Diminution du salaire du Gouverneur-général
50. Réduction du nombre des employés publics, à ce quiest strictement nécessaire pour l’efflcacité du service public.
6o. Réorganisation de la milice en prenant pour bâse le maintien de l’ordre intérieur.
To. Amélioration de nos voies de communication intérieure pour faire prendre au commerce de l’Ouest la voie du St. Laurent.
80. Opposition à la construction du chemin du Pacifique, par octroi du gouvernement, tant que le Nord-ouest ne sera pas suffisamment colonisé.
90. Obtention du droit absolu de régler nousmêmes nos relations commerciales avec les autres pays de manières à assurer l'établissement de manufactures en Canada.
100. Développement des ressources spéciales de chacune des provinces composant la confédération.
C'est pour répandre et faire progresser ces idées que le National, journal du nouveau parti, fut fondé le 24 Avril 1872, ayant pour propriétaire l’Honorable M. LAFRAMBOISE et rédacteur-en-chef l’Honorable CHARLES LABERGE,
J'ai voulu mettre en regard le programme écrit et avoué du parti libéral canadien depuis 1848. Je ne sache pas qu'aucun ami sincère de la liberté civile en Canada doive en rougir. Ce programme renferme l’ensemble des réformes que la presse libérale et les hommes publics de ce parti ont voulu faire passer dans la législation. Interrogeons l’histoire ; il nous sera facile de voir les progrès qui ont été accomplis. Toutes nos grandes mesures politiques et sociales nous sont venues de là. Je ne crains pas de l’affirmer. Le parti libéral est l'héritier naturel, dans l’histoire politique de notre pays, des sentiments patriotiques et nationaux déployés par nos ancêtres dans l’ancienne chambre d’assemblée. (C'est lui qui nous rallie à ce que nous avons de meilleur dansnotre passé ; et, les libéraux de notre époque sont de la famille des Papineau, des Bédard, des Bourdages, des Quesnel, des Viger, et de tant d’autres enfants illustres du Canada français. C’est par eux que nous avons eu le gouvernement responsable et ce sont leurs descendants qui en ont tiré le meilleur parti. On peut ne pas accepter toutes les réformes récla- : mées, contester l'opportunité de quelques-unes, mais
aussi peut on méconnaître les services signalés que”
le parti libéral a rendu à la cause sacrée de la patrie. Et, si on se dégage des passions de la politique : pour examiner froidement les tendances des deux partis qui se sont desputés le pouvoir dans ce pays depuis l'établissement du gouvernement constitutionnel, on admettra que les libéraux ont toujours été guidés par des principes avoués. Ils avaient u: drapeau, et c’est dans les plis de cette oriflamme que
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l'impartiale histoire retrouvera les principes qui les ont animés avec les tendances qu’ils ont cherché à inculquer dans l'esprit de la nation, C’est au nom des principes qu’ils ont invité le peuple à les suivre. L'intérêt personnel n’a pas été le mobile de leurs actions.
De 1837 à 1843 il se publia à Québec un petit journal humoristique et frondeur qui, après avoir débuté bien modestement, finit par obtenir un succès fou. On se le passait de main en main, on se l’arrachait dans les rues, on le lisait sur les boulevards, dans les salons et dans les carrefours. Il tit concurrence aux grands jo.rnaux et on en parlait par toute la province. Il attaquait tous Les ridicules et tous les vices, tonnait contre le fanatisme anglais, sifflet les personnages les mieux huppés, depuis la grande dame jusqu’à la grisette de bas étage, les gouverneurs comme les simples valets de chambre. Véritable enfant de Paris, son rédacteur promenait sa figure sarcastique dans les rues de la vieille capitale, recueillant sur son passage des applaudissements en échauge des dards et des quolibets qu'il lançait étourdiment de droite et de gauche.
Il fallait le voir s'attaquer aux gouverneurs anglais: Lord Durham, Poulett Thomson, Malbourne, Charles Bagot, Lord Colborne, etc. Comme sa franchise est verte, comme son parlé est franc, comme sa pointe est encisive, comme son trait est mordant ! Véritable boîte de Pandore, Le Fantasque, (car le lecteur a dû reconnaitre l’œuvre du spirituel N. AuBin), était le porte-griefs des canadiens-français. Tous ceux qui avaient à se plaindre du gouvernement d’abord,
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puis des autorités quelconques, municipales ou autres, trouvaient là un refuge pour se cacher où une tribune pour élever la voix.
