MISSION DES GOUVERNEMENTS
Si Ja mission de ceux que Dieu appelle au got vernement des nations est grande et honorable, faut avouer aussi qu'elle comporte des respons: bilités et des devoirs d'une suprême importance.
La science du gouvernement, malgré l’expd rience des siècles, tourne presque constamme È dans le cercle fatal où l'humanité s’agite depuis sif mille ans. A certaines époques, elle semble prcil dre un essor irrésistible vers les sommets de la pe fection et s’alimenter aux sources mêmes de l’ak torité divine. Illuminée des plus sublimes clart du génie huntain, elles a des rayannements qui : projettent sur plusieurs générations.
Soudain, au sein de ses plus grands triomphe elle est prise de vertige, les ténèbres se font autot d’elle, elle chancelle, elle tourne sur elle-même retombe dans son impuissance.
Vieille comme le monde et comme lui toujou jeune, partageant les grandeurs et les faiblesses, 1 vertus et les vices de l’humanité, jouet de toutes 1
ions et d'illusions sans nombre, elle cherche nement à briser les barrières qui la séparent de nfini, toujours elle rencontre le doigt de Dieu qui i dit : “ Tu n'iras pas plus loin.” Les peuples impatients se lèvent quelquefois, 1f à la main, frappent, à coups redoublés, sur s trônes et les institutions établies qui s’affaissent ec fracas, et lorsque après avoir tournoyé pendant selque temps dans une trombe de sang, ils tomnt épuisés sur les ruines fumantes qu'ils ont ites, ils aperçoivent avec stupeur, debout dent eux, le spectre qui les effrayait tant : le sang sé-pour la liberté avait fécondé le despotisme. TI est un progrès qui à lui seul suffirait pour ré- + Pmpenser l'humanité de ses iabeurs et de ses souf- "" fances, c'est celui de la liberté individuelle, de la Pnélgnité humaine.
peuples ne sont plus de vils troupeaux trem-
t sous le fouet d’un tyran, condamnés à l’abrusement du despotisme. Ceux qui les gouvernent t leurs serviteurs plutôt que leurs maitres.
JQu’importent la forme du gouvernement et le , les attributs extérieurs de l'autorité, pourvu l’homme soit ennobli dans son oœur et soû lligence, que ses besoins soient connus et satispts, que sa volonté soit respectée.
es chefs des nations, qu’ils soient rois, empers, despotes, sont forcés d’äppuyer leurs trô- : es IE 2" les épaules du peuple, de respecter ses
jpyances, ses sentiments, d'écouter ses vœux et ses ntes, ‘:
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onde, depuis plus de| ctacle des grandes choses que |
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des réformes sociales et religieuses qui, dans d’autres pays, auraient coûté des flots de sang. Tous les peuples envient sa bonne fortune, contemplent avec admiration ses succès et tentent de marcher sur ses traces.
La Providence, en nous forçant de passer par la force des armes sous son drapeau victorieux, nous a appris à apprécier et à chérir des institutions politiques qui nous ont donné les moyens de conserver l’héritage national que la France nous avait légué. Les luttes politiques que nous avons traversées, les progrès que nous avons réalisés, démontrent que nous avons su tirer parti de ces institutions pour sauvegarder les droits de notre origine.
MISSION DES Gou VERNEMENTS.
La raison de la Puissance et de l'efficacité des Souvernements constitutionnels est la communication Constante de l'autorité avec le peuple, la con:
ssaire et facile des besoins et des aspirations des sociétés. Ceux qui parviennent au
litique sont la plupart du
, fils de laboureurs, de mar-
chands ou d'ouvriers: ils ont connu Jes nécessités et : les misères de la vie
ernements sont de véritables
et d'intérêt mutuel ; Chacun a
Sa part dans les fautes Comme dans les bienfaits de l'administration publique.
Mais, on l’a répété souvent, Ja vertu, le patrio-
tisme et l'intelligence sont encore plus nécessaires
aux gouvernements démocratiques et républicains,
qu'aux monarchies absolues. ue homme y possède une influence proportionnée au développement de son intelligence et y exerce sur la société une action fatale ou salutaire.
