‹ Mélanges historiques et littéraires [microforme]Chapitre 62 sur 94 · BONNE ET MAUVAISE EDUCATION · texte numérisé non relu

BONNE ET MAUVAISE EDUCATION

Les hommes les des dons d

et des sens, t faits pour le bien. Ils édifient 1

pas de la religion ment dans des

Les hommes les

plus utiles sont les hommes de volonté, de devoir, d

e sacrifice, habitués, dès le bas âge,

“à se contraindre, à se réprimer, à se vaincre, à faire des choses cnnuyeuses, suivant l'expression du juge Jetté.

Malheureusement, les jeunes gens, à peine sortis du collège, se jettent, tête baissée dans le tourbilton du monde, courant après tous les feux follets, tous les mirages, prenant les apparences pour des réali. tés, cherchant les choses agréables, tout ce qui flatte l'amour-propre, la vanité. La politique, les élections, les discours sur les hustings, la cabale, les applaudissements, l'excitätion de la lutte, voilà, surtout, ce qui les attire et les séduit.

Pauvres papillons, ils se brülent à tous les feux et se trouvent heureux quand ils se sont arrêtés à temps et n’ont perdu qu’une aile.

Que de talents perdus ! Que de naufrages lamentables ! Que d’existences précieuses détruites ou abrégées de 10, 1 5 et 30 ans !

Bienheureux sont ceux qui arrivent dans le monde, bien préparés, fortement armés, avec une volonté ferme, la résolution inébranlable de continuer la vie laborieuse et modeste du collège !

Bienheureux les patients, les forts et les persévérants qui, avänt de pousser leur barque au large, se préparent à faire face à tous les dangers, à tous les

‘accidents et mettent plus leur confiance dans le gou-

vernail que dans les voiles ! Bienheureux, enfin, . ceux qui cherchent, dans un travail constant, quotidien, opiniâtre, le secret du bonheur présent et futur !

S grands saints, les véritables héros sont ceux qui luttent, non seulement une heure, un jour, mais

tous les jours et s'occupent constamment de se sur- : veiller, de s'aguerrir, de se protéger et de se perfectionner.

Quelques hommes naissent sages, modérés ; ils n'ônt pas à faire de grands efforts pour être vertueux, pour peu qu’ils aient le sentiment du devoir, de l’honneur et de la dignité personnelle, ils remplissent honorablement leurs devoirs de citoyens et de pères de famille.

Ils feront rarement des actes de dévouement ou de vertu héroïques, mais ils ne commettront jamais non plus de fautes honteuses et mériteront le respect public. Bien plus grand est le mérite de ceux que leur nature ardente, leur âme passionnée condamne à une lutte de tous les jours, de tous les ins-tants. Quand à des principes religieux, solides, et

à une conscience éclairée, ils joignent des sentiments d'honneur et de dignité personnelle, ils sont les pilliers de l'humanité.

Malheureusement, il en est trop qui parlent et agissent comme si la religion et le patriotisme consistaient à faire des professions de foi et des déclarations patriotiques et qui donnent à nos concitoyens appartenant à des religions et à des nationalités différentes, le droit de dire que nos actes ne prouvent pas la supériorité de nos croyances.

Nos hommes publics devraient songer que notre influence nationale et r. ligieuse souffre de leurs faiblesses, de leurs fautes, de leur amour exagéré: de l'argent et des honneurs.

Les directeurs de nos collèges et de nos écoles doivent plus que jamais s'appliquer à former des âmes fortes et des esprits éclairés pour le service de la religion et de la patrie.

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