‹ Mélanges historiques et littéraires [microforme]Chapitre 53 sur 94 · DES PETITS SALAIRES · texte numérisé non relu

DES PETITS SALAIRES

Le gouvernement Propose une loi qui aura pour effet d'améliorer le sort des facteurs. Cette loi n’est Pas parfaite, mais elle constitue un

tion Philan i

ermemen

voie où il vient d'entrer, à faire Pour d’autres catéries d'employés ce qu'il a fait pour les facteurs. On se demandait souvent commen

it croire juste et utile

comment un peut-il faire

n'a pas les moyens de leur procurer les

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soins nécessaires. Son proptihaie, son boucher et son épicier payés, il ne lui reste pas un sou. Il est porteur de lettres chargées, il palpe les billets de banque qu'elles contiennent. Quelle tentation !

Un gouvernement qui ne donne pas à ses employés un salaire suffisant pour les faire vivre convenablement est responsable moralement des fautes qu'ils commettent sous l'aiguillon du besoin.

Les mêmes remarques s'appliquent aux corporations, aux compagnies commerciales et industrielles et en général à tous ceux qui donnent du travail, gmploient les bras ou l'intelligence de leurs semblables.

Le travail bien rémunéré est le meilleur, le plus utile, le plus fécond. L'employé, l’ouvrier mal payé travaille avec moins de zèle et de cœur, il se plaint, s'irrite et devient souvent un mauvais citoyen, un anarchiste, Quel intérêt aurait-il à conserver un état social où il est malheureux ? Tout changement lui semble un progrès.

On dit quelquefois: les solliciteurs se culbutent pour accepter les salaires que ces emplois procurent. Ce n’est pas un argument, un raisonnement honnête. Parce qu'un pauvre homme préférera donner à sa famille un demi-pain plutôt que rien du tout, ce n’est Pas une raison pour ne pas lui donner le pain tout entier dont il a besoin et qu'il gagne.

Les gouvernements et les corporations surtout n’ont pas le droit de faire ce raisonnement, de chercher un peu de popularité en économisant des sous sur les salaires de leurs employés pendant qu’ils jettent des millions à droite et à gauche.

C'est de l’économie de bouts de chandelle, c'est de l'économie dangereuse, cruelle et pernicieuse pour l'Etat comme pour les individus.

Sans doute, on est souvent en face d'exigences injustes, de demandes exagérées, de grèves condam. nables, mais ce n’ Pas une raison pour être in-

i-même, pour empêcher. de faire ce que l'inla société et une sage philanthropie

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