre grandeur." A mon tour je puis me rendre ce témoignage. Oui ! c'est l'intrigue qui fait l'homme et
c'est souvent le servilisme qui le grandit. Mes courbettes devant l'empereur d'Autriche furent grassement payées. A mon tour, tout un peuple se prosterne devant moi. Oui ! Gessler sois heureux, tu as bien mérité de toi-même... mais j'obliais (^7 so?i7îe) il me faut revoir le fils de cet intrépide Guillaume Tell. De quelle audace cett^ homme n'a il pas fait
preuve?