‹ Mélanges historiques et littéraires [microforme]Chapitre 48 sur 94 · ALBANI · texte numérisé non relu

ALBANI

M. Fréchette a préparé pour Albani une poésie qui fera sensation, . Evidemment le sujet a inspiré le poète et ce n’est pas étonnant ; la grande artiste mérite tous les éloges. Nous ne sommes pas généralement en faveur des ovations. trop bruyantes qu’on fait souvent à des actrices étrangères qui ont plus de talent que de vertu. Mais, p ur Albani, c'est bien différent, elle nous honore autant par ses vertus et son caractère que par son talent. Non seulement c'est une des plus grandes artistes du monde, mais c'est encore une grande dame, une excellente femme.

, Elle a eu la force de résister aux enivrements du

succès, aux fumées de l'encens, à toutes les séductions. Elle a d'autant plus de mérite que la vertu est.rare dans ce grand monde artistique où elle vit.

- Rien donc ne doit nous empêcher de lui montrer que nous savons apprécier la gloire que son talent jette sur sa patrie, et que les applaudissements qui l'accuéillent partout ont un écho dans nos cœurs.

Nous avons droit de la réclamer comme une de nos gloires nationales, de nous féliciter de ses

triomphes. | 2-0-0-0-0-0-0-0-0-O.8-O-8-Ore

ns

UNE REFORME RELIGIEUSE, SOCIALE van ET NATIONALE.

ore. Mais ouvrez un

Pitaux, les prisons et les asiles d’aliénés, et vous COtisque, fait l’ivrognerie

reux ! Que d’existences brisées ou dévoyées, d’intelligences détruites, de forces morales et physiques A

- Regardez donc toutes les maisons où, moyennant

le paiment d’un certaine somme au Souvernement, “. tout homme a:le droit de vendre de l'alcool. Est-'

il possible de faire un pas, de sortir de sa mai | sans passer devant une auberge ? Comment l'on. vrier qui revient le Samedi, avec le salaire de sa semaine, poürrait-il Passer sain et

dan

Après avoir subi victorieusement une dizaine d'as-

sauts, il succombera soüvent à l'auberge du coin. à On prêche, on écrit, on proteste, on fonde des s0- LE ciétés de tempérance, on fait tout pour combattre le s

[| © monstre, excepté ce qui est nécessaire.

Que faut-il donc faire ?

Prohiber complètement la vente des boissons fortes dans les auberges ou la rendre très difficile en la soumettant à des droits de douane, d’accise et de licence considérables.

Le premier moyen serait le plus radical, mais non

, pas le meilleur à notre avis.

Diminuer le mal vaut mieux souvent que d'’essayer à le détruire.

Le malheur, c’est que les gouvernements qui ont le remède en mains, qui d’un seul trait de plume pourraient tant faire, ne font rien.

. Quatre ou cinq lignes dans nos statuts, remplis si souvent de choses inutiles, opéreraient une véritable révolution dans notre état social.

Ces quatre lignes, dit-on, feraient perdre au gouvernement lotal deux ou trois cent mille piastres,

Ent Voilà le secret : c'est une questiqn de revenus.

: L'alcool constituerait l’une des principales sources 2° de nos revenus ; ce serait un élément important de + notre prospérité, de notre existence nationale !

LE . Ce serait affreux si c'était vrai, mais est-ce vrai ?

4 Non. - Æ

Comptons ce que nous coûte ce breuvage. Frais de justice, entretien des prisons, des asiles d’aliénés, des orphelinats, des hôpitaux ; ajoutons le temps, le

160 mÉLancrs HISTORIQUES ET LITTÉRAIRES

capital et les talents perdus et additionnons. A . quelle sornme effrayante nous arriverions ? Est-il possible de fai

ce qu'elle nous fait perdre.

D'abord, nous prétendons que le revenu des licences est presque complètement absorbé par le montant dépensé pour les gens que l'alcool conduit dans les prisons et les asiles d’aliénés.

Voilà les résultats directs. £ Mais, indirectement, combien l’usage des boissons spirituyeuses fait-elle perdre tous les ans à Ja richesse ‘publique ?

Voyez donc couler ces flots d'a par millions l’or et l’' soin pour développe vince. (C’est un à sentir, couvert d’é … Comment les SOuvernements peuvent-ils hésiter un instant à arrêter les ravages de ce fleuve infernal ? Le premier devoir d’un gouvernement n'est-il pas d'empêcher ce qui ruine, abrutit et tue la nation ? : Afin de donner effet aux idées exprimées dans l’article qui précède, je soumettais en 1887, à la Chambre provinciale, un projet de loi que j'avais préparé avec l’aide des juges Dugas et de Montigny. : L'objet de ce bill était de faire disparaître les auberges qui encombrent nos rues, de permettre la vente de boissons spiritueuses dans les hôtels améñagés pour recevoir les Voyageurs, moyennant une licence d’un prix très élevé et-variant selon le nombre de lits. |

Des licences

4 Se de sh St si #7 ÿ nd sûr 7 Bis = RPC ERU de FR ST er: * É “ Mn hi: ë, e : Fe:

d’un prix minime devaient être accor-

dées aux cafés et restaurants où des bières et vins légers seraient vendus. Lorsque je présentai mon projet de loi, M. Mercier me dit : “ Mon cher David, comme nous arrivons au pouvoir, ne penses-tu pas que nous devrions y rester quelque temps ; si j’entreprenais de faire adopter ton projet de loi, je ne sais pas si je réussirais dans la Chambre, mais je sais bien que je serais battu aux prochaines élections et que toi-même tu‘ne serais pas réélu dans Montréal- Est. Attendons.” Le projet fut renvoyé à un comitéspécial et je n’en ai plus entendu parler, je ne l'ai

jamais revu.

Inutile de dire que, lorsque je revins

devant mes électeurs, aux élections de 1892, presque tous les aubergistes votèrent contre moi.

Je croyais alors et je crois encore qu'avant d’arriver à la prohibition, il serait sage d'adopter une mesure qui restreindrait autant que possible l’usage des boissons spiritueuses et en ferait disparaître les principaux abus. Je respecte !es motifs qui inspirent

les champions

de la prohibition, j’admire leur dé-

Vouerment, mais, vu les abs et les inconvénients de ce système rigoureux, vu la divergence d'opinions

qui existe à ce

bon de ‘re

moyen tèrme, J'aurais vou

sujet, je me demande s’il ne serait pas l'essai d’une loi moins sévère, d’un

lu arriver à la prohibition par étapes,

lorsque l'expérience aurait démontré que c’est le seul moyen de faire disparaitre l'abus de l'alcool. C'est la politique que le gouvernement provincial paraît

avoir adoptée.

faut en penser,

On verra, par les résultats, ce qu'il

Les mesures extrêmes sont souvent dangereuses dans certaines matières. Il est des maux, des abus qu'on peut diminuer mais jamais détruire complète ment. Ce n’en est pas moins une question qui mérite toute l'attention des hommes publics.

Page 1