ANGLAIS
L'histoire démontre que le principal but de ceux qui les premiers vinrent au Canada, fut d'y fonder
rives, s'attacher à la terre et soutenir des luttes sanglantes contre les hordes sauvages qui s'opposent à l’accomplissément de cette glorieuse mission. Nos pères furent essentiellement soldats et laboureurs : et lorsque, après des efforts héroïques, ils furent forcés de dire adieu au drapeau blanc que les débris
retournèrent à leurs champs, bien décidés à conti-|
nuer l’œuvre qu'ils avaient entreprise, Disséminés sur les bords du Saint-Laurent, de-
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commerce et la spéculation aux étrangers que le désir de la fortune attirait dans ce pays.
Tant que les terres rendirent d’elles-mêmes au centuple le grain qu’elles avaient reçu et suffirent à l'augmentation des familles, ils vécurent dans une douce aisance, dans une aimable quiétude d’esprit, indifférents au progrès qui s’accomplissait autour
d'eux, insouciants de l'avenir.
Payer la dîime à leurs curés :t la rente aux seigneurs était toute leur préoccupation.
Les seigneurs eux-mêmes, possesseurs de biens et de ressources considérables, gaspillaient leur fortune dans les plaisirs et les amusements. Mais un jour vint où les récoltes furent moins abondantes, où la population, qui se multipliait avec une fécondité étonnante, se trouva à l'étroit ; l’âge d’or était passé.
Les terres épuisées auraient eu besoin d’une culture plus intelligente, mais, privés d'écoles et de tous moyens d'instruction par la mauvaise volonté du gouvernement anglais et par leur propre indifférence, les Canadiens-Français étaient impuissants en face de cette situation malheureuse. 11 aurait fallu à nos compatriotes, pour éviter le morcellement de la propriété, s’enfoncer dans la forêt, mais il n’y avait pas de lois alors pour protéger le colon, pour lui ouvrir des chemins, lui fournir les premières semences. Il leur aurait fallu encore se livrer au comme: ce, à l’industrie, exploiter nos mines et nos richesses {crestières, mais ils manquaient de capitaux. Découragés, dominés aussi par un
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goût inné pour les voyages et les aventures, ils commencèrent à s'expatrier,
- Pendant ce temps-là, les Anglais, qui n'avaient laissé échapper aucune occasion de s'enrichir, met-
avec des connaissances variées, une éducation pratique, soutenus, quelques-uns, par les capitalistes de Londres et de Liverpool, ils avaient un avantage immense Sur nos compatriotees. Ils joignaient à l'expérience et à l'instruction qui découvrent les éléments de prospérité, le capital nécessaire à l’exploitation de ces éléments.
Ce sont là des faits incontestables.
Nous ne prétendons pas dire que nous n’avons | cu aucun succès dans ces nobles luttes du commerce et de l’industrie ; non, malgré tant de désa- Vantages, quelques-uns de nos compatriotes ont figuré au premier rang et acquis de magnifiques fortunes ; les noms des Masson, des Cuvilier et des Renaud suffisent à justifier cette assertion. Ces hommes remarquables ont étonné le pays de leur hardiesse, de leurs tal.nts et de leurs succès, et nous en avons encore qui marchent sur leurs traces ; quelques-uns des plus riches Propriétaires de Montréal sont, à l’heure qu’il est, des Canadiens-Français. Mais ils forment l'exception.
Si encore, malgré leur petit nombre, ces riches marchands, ces grands propriétaires faisaient de leur fortune, de leur influence, un emploi aussi
ile à la société, un usage aussi libéral que leurs pncitoyens d'origine étrangère. Mais là encore y a-t-il pas une grande différence ? Voyez les nglais comme ils brassent, tournent et retourent leurs capitaux, comme ils se lancent dans toute pèce d'entreprises où ils risquent tous les jours ur fortune ; voyez ces milliers d'employés, d’ouiers, ces milliers de familles que leur libéralité, ur activité font vivre. : N'est-ce pas là un beau ble, un noble exemple ? Que font à la société ces it à Jommes qui deviennent de plus en plus timides et les Jvares, à mesure que la fortune leur arrive, qui dor- €X- hent sur leurs écus entassés et ne savent que: faire e leurs vastes terrains, pendant qu’ils pourraient ugmenter, utiliser leur fortune en faisant vivre on les centaines d'ouvriers que le manque de travail M- Fhasse à l'étranger. :
sa- | Ceux-là sont les seuls grands citoyens qui luttent Ont Kt travaillent jusqu’à la fin et mettent le dernier des Ryon de leur intelligence au service du mouvement et Sommercial, social et politique de leur époque, qui on. Be déposent le harnais des affaires que lorsqu'ils deMont mis sur des épaules plus jeunes et plus vigouet Reuses, et n’emportent pas avec eux dans la tombe S; E talisman de la fortune d’une génération, l’élé- 1t- Mhent de la prospérité d’une nation.
n- E Comment se fait-il qu’un aussi grand nombre de 0S principales maisons de commerce disparais- €S Rent pour faire place souvent à des maisons ande laises ? | Si D C’est un malheur national.
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