‹ Mélanges historiques et littérairesChapitre 22 sur 36 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Walfenschiess. — Le voila parti Je suis seul...

seul avec ma conscience (il marche et a l'air soucieux^

méditatif) seule avec mon crime ! Le sort en

est jeté, la trahison est complète. Je FxC saurais reculer devant la bassesse J'ai trahi mon pays ! ! !

...Malédiction ! malédiction î ! 0 ambition,

terrible ambition, où m'as-tu conduit ? Ah î

si j'eus pu obtenir le commandement du mouvement insurrectionnel, j'aurais été le premier à lever Pétendard de la révolte, mais Tell devait me primer, Tell, un montagnard, un simple paysan, commander au fils du plus puissant seigneur de l'ancienne Suisse ! impossible! Marchons donc!... Périsse la révolte ! Périsse ensuite toute tête plus élevée que la mienne ! ! Périsse à son tour le séide de l'Autriche ! ! !

Avançons ; je parviendrai quand môme

j'ai trois ennemis à combattre par les moyens différents. Le premier, c'est la révolte, Gessler vaincra pour moi. Le second, c'est Frédéric, le maître des gardes, le chef de l'armée; celui-là se détruira par ses propres armes : je lui réserve un piège. Le troisième c'est (èas) *Gessler; mon poignard se le réserve Frédéric sera peut-être mon plus

dangereux ennemi. Son poste est éminant ; il me le faut si je tiens à la réussite de mes autres projets. Le talon du soldat, c'est la garantie du pouvoir. Les

trônes ne se soutiennent que par l'épée et la force implante les idées. Ne brusquons rien cependant, temporisons. A chaque chose son heure. Ayons le

sourire sur les lèvres et l'astuce dans le cœur;

Mais voici Frédéric lui-même avec un des prisonniers. Il lui parle avec vivacité. Que peut-il lui dire ? cachons nous là et écoutons.

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