Le Fantasque est l'expression de la gaité vive et gauloise du peuple canadier en bonne humeur et en franche lippée. Il rit, P.uine, bourdonne, casse les vitres, fait du bruit, pique, mord, se débat, lance des horions, dit sournoisement ce qu’il pense et se cache pour éviter les coups. L’épigraphe portait : “ Je n’obéis ni ne commande à personne, je vais où je veux, je fais ce qui me plait, je vis comme je peux et je meurs quand il le faut.” Le journal et sa tendance se peignent dans cette phrase. Faible et pauvre, l’auteur lance cette petite feuille dans le public ; il n’a ni imprimerie ni imprimeur; n'importe, il porte avec lui son idée. A la fin, un imprimeur charitable lui fait un premier numéro. Celui-ci ne portait aucune date, parce que, dans Pesprit du rédacteur, il ne devait pas avoir de frères. Il est bien accueillicependant;ilen vientun secondnuméro,puis ainsi de suite pendant quatre ans, formant trois volumes in-8, et un autre (le quatrième) in-quarto.
En commançant la pubjication du quatrième volume, l’auteur disait: Le format sera in-quarto et comprendra le lundi quatre pages et le jeudi deux pages.
‘" La première page sera ordinairement consacré à des mélanges liltéraires que nous tirons des meilleures et des plus amusantes publications françaises, dont nous élaguerons avec un soin scrupuleux tout ce qui pourrait enfreindre la morale la plus exigeante. Une partie de notre journal sera consacrée
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aux connaissances utiles qui comprendront des petits traités élémentaires, des sciences que nous mettrons à la portée de toutes les classes de lecteurs, des articles d'économie usuelle,des améliorations dans l’agriculture, des procédés favorables dans les arts, et enfin tout ce qui pourra faire de notre feuille un recueil instructif.en même temps qu’amusant.
‘“ Ces divisions ne nous empêchent pas de consa* crer toujours la plus grande portion de nos colonnes aux matières fantastiques, qui comprennent la critique littéraire et artistique, les affaires locales, la politique générale et privé et enfin les principales nouvelles. IL va sans dire que cette partie sera traitée dans le même genre et avec la même indépendance qui ont fait la réputation du Fantasque. La partie politique surtout sera continuée selon nos instincts qui sont, comme on a pu les estimer jusqu'ici, de la couleur libérale la plus tranchée. Nous r’avons d’entrailles que pour le peuple, pour le travailleur, pour le persécuté ; et, les hommes de tous les partis doivent redouter une satyre infatiguable, courageuse jusqu’à l’audace, dès qu'ils s’écarteront du droit chemin de la volonté populaire, de la justice ou du bon sens commun.”
C’est ce caractère si éminemment national, et à la fois varié et artigjique, qui m'engage à ranger le Fantasque, journal politique surtout, parmi nos mélanges littéraires. Il mérite d’être placé à coté du Canadien, cet autre vieux soldat qui combattit si longtemps pour assurer l'existence de nos droits nationaux. Ils ont combattu côte à côte ; ils ont été braves à l'heure du péril; tous deux ont vu leur
46 MÉLANGESHISTORIQUES ET LITTÉRAIRES.
ateliers saccagés, pillés, leur matériel confisqué et leurs rédacteurs emprisonnés ; tous deux savaient mourir quand il le fallait et renaître après la disparition de la tempête, à la première lueur du calme.
Les premiers volumes du Fantasque sont mieux écrits que les derniers: la verve est moins lourde, l'attitude plus tranchante, la satire mieux distribuée, les coups plus drus et plus rudes; en vieillissant son rédacteur se fait grave. Ce sérieux porte bien une empreinte ironique, mais ce n’est plus le rire malin et narquois de l’espiègle enfant faisant des niches à tous les passants. On voit d’ailleurs que l’auteur est fatigué d'écrire: il veut prendre sa volée vers d’autres cieux, tenter d’autres destinées. Artiste de nature, aventureux par goût, inconstant par caractère, M. Aubin n’a jamais su se plier à une tâche assidue. C’est un esprit essentiellement chercheur, actif, auquel il faut l’espace, l’air et la liberté.
Quoiqu'il en soit, le Fantasque vivra et quiconque voudra étudier l'époque de 37 ouvrira ces pages déjà vieilles par les années, mais encore gaiïes, jeunes et frappantes par les idées originales qu’elles renferment.
M. Aubin a prouvé qu'il était critique fin et obser. vateur délicat dus sa revue parlementaire, où il ébauche les portraits des hommes marquants de l’ancienne chambre. Malheureusement cette étude est resté inachevée. L’auteur aurait dû la faire -remonter à plus haut, afin de rencontrer sous sa plume nos gloires parlementaires qui votèrent les 92 Résolutions.
Le plus ancien journal publié en Canada est la
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Gazette de Québec, fondée en 1764 par Brown et GiL- NORE. Il fut publié en anglais et en français, d’abord hebdomadairement, format petit folio, puis deux fois par semaine, et plus tard quotidiennement, avec format agrandi. Ce journal forme une collection de 63 volumes et s'arrête à 182% Il a été publié et redigé principalement par l’Hon. Jon NEILSON, Donarn McDonaLD et ETIENNE PARENT.
La Gazette de Montréal fut fondée à Montréal en 1784, par FLeury MEspLer.