Aussi, avec quel soin ces sociétés privilégiées doivent-elles conserver et perpétuer dans leur sein les traditions d'honneur, de vertu, de patriotisme ! Avec quelle sollicitude elles doivent former le cœur et l'intelligence des générations appelées à jouir des bienfaits de ces nobles institutions !
Comme nous l'avons dit, nous avons le bonheur de vivre à l’ombre de ces institutions remarquables, qui offrent la même protection et des droits égaux à toutes les races, à toutes les re’ zions. Ces droits et ces libertés politiques, nous es avons conquis après des efforts et des luttes héroïques.
Nous avons déjà subi plusieurs révolutions pacifiques ; la dernière a rangé, il y a trois ans, l’Amérique du Nord sous un même drapeau ; ‘ceux qui T une nouvelle nation,
On a fait accepter ce nouvel ordre de choses au Bas-Canada en plaçant sous le contrôle d’un gouvernement local et national certaines attributions qui lui ont paru suffisantes.
Quelles que soient les divergences d'opinion des Canadiens-Français relativement à la solidité et à l'efficacité de cet édifice politique, le patriotisme leyr fait un devoir d’en tirer Je meillzur parti possible,
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Nous devons faire tous nos efforts pour empécher que la nouvelle constitution ne serve qu’à faire ressortir notre infériorité et notre impuissance, à justifier les projets d’ünification et d’anglicisation, qui n'ont pas encore dit leur dernier mot. Cette unification ne doit pas et ne peut pas avoir lieu: elle serait contraire aux desseins de la Providence et à l'avancement de la civilisation en Amérique. L'œuvre de ceux qui ont implanté, dans le sol fécondé par leur sang, la foi et la civilisation de la France, ne peut être vouée à l’anéantissement. Tant de sacrifices et d’héroisme ne pc'ivent être stériles.
Si l'être le plus infime a sa raison d'être et concourt au but de la création, à plus forte raison l'existence d’une nation doit-elle avoir sa place dans les desseins de Dieu.
La diversité est une loi de la nature, une nécessité de l'ordre moral et social, un élément de progrès pour l'humanité, :
Ce n’est pas le hasard qui a mis la race française et la race anglaise en présence l’une de l’autre en Amérique ; chacune d’elles avec ses facultés et ses mœurs spéciales était nécessaire au développement et à l'exploitation de ce vaste continent. Et pourquoi nous faire renoncer à notre autonomie ? Notre origine n'est-elle pas aussi noble que celle de nos compatriotes anglais ? Notre langue est-elle inférieure à celle qu’ils parlent ? Nos institutions sontelles indignes d’estime et de respect ?
Ceux qui nous gouvernent et qui sont chargés de mettre en opération notre nouveau système politi-
que doivent se pénétrer de ces grandes vérités et s'en inspirer dans leur législation. Ils doivent éclairer les pas de notre nationalité dans la voie qui peut la conduire à la conquête de ses destinées, à l'accompliss..1ent de sa mission.
La tâche est difficile sans doute, mais les grandes œuvres se fondent par le dévouement et le sacrifice. Leur premier devoir est de mettre la foi catholique et nos institutions nationales à l'abri de toutes les atteintes et de leur donner les moyens de s'étendre, de se propager en montrant qu'elles ne sont pas irréconciliables avec le progrès, la liberté et l'esprit d'entreprise.
Il est inutile de fermer les yeux sur les dangers de notre situation, de nous bercer d'illusions puériles sur notr- avenir, Il] faut que nos hommes publics trouvent dans notre nouvelle organisation politique, des éléments de régénération, de progrès matériel ; afin de nous élever au niveau des autres provinces britanniques, il faut qu'ils arrètent le courant de l’émigration par le défrichement de nos terres incultes, le développement de notre industrie rationale et l'établissement d'un système d'éducation approprié aux besoins du pays. ‘‘