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CORRESPONDANCE

(Malbaie)

roir® La Malbaie, ou Murray Bay, est une station balmenRnéaire où des centaines de personnes vont, tous les ans, chercher la santé et le repos. La nature l’a bien faite pour un pareil objet ; rien n’y manque de ce qui peut délasser l'esprit et fortifier le corps. Le q Paysage est grandiose, remarquable par la variété et M la beauté des effets de lumière que le soleil y produit ; une brise constante y entretient sans cesse une fraîcheur agréable, et la mer y apporte deux fois par jour ses flots imprégnés de salin. . Au fond de la baie se trouve le village propre et bien bâti ; les deux côtes qui l’encadrent, et dont l’une s'appelle le “ Cap à l'aigle,” et l’autre “ La Pointe au pic,” s'élèvent en amphithéâtre à une hauteur considérable.

Lorsque les premiers et les derniers rayons du soleil illuminent de reflets d’or, d'argent et de pourpre les collines, les montagnes et les flots de la mer qui s’avancent en chantant dans la baie, rien de plus beau que le spectacle qui s'offre aux regards, rien de plus pur et de plus suave que la brise qu’on respire alors.

comme pour le spectacle des misères hu-

e baie

> femMie l'endroit. Le prix de la pension dans les hôtels

st d’une piastre par jour : chez les cultivateurs il

CttMarie de deux à quatre chelins.

ire IS M. Kerr se fait bâtir en ce-moment un joli cottage

reuse Len face du débarcadère. |

1yæ4 n y a peu de familles canadiennes parmi toùs ces

ir'le étrangers. Les Canadiens-Français préfèrent aller,

s hu- paraît-il, au sud du fleuve, à Kamouraska, Cacouna,

san-Betc.

ONE On se porte en masse vers le quai, à l’arrivée des

s1On, bateaux-à-vapeur, pour voir les gens qui passent en route pour le Saguenay et souhaiter la bienvenue à

ceux qui arrêtent à la Malbaie. A voir l’'empresse-

ment avec lequel on demande des nouvelles à ceux

qui arrivent, on dirait des exilés absents de la patrie

depuis bien des années. R

Il faut voir aussi les files de calèches qui se croisent en tous sens, car tout le monde est cocher penen-E dant la saison d'été, et toutes les voitures sont des ne, E calèches ; il faut en prendre son parti, On a essayé

les quatre roues, mais il a fallu y renoncer, les côtes sont trop nombreuses et trop escarpées pour ce P-E véhicule. Les cochers pestent contre les cultivateurs

qui leur font opposition, mais les étrangers ne se S À plaignent pas, car ils se romènent à bon marché.

Il n’est pas rare de voir, le soir, des grandes charrettes remplies de jeunes filles et d'enfants en train de s'amuser.

C'est le matin et l'après-midi qu’on voit défiler les SD baigneurs et les “ baigneuses ” vers le fleuve. I] faut voir leurs accoutrements, il faut entendre leurs cris,

MÉLANGES HISTORIQUES gr LITTÉRAIRES

lorsqu'ils se mettent le bout des orteils dans l'eau et lorsqu'ils se plongent tout entiers dans Je salé. Mais jetons un voile

J'étais à la messe d

de Terre.

Pas moins surpris en voyant M, Monter dans la chi; 1

airé le sernion.

LE

Caux salées doivent être

Comme pour les autres mortels.

Il est un fait

jà vu des étrangers inze jours à Ja Malbaie,

prendre

Il ya qui attestent que pl

s cette terre où l'on va chercher la santé, On. art donc là comme ailleurs. Il y a même des y voit

L'émigration n'y exerce pas ses ravages, Quand Rn père a plusieurs fils qu'il ne peut établir, il les nvoie faire de la terre neuve.

CORRESPON DANCE, (Malbaie)

Evidemment je ne suis pas à quatre-vingts |; de Montréal, D;

it entendre à }

À quoi sert maintenant d'aller de la Malbaie ? A quo ? :

sept où huit ans,

gueuil. On

à Laprairie ; i

7 MÉLANGES HISTORIQUES ET LITTÉRAIRES 75 ne été reçu prêtre, l'année dernière ; ses deux petites Iles sont au couvent. Etrange destinée !

