‹ Mélanges historiques et littéraires [microforme]Chapitre 10 sur 58 · PRE · texte numérisé non relu

PRE

TE e——

peau et Plamondon, le Ménestrel en 1844. Le Litterary Garland remonte à 1842.

Une des premières publications littéraires du Canada est la Revue Canadienne de I. O. LETOURNEUX, publiée à Montréal dans les années 1844, 45, 46. Le fondateur voulut en faire une publication de politique, de jurisprudence, de littérature et de traditions populaires. Le Dr. Leprohon fonda la Lancette Canadienne en 1847 ; M. Olivier, l'£Echo des Campagnes en 1847. Le Journal des Trois-Rivières, établi par G. Stobb, remonte à 1846. Le Moniteur Canadien parut en 1849 sous la direction de M. DE MonTiGNy. C'était un journal quotidien sincèrement dévoué aux intérêts nationaux, ennemi de la bureaucratie et des iniquités de la presse et du parti tory. [1 fut remplacé par le Pays, vers 1852. |

L'Amu de la Religion et de la Patrie, journal ecclésiastique, politique et littéraire, parut le 18 Décembre 1847. Il était rédigé par M. Jacques Crémazie et S. Drapeau ; il fut discontinué en 1849. Ses écrits s’inspirent tous à une source religieuse. Il fut pour Québec ce qu'étaient les Mélanges Religieux pour Montréal.

Le Canadien Indépendant parut en 1849. II fut fondé par MM. Aubin et-Fréchette et ne vécut qu’une année. C'était un partisan dévoué de lindépendance du Canada. Depuis cette époque cette grave question a été prêchée par plusieurs journaux, qui ne vécurent à la vérité que l’espace d’un matin; ils marquent cependant Les tendances d’une certaine portion de la population. Entre autres je citerai: l'Indépendance Pacifique du Canada, fondé par M.

REVUES ET JOURNAUX. 5t

Laxcror en 1867 et l'Indépendant fondé par M. A. Bures en 1870. M. Médéric Lanctot avait déjà donné naissance à l’Union Nationale et à la Presse. En 1876 M. Buies lança le Réveil.

En 1849, M.S. Drapeau fonda l'Ordre Social, et en 1850, MM. Fréchette et Lettoré, la Sentinelle et le Peuple Travailleur. Le Semeur Canadien, publié à Napierville par Narcisse Cyr, parut en 1851.

La Patrie, journal du soir, parut le 26 Septembre 1854 Timide dans ses début il finit par approuver la politique de M: Lafontaine et se ranger du côté conservateur. Il lutta hardiment contre le Pays: Il était rédigé par M. RamBauLzrT, et plus tard par M. DE LA PoNTERIE. Ce journal paraissait deux fois la semaine ; il s’opposa à la question si populaire de l'abolition de la tenure seigneuriale.

Le National, fondé en 1855,par MM. Huor, FouRNIER et PLAMONDON servit d’organe au parti libéral dans le district de Québec. Il releva le drapeau des idées démocratiques que le Canadien et le Journal de Québec venaient d'abandonner en saluant la combinaison ministérielle qui s’appela Hinck-Morin,

M. L. M. Darveau fonda l’Observateur, journal critique, en 1858; cette feuille se soutint jusqu’en mai 1860. En juillet de la même année, M. Darveau publia la Réforme, dans les intérêt du parti libéral du district de Québec ; elle fut publiée jusqu’en 1864. Le Franco-Canadien, fondé en 1860 par l’Hon. Cus. La- BERGE, subsiste encore, grâce à l'esprit éclairé de son rédacteur actuel, M. F, G. MancHanp. L'Ordre fut publié à Montréal en 1868, d’abord par un comité de collaborateurs puis plus spécialement par

M. Ar. DessanDins et M. GEnano. Le Nouveau-Monde, organe spécial de l’évèché de Montréal, remonte à 1867; il compte parmi ses rédacteurs MM. RoyaL, DesyanpiNs,et BEAUSOLEIL. Le Courrier du Canada,fondé en 1857, compte parmi ses rédacteurs MM. Tacné, RéÉNauLrT et Auyvor. M. H. Fasre fonda l'Evénement à Québec en 1867; M. Gérin, le Constitulionel à Trois-Rivières, en 1867 ; MM. Mousseau et Davin, l'Opinion Publique en 1870 et M, BeEausoseiz le Négociant Canadien en 1872. Il faut encore mentionner le Courrier de St. Iyacinthe, rédigé par MM. H. Mercier, Os. Dunn, De La Bruyère ; L'Union, organe du parti libéral du district de St. Uyacinthe, rédigé par MM. Fontaine, Morrisson, Richer, etc; le Bien Public, fondée en 1874, par MM. L, O. David et CG. Beausoleil; le Messager de Sorel, œuvre de M. J. B. Brousseau ; l’Echo de Beauharnois, soutenu par M. Thomas Brossoit ; le-Pionnier de Sherbrooke et le Progrès, rédigés par M. Bélanger ; La Gazette de daliette, publiée par M. Martel. La Gazeite de Sorel alimentée par M. Barthe, remonte à plus de vingt ans.

On peut ajouter à cette liste plusieurs autres journaux de campagne qui n’ont vécu que quelques années ou qui ont été remplacés par d’autres feuilles. Je n’entreprendrai pas de les nommer, car je risquerais d'en oublier quelques uns. Dans tous les cas, il est certain que les journaux des districts ruraux prendront de plus en plus de l'importance et de la circulation, à mesure que le goût de la lecture se développera dans cette partie du pays.

Dans le préambule de l’Acte pour l'abolition des droits et des devoirs seigneuriaux, sanctionné le 18 décembre 1854, on voit que l'intention du législateur a été de ‘substitier une tenure libre à l’ancienne tenure seigneuriale ou féodale que la France nous avait léguée.

C'était un sujet d’ordre public, éminemment lié aux intérêts de la population du Canada. L'ancienne tenure avait des charges qui pesaient lourdement sur les épaules du peuple ; elle imposait des devoirs et des obligations qui grevaient l’industrie ettuaient l'esprit d'entreprise ; elle donnait naissance à des droits exhorbitants et provoquait des conflits nuisibles à l'ordre public en mettant sur un pied d’une trop grande inégalité le seigneur et son vassal.

Après une longue lutte de près d’un demi siècle, l'assemblée législative adopta, le 26 juin 1850, les deux résolutions suivantes proposées par Sir L. H. Lafontaine.

lo. Résolu.—Que la tenure seigneuriale, dans le Bas-Canada, est un sujet d’ordre public, àont il est du devoir de la législature provinciale de s'occuper, plus particulièrement depuis que cette question a attiré l'attention publique à un haut degré; qu'il importe en conséquence d’effectuer, à une époque aussi rapprochée que possible, la conversion de cette

tenure en une tenure libre, en protégeant et réglant équitablement tous les intérêts concernés.

20. Résolu.—Que la dite commutation de tenure ne peut avoir lieu qu'au moyen d’une indemnité suffisante en faveur de tous ceux dont les justes droits seront lésés, en l’effectuant,.

Ces propositions consacraient un principe juste et équitable. Cette révolution ne pouvait s’accomplir légitimement sans décréter d’une manière solennelle l’inviolable droit de la propriété.

Mais n'anticipons pas; remontons aux sources mêmes de la question seigneuriale, et examinons :

Page 1