‹ Mélanges historiques et littéraires [microforme]Chapitre 38 sur 58 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LEs MÊMES.

GESSLER (regardant fixement le jeune homme).— Comment te nommes tu jeune homme ?

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HExRi—Je me nomme Henri et mon père s’appelle Guillaume Tell.

GEssLER.—Quel âge as-tu maintenant ?

HexRi.—Ma mère disait l’autre jour au père Werner que j'avais vu dix printemps, cela doit signifier dix années. .

GESSLER.—Et l’aimes-tu le père Werner ?... Que l'a. t-il dit ?

HENRI.—I[] m'a ait souvent d'aimer nos montagnes ; le petit champ que cultive mon père; le troupeau que je faisais paître et mes frères de la Suisse

GEssLer.—EÆEt que t’at-il dit encore ?

Hexri.—Il m'a dit d'’obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes; qu’un tyran était l'ennemi de Dieu et des hommes, qu’il fallait le craindre comme l'agneau craint le loup, qu'il fallait le fuir comme l’oiselet fuit le vautour vorace.

GEsSLER (haussant le ion).— Ensuite ?

HENRI.—Il m'a dit de marcher sur les traces de mon père; d'aimer comme lui la liberté et l'indépendance. :

GESsSLER (avec dédain) —ÆEt sais-tu ce que c’est que la liberté ?

Hexri.—dJ’ai toujours cru que l'oiseau qui vole dans les airs, que le poisson qui nage dans les eaux, que la bête fauve qui mugit dans sa tanière étaient libres. Je n'ai jamais su ce que sont les hommes quand ils sont libres, car je n’avais pas encore vu le jour qu’une ombre épaisse obscurcissait mon pays, lui enlevant les élans du cœur et les contentements de l'esprit.

Gesszer.—Mais ce père Werner, qu’est-il, que faitil ? parle, jeune louveteau.

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