QUE FAUT-IL CROIRE
Certains philosophes prétendent que l’homme peut, sans religion, remplir ses devoirs de mari, de père de famille, de citoyen, que la conscience et la raison lui suffisent pour cela.
Mais que valent la conscience et la raison que la religion n’a pas formées et dirigées, au moins <:hez la ^ plupart des’ hommes ? Que certains hommes soient constitues physiquement et moralement de façon à vivre honnêtement sans le secours de la religion, c’est un fait incontestable. Mais ce sont des exceptions, et encore on a le droit de croire qu ils seraient plus parfaits si, aux sentiments d’honneur et aux dictées d’une conscience et d’une raison droites, ils joignaient l’heureuse influence d’une religion éclairée.
On ne peut fonder rien de sérieux sur des exceptions.
Il s agit de savoir si l’homme en général, si un peuple, si l’humanité peut se passer de religion. L’histoire de tous les temps, de tous les peuples répond négativement à cette question et elle apporte à 1 appui de sa négation une série interminable de
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faits écrasants. Elle constate que la conscience et la raison, la raison même instruite, ne sont pas suffisantes pour rendre un homme ou un peuple vertueux, pour lui donner les moyens de réprimer ses passions, de corriger ses vices et de lui faire accomplir des devoirs pénibles. Elle proclame hautement que, lorsqu’une nation a cessé d’être religieuse, elle a cessé d’être grande et respectée, elle est devenue victime des erreurs et des crimes les plus déplorables. Exemple : la France de i793, sous le règne de la raison.
“ On peut bien,” dit Lacordaire, “ se moquer des poulets sacrés de Rome, mais lorsciue Rome cessa de croire à ses poulets sacrés, elle cessa d’être la reine du monde.” Rien de plus vrai, il n’y eut jamais de peuple plus religieux que le peuple romain pendant les premiers siècles si glorieux de son existence. Un peuple sans religion est fatalement voué à la tyrannie des grands ou des petits, aux superstitions les plus ridicules, aux théories et aux pai^ions les plus funestes : l’histoire du monde le démontre sans conteste.
Maintenant, aucune religion ne possède autant que le catholicisme le pouvoir de rendre l’homme vertueux, de lui donner l’énergie de réprimer ses passions, de remplir ses devoirs envers Dieu, envers son ppys et sa famille, d’accomplir des actes de dévouement et de sacrifice, de supporter les misères inhérentes à la vie.
Ah ! sans doute, plus son pouvoir est grand sur les âmes, plus il est susceptible d’abus et d’exploitation.
plus il prête à l’exagération, à l’ambition, au fanatisme, à la superstition. Il faut le juger par l’effet sur les âmes qui l’interprètent et la pratiquent honnêtement et sincèrement. C’est lui qui produit depuis dix-huit siècles les hommes les plus parfaits, les saints les plus vénérés que le monde ait connus. Il n’est pas responsable du mal que lui font l'hypocrisie, l’ignorance, le fanatisme et la fausse interprétation de ses préceptes.
Etant donné qu’une religion est nécessaire, indispensable pour le temps et pour l’éternité, aucune n’a jamais offert à l’homme autant de garanties et d’éléments de certitude que le catholicisme.
La raison elle-même dit à l’homme sage qu’elle est incapable par ses propres forces de lui enseigner ce qu’il doit croire et pratiquer, et qu’il doit chercher, ailleurs la solution des mystères de la vie présente et future. Elle prpclame la nécessité d’une autorité souveraine pour la guider et l’empêcher de s’égarer dans les erreurs et les contradictions les plus lamentables. Or, où trouver cette autorité en dehors de l’Eglise catholique ?