‹ Mélanges historiques et littéraires [microforme]Chapitre 63 sur 94 · LES HEROS DE NOTRE HISTOIRE · texte numérisé non relu

LES HEROS DE NOTRE HISTOIRE

Des écrivains qui nous étaien n'ont pu s'empêcher de proclamer que jamais peuple

thousiasment au spectacle de ces découvreurs, trappeurs et chasseurs intrépides qui, en canot, à la raquette ou à pied, ont sillonné toute l'Amérique du Nord, bravant tous les dangers, tous les obstacles, arborant le drapeau de la France et l'étendard du Christ sur le sommet des montagnes les plus inaccessibles, sur les bords Sauvages de fleuves et de lacs in- Connus jusqu'alors, marquant de leur l'endroit

où s'élèvent maintenant des villes florissantes. Ils

s'émeuvent au récit des souffrances et des sacrifices

de Montcalm et de ses immortels soldats, qui, a donnés de tout le monde, n'ayant ni pai

ments, marchant nu-pieds dans la boue et ] battent pendant

par là mitraille, et ne déposent les armes qu'après

avoir remporté, dans un dernier combat, une dernière victoire.

Et comment refuser notre admiration aux grands Orateurs, aux hommes d'Etat illustres qui, pendant duarante ans, ont combattu par la plume et la parole, pour conquérir cette liberté politique dont nous jouissons maintenant. Où trouver des gens plus braves, plus admirables, que ces patriotes de 1837- 38 qui, à Saint-Charles, à Saint-Denis et à Saint- Eustache, se battaient avec des fourches et des man- |

. Ches de hache, ou mouraient sur l'échafaud en priant pour leur pays.

Ce n'est qu'une page de notre histoire, mais elle suffit pour expliquer notre patriotisme et notre ferme propos de rester fidèles à de si glorieuses traditions. Oui, notre patriotisme est ardent, mais il n'est ni injuste, ni égoiste, il n’a Pas sa source dans un sentiment vague, non, il repose sur un principe large et fécond.

Nous croyons que la diversité des nationalités est, dans l’ordre providentiel, un élément de progrès pour l’humanité, :

Nous croyons qu'il est bon que les deux grandes nations dont l’émulati grandeur de l'Europe, travaillent côte à côte sur le continent américain. Songer à fusionner deux races arrivées à l'apogée utopie, faire disparaître l’une ou l'autre serait une faute, ce serait éteindre un flambeau, un foyer de lumière.

Nous ne voulons ni absorber les autres races, ni être absorbés par elles, nous voulons qu'on nous laisse faire notre part dans l’œuvre du développe-

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ment matériel et intellectuel de ce continent, Et cette part sera d'autant plus importante qu'on nous laissera plus libres de marcher sur les traces de la France, et de travailler à implanter en Amérique son génie littéraire, artistique et civilisateur, Ah | sans doute, l'élément français n'a pas encore ici l’importance qu'il possède ef Europe, mais que sera-ce lorsqu'il y aura dans l'Amérique du Nord vingt millions de Canadiens-français marchant sur les traces de la France et cherchant à l'imiter dans ce qu’elle a

fait de beau et de bon pour la civilisation ?

Donc nous faisons bien de rester français et ca-

tholiques, et de conserver une nationalité dont l’origine est si illustre, l'histoire si glorieuse, l'existence

si utile, néces<aire même au progrès et à la grandeur de l'Amérique du Nord.

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