LE PRETRE, LE MEDECIN, LE NOTAIRE
Trois personnages donnent, à la population de la campagne principalement, une orientation religieuse, morale et nationale : le prêtre, le médecin et le notaire. Participant tous les trois aux actes les plus importants et les plus intimes de la vie humaine, ils jouissent d’un prestige, d’une autorité et d’une influence considérables. Le drame et le roman ont illustré le rôle du curé et du médecin de campagne ; on y trouve des peintures attendrissantes de leur action bienfaisante. Appelés à exercer leurs fonctions, à toute heure du jour et de la nuit, leur mission est souvent pénible et requiert un grand esprit de sacrifice, de charité.
Autrefois spécialement, lorsque, l’automne et l’hiver, il leur fallait aller la nuit, à quinze, vingt ou trente milles, par des chemins impraticables et dans des voitures affreuses, pour assister un pauvre malade, ils avaient beaucoup de mérite. Ils ont un droit incontestable à l’estime, au respect et à la reconnaissance dont ils jouissent, et il n’est pas étonnant que leurs conseils et leurs exemples soient suivis. Le rôle du notaire, quoique moins onéreux et plus modeste.
n’en est pas moins utile et bienfaisant. Il a été le protecteur, le gardien fidèle des biens, des intérêts de la famille canadienne. M. Morin a fait dernièrement l’histoire des services précieux rendus par le notaire à notre population depuis l’établissejnent de ce pays.
Ils sont encore, tous les trois, les conseillers les plus écoutés de nos gens, à la campagne surtout, et, lorsqu’ils s’entendent pour le triomphe d’une bonne cause, ils sont presque toujours sûrs de réussir. Il est bon, nécessaire qu’ils conservent leur prestige, dans l’intérêt public et national, au sein de cette population rurale qui est le pilier, le boulevard le plus solide de nos destinées religieuses et nationales.
N. B. — M. Morin est le président actif et dévoué de la Société Saint-Jean-Baptiste