Le Courrier de Québec, fondé par le Dr. LABRIE, parut en 1807. Il dura six mois et forme un volume de 208 pages in-octavo. Cette feuille avait en même temps le caractère d’une revue. Nous y trouvons des anecdotes et des traits de mœurs intéressants. L'éditeur était un fervent défenseur de la constitution anglaise et des libertés qu’elle confère. On y lit avec profit des études sur la condition économique du pays, sur les sauvages du Canada, sur la constitution de 1791, sur les lois criminelles et le procès par jury. 4
En 1810, M. P. E. Desparats, fonda le Vrai Canadien ; en 1813, M. Pasreur, le Spectateur ; en 1819, MM. Bisauo et DELORME, l’Aurore.
Le premier numéro du Constitutionnel, Gazette française des Trois-Rivières, journal politique et littéraire, fondée par M. LunGer DuvERNay, parut le 11 Mars 1823. “ Le roi, la constitution et les honnètes gens,” tel était son épigraphe. Il remplaçait la Gazette des Trois-Rivières, fondée en 1817. Ce journal combattit dans les rangs du parti national en résistant de toutes ses forces à l'opposition du parti anglais. Il
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était pour le district des Trois-Rivières ce qu'était le Canadien dans le district de Québec, un vaillant champion de nos libertés populaires et de nos droits nationaux. Il subsista jusqu’en 1825, époque à la quelle M. Duvernay vint à Montréal pour prendre la direction de la Minerve.
En 1819, MM. Bibaud et Delorme fondèrent le Courrier du Bas-Canada; en 1819, Jon Quicran, La : Gazette Canadienne ; en 1820, ROBERT CHRISTIE, Le Télé graphe ; en 1821, F. X. Tessier, Le Journal de Médecine. La Sentinelle fut publiée en 1822. M. PiGEoN, fonda la Gazelle de St. Philippe en 1826 et l’Argus parut à Trois-Rivières la même année.
L’Ami du Peuple de l'Ordre et des Lois, publié à Montréal, par MM. LEcLèRE et Jones, remonte au 21 juillet 1832, et dura trois années, Ce journal fut fondé sur des bases essentiellement conservatrices pour ne pas dire tories. Il fut un organe bureaucrate, par conséquent antipathique aux intérêts Bas-Canadiens. ‘Il s’opposera courageusement, disait le prospectus, à toute tentative qu’on pourrait faire pour répandre le dangereux poison de la discorde et de la discussion parmi le peuple de cet heureux pays.” Ainsi d’après lui, l'habitant du Canada, en 1833, vivait dans le meilleur des mondes possibles. En cela cette feuille méritait de faire cause commune avec la presse anglaise.
En 1834, F. X, Garneau fonda l’Abeille Canadienne et M. Debartzch, à la même date, publia à St. Charles L'Echo du Pays ; en 1836, MM. Aubin et DeGaspé fondèrent Le Télégraphe, et M. Evans, Le Journal d’Agricullure. Boucher-Belleville rédigea le Glaneur en
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1837, et MM. Gosselin et Leblanc de Marconay mirent en circulation le Populaire. Le Libéral fut fondé en 1837 par Bouchette et Hunter. Lemaitre publia, la même année, la Quotidienne, journal qui fut remplacé par le Temps. G. H. Cherrier donna naissance à l'Etoile du Bas-Canada en 1838. Vers le même temps, MM. Houlée et Gérard, lancèrent le Courrier Canadien, et M.Cinq-Mars l’Aurore des Canadas. En 1840 le Dr, Gauvin fonda le Jean-Baptiste, et MM. Parent et Fréchette le Coin du Feu.
Les Mélanges Religieux parurent.en 1840. Ils étaient publiés sous la direction de l'évêché de Montréal. Cette publicätion dura l’espace de deux années, et forme quatre volumes, in-8, 450 pages. Elle était destinée à remplir parmi nous le rôle de la Semaine Religieuse en France. Nous y trouvons fort peu de littérature profane, un peu plus cependant dans les derniers volumes. La préoccupation des rédacteurs est de ramener toutes les questions à la religion. L'abbé JEAN CHarLes PRINCE en était le directeur principal ; M. H. L. Langevin fut chargé de la partie éditoriale la dernière année. On y lit quelques biographies intéressantes au point de vue historique.
En 1841, M. V. Delorme fonda le Journal des Eludiants, et peu après l’Institut ; le Phénix fut publié en 1841, par J.J. Williams, éditeur du Journal du Peuple, fondé en 1842. MM. Huston et Bertrand, publièrent en 1842, l’Artisan; MM. Cauchon et Côté le Journal de Québec en 1842 ; M. Aubin, le Castor en 1843 ; M. Cinq-Mars le Diable Bleu, en 1843; M. A. Fe le Charivari et le Citoyen en 1844; MM. Dra-