Il y a sept ou huit ans c'était de politique qu'il ? il était un des partisans les plus dévoués et plus utiles du parti conservateur.. Dimanche jet, il traitait de choses beaucoup plus grandes plus importantes, de choses divines !

Parler d’un homme, vanter ses mérites lorsqu'il t rempli d'infirmités et de faiblesses et sujet à du jour au lendemain, et parler de Dieu, de immortalité de l'âme et de l'importance du salut quelle différence ! Quant à M. Hicks les gens ie ont dû tous revenir de la messe avec torticolis, car ils tournaient la tête à chaque note que M. Hicks leur envoyait, comme ‘des coups de tanon, dans les oreilles.

devoir de lui rendretous les services possibles Our Payer un peu l'hospitalité généreuse et charte qu’il leur donne,

Lundi dernier, je traversais en Chaloupe à Kaouraska dont la vue me fascinait depuis plusieurs jours. Kamouraska est en face de la Malbaie, de l'autre côté du fleuve. C’est une coquette petite ville aux blanches maisons groupées sur le rivage comme un poli bouquet de fleurs. C’est la plus gaie et la plus joyeuse de nos stations balnéaires, proba-'

là une société brillante, pleine de vie et d'entrain ; = 01 y prend des bains et on s’y amuse ; on peut fort è bien faire les deux à la fois, n'en déplaise à mes-

sieurs les Anglais, A voir les Anglais à la Malbaie,

Les prêtres qui visitent M. le curé Doucet se font

blement parce qu'elle est la plus française, Ilya.

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76 uéranors HISTORIQUES ET LITTÉRAIRES |

On dirait que les Stations balnéaires sont des lieu

de pénitence et de mortification : on dirait des s faisant leur pèlerinage à la Mecque.

uraska, il y a d’abord Plusieurs famille Canadiennes qui sont très bien, et dont la polie:

et la gaieté contribuent tant à rendre le séjour d leur ville agréable. On me permettra de nomme

Mme juge en chef Duval, Mme Geo. - Desbaratsh

les demoiselles Bossé, Monsieur et madame Drole

n Souvenir, J'ai vu M. Routhier avec Plaisir et j'ai re ué avec satisfaction Ja belle position qu'il s’est faite.

; ses talents se sont Magnifiquement dévelop-

ustère des causeries du dimanche, Tant mieux qu'il soit ainsi, Ceux que ses principes pou- : aient avoir effrayés craindront moins de devenir ses disciples. Je vous assure que le chemin qu'il poursuit n'est pas bordé que de ronces et d’épines, t que sa compagnie est moins ennuyeuse que ses principes le sont pour plusieurs. Je suis certain qu’il ferait bon ménage avec les correspondants de “l'Opinion Publique,” dont la légèreté lui déplait gct qu'il deviendrait, en peu de temps, l’inséparable Mami de Fabre, s'ils n’étaient pas si loin l’un de l’autre. Comme ils pensent les mêmes choses au fond Set qu'ils ont tous deux de l'esprit, ils ne tarderaient “D pas à mettre de l’eau dans leur vin pour avoir le plaisir de trinquer ensemble. Routhier est ce que plusieurs de mes amis seraient si la destinée les eût jetés sur les bords de la mer, dans la douce solitude de Kamouraska :; et lui serait probablement ce qu'ils sont, s’il eût vécu dans un milieu plus varié, plus exposé au contact et à l'influence des opinions humaines. Qu'ils restent tous et chacun d'eux, comme on dit au palais, ce qu’ils sont, voulant et cherchant le bien de la religion et du pays par des moyens différents, et la société n’en profitera pas. moins de leurs travaux et de leurs talents.

Inutile de dire que Mme Duval a sa cour à Kamouraska comme à Québec ; on comprend, en la voyant, l'influence que les femmes exercent en France sur la société par leur esprit et leur caractère sympathique. Sa réputation n’est pas surfaite ; elle la mérite, elle se serait distinguée même sur un théàtre plus considérable.

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