‹ Mélanges historiques et littéraires [microforme]Chapitre 26 sur 94 · SEE · texte numérisé non relu

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sonnable ni chrétien de diminuer chez un peuple le sentiment de sa responsabilité et de sa valeur morale.

Toute la politique du jour doit être de réagir contre cette situation malheureuse, de chercher un remède au mal qui nous dévore ; et ce remède nous le prendrons, quelle que soit la main qui nous le donnera, malgré la répugnance qu'il nous inspirera.

Ce n’est plus le temps de nous consumer en discussions stériles, lorsque nous sommes sur le bord de l’abime, ce sont des mesures énergiques qu’il nous faut. Nos antipathies pour tel ou tel régime politique devront même se taire devant les exigences impérieuses de notre situation. L'homme qui a une famille à soutenir ne demande pas à celui qui lui donne du travail, s’il est américain ou anglais.

Nous disions, il y a quelque teinps, que le Bas- Canada n'avait aucune raison de repousser le régime actuel s’il y trouvait le progrès et la prospérité, si les provinces qui le composent comprenaient qu’elles doivent travailler à leur développement nfutuel et respectif dans l'intérêt du tout. Combien à la vue des tristes résultats du recensement nous sommes convaincus plus que jamais de la nécessité de l'industrie agricole et manufacturière pour le Bas- Canada !

Il faut une action prompte, immédiate, nous n'avons plus dix ans à perdre, il serait trop tard.

Mais le Ha‘t-Canada est mécontent lui aussi, dit-on; sa population n’a augmenté que de 284,525 âmes. Triste consolation ! Du moment qu'un hom-

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me verrait son voisin frappé de la maladie qui l'emporte lui-même, il devrait mourir content ! Bien entendu, nous n’admettons pas que le Haut-Canada soit aussi mal que nous ; seulement il peut être plus ambitieux, plus énergique et plus difficile à contenter que nous ne le sommes. Mais allons donc ! de pareilles choses ne se discutent pas.

Pauvre nationalité c'est donc là que tu devais aboutir après tant de sacrifices et de luttes glorieuses pour t'enraciner sur cette terre rougie de ton sang ! Et pendant que tu es là souffrante, menacée de consomption, des hommes intelligents disent que c'est la fatalité qui veut que l’émigration te jette par lambeaux aux quatre vents du ciel ! Tu es condamnée à végéter sur une terre qui peut faire vivre des millions d'hommes !

Comme s’il n'y avait pas qu’une chose à faire pour tes enfants, une seule : se rallier, comme firent autrefois leurs pères, sous ton drapeau, pour te sauver du nouveau danger qui te menace !

Puissent les hommes du gouvernement et de l’opposition comprendre qu'on ne pourra faire trop de sacrifices pour opérer la réaction nécessaire ! Puissent-ils convaincre la population qu’il est. des cir- Constances où une nation doit se saigner aux quatre membres pour se sauver !

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