‹ Mélanges historiques et littéraires [microforme]Chapitre 32 sur 94 · LA · texte numérisé non relu

LA

Quelle belle salle que celle où siègent nos représentants, mais quelle salle détestable pour ceux qui veulent entendre ce qui s’y dit ! Si les yeux ‘sont charmés, les oreilles souffrent, c’est-à-dire que cette , Salle a toutes les qualités, excepté la principale. Il faudrait que chaque membre fût muni d’un portevoix à moins d’avoir les poumons de Sir Georges.

Rien de semblable à la voix de M. Cartier, excepté, peut-être, la trompette qui retentira au jugement dernier. Ajoutons en passant qu’il a les yeux - aussi bons que la voix, et que même en parlant il voit tout ; avec le goût qui le caractérise, il sait bien regarder où sont les objets les plus. attrayants.

Il est étonnant comme M. Cartier reste toujours le même, malgré l’âge et les fatigues de la politique; personne dans la Chambre n’a plus de vigueur et

de gaieté que lui; les questions les plus sérieuses, les situations les plus critiques ne peuvent troubler sa quiétude et sa confiance en ses forces, en son étoile.

Il est un des hommes qui ont le bonheur de jouir de tout ce qu’ils font, et de tout ce qu'ils disent, pour qui le travail, la lutte et les complications politiques ne sont que des distractions. Hommes précieux pour une nction, mais dañgereux, lorsqu'ils portent leur ambition et leur activité dévorante dans une mauvaise direct on, lorsqu'ils perdent de vue la responsabilité qui pèse sur eux, et les conséquences fatales des fautes qu’ils sont exposés à commettre.

POMEROY.

La :

De la politique, passons au magnétisme ou au somnambulisme, de Sir Georges à Pomeroy ; c’est une singulière transition, mais le monde est rempli de ces contrastes.

Qu'est-ce que cela, Pomeroy ! C'était un pauvre forgeron qui, étant tombé malade, il y a quelques années, s’endormit, un jour, et se mit à dire, pendant son sommeil, à ceux qui l’entouraient, toutes les maladies qu’ils avaient et à leur indiquer les remèdes devant les guérir. À

La nouvelle de ce fait extraordinaire s'étant répandue, on vint de tous les côtés consulter Pomeroy, et chacun s’en retourna convaincu, ébahi. Il a fait le tour des Etats-Unis et partout des milliers ‘de Personnes ont attesté les effets du don qu'il possède.

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Il est en ce moment à Ottawa où il fait fureur : sa maison est assiégée à toute heure du jour, et tous ceux qui sont allés le visiter sont revenus satisfaits ; tous avouent qu’il leur a dit exactement le mal dont ils souffraient. 11 leur dit même des choses auxquelles aucun médecin n'avait pensé. Bien plus, les docteurs X. et Y: ont fait l'épreuve de sa mer- veilleuse faculté en faveur de certains malades dont ils ne pouvaient découvrir le mal, et chaque fois, succès complet. On a essayé de le jouer de toutes les manières, de le dépister ; tout a été inutile. Il prétend, par exemple, dire la maladie d’une personne absente, pourvu qu’on lui apporte un cheveu de cette personne. I! ÿ a quelques jours, quelqu'un lui apporte un cheveu. Pomeroy l’examine et le remet entre les mains de son visiteur en lui disant : — Je ne puis rien faire pour cette personne, elle est morte depuis deux mois.

C'était vrai.

Un jour, c'était dans les premiers temps de son ministère, il voit, en passant dans la rue, un homme qui travaillait aux fondations d’une maison. Il s'arrête et lui adresse ces paroles : — Mon pauvre homme, vous feriez bien mieux de vous en aller, vous n'avez plus que quelques heures à vivre. L'homme se moqua d’abord de cette prédiction, mais s’éi: 1t senti malade quelques minutes après, il se rendit chez lui et mourut presque aussitôt.

Après avoir découvert la maladie, il donne aussi des remèdes à ceux qui en veulent, et un grand nombre disent qu’ils ont été guéris. Son don paraît cependant consister à découvrir le mal.

L'un de nos confré quait plus ou moins voir, jeudi dernier, de ne pas se faire jo magnétiseur qui, soi excellente figure et d annonce qu'il vient

ner approchent.”’

Notre ami s'étant approché, Pomeroy, l'air à moitié endormi e: inspiré, porta d’abord la main à son front et dit en soupirant et comme s’il ressentait une forte douleur : — ]] y a du mal là, vous avez dû . Avoir une grâve maladie de cerveau.” C'était l’exacte vérité.

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r, du foie et ensuite des intesrère dans quel état se trou- € se trompa sur rien.

- Ajoutons en passant que rien n'échappe à son obquelqu'un que nous COnnaissous le bras une petite tumeur,

‘ Sons bien, qu’il avait Notre ami l'ignorait.

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