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NECESSITE DES PARTIS POLITIQUES

L’existence des partis politiques est nécessaire au bon fonctionnement du gouvernement constitutionnel et elle a été depuis l’Union pour la province de Québec un élément puissant de protection. La majorité anglaise, qu’elle soit conservatrice ou libérale, s’exposera rarement à perdre l’appui de la minorité canadienne-française, lorsque celle-ci saura faire respecter ses droits.

L’attachement à un parti ne prive pas les députés de leur indépendance, ne les empêche pas de donner à leurs chefs des conseils et des avertissements utiles et de les forcer même à faire ce qui est juste.

Ils y ont d’autant plus de mérite que leur indépendance est discrète, secrète même et souvent peu connue du public. C’est un rôle ingrat, mais utile, patriotique.

Un député ne doit voter contre son parti, et surtout l’abandonner, cjue sur des questions d’intérêt majeur, d’importance vitale, et lorsc|ue sa conscience, son jugement ou des engagements solennels l’exigent. Il doit aussi pouvoir se convaincre et convaincre le public que sa conduite n’est pas dictée

par des motifs d'intérêt personnel, et avoir, autant que possible, l'adhésion ou l’approbation d’amis sages et sincères.

Ils sont rares ceux qui ont le courage de sacrifier leur intérêt personnel au bien public, au triomphe d’un grand principe national et religieux, mais leur indépendance est grandement méritoire, utile au pays et même souvent à leur parti, car elle empêche leurs chefs de commettre des erreurs ou des fautes pernicieuses. Leur exemple est bon, salutaire.

Savoir être indépendant demande beaucoup de jugement, de discrétion et de courage.

L’INSTITUTEUE.

Parmi ceux qui contribuent à l’éducation, à la formation morale et intellectuelle de notre population, je dois mentionner l’instituteur, l’institutrice. Leur mission est modeste, mais noble et digne d’estime, car elle complète et corrige souvent l’œuvre des parents. Dans les souvenirs lointains de mon enfance, le vieux maître d’école de ma paroisse m’apparaît avec sa tête blanchie par les années et le travail, avec sa physionomie empreinte de tristesse et de bonté. Elle est monotone, d’une monotonie énervante, la vie de l’instituteur qui, pendant quinze, vingt, trente ans, répète les mêmes leçons à des enfants plus ou moins mutins et indisciplinés. Il lui faut une patience qu’on ne trouve pas toujours chez les parents eux-mêmes. Critiqué, peu payé, son œuvre bienfaisante et nationale était peu appréciée autrefois, et il ne pouvait guère compter sur la reconnaissance publique. Nos gouvernants se sont fait un dwmir, depuis quelques années, d’apprécier les services ciu’il rend à la société et d’améliorer son sort.

On peut dire de l’instituteur ce c^ue j’ai dit du prêtre ; on le juge par les résultats de son œuvre, par

les caractères et les intelligences qu’il forme et développe. Comme le prêtre, il doit s’efforcer de jeter dans l’âme des enfants des germes de religion, de morale, de patriotisme, de vertu et d’honnêteté, de leur inculquer des notions de politesse, de bonne éducation, de savoir-vivre et d’honneur, le sentiment du devoir, du devoir envers Dieu, envers leurs parents et leurs semblables, envers la patrie. Il doit les prémunir contre les dangers de l’avenir, contre les influences néfastes, les exemples pernicieux, leur inspirer l'horreur du mal, de tout ce qui est vil, grossier.

Qu’il est beau et digne d’admiration le rôle de l’éducateur, d’autant plus méritoire aux yeux de Dieu et des hommes, qu’il est plus onéreux et ingrat, plus ou moins méconnu !

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