RES
ector Fabre, alors directeur de l'Ordre, surtoi se” propriétaires jugèrent à propos de donner un b..,uet à Sir Georges-Etienne Cartier. Dans un piquant compte rendu de ce banquet, M.
avec une attention qui fait croire qu'il a tout com
MÉLANGES HISTORIQUES gr LITTÉRAIRES
Il voulait savoir cômment des journalistes avaient
diner aussi somptueux. Plusieurs des invités le surent lorsqu'ils furent appelés à venir au secours des
L'Ordre, dont il est question plus haut était un
journal indépendant, fondé et rédigé, à ses débuts,
par MM. Joseph Royal, Cyrille Boucher, Louis.
Beaubien, L.-E. de Bellefeuille. Ils sont tous morts, à l’exception de M. de Bellefeuille, qui ne s'occupe depuis longtemps déjà que de gérer ses affaires et de | percevoir ses loyers. M. de Bellefeuille était un bon
écrivain, un avocät de mérite, un travailleur infatigable. La carrière littéraire et politique de M: Royal :
est bien connue. Cyrille Boucher avait un talent
fr
d'écrivain peu ordinaire, il écrivait avec une énergie de pensée et d'expression vraiment remarquable : ses articles avaient du retentissement et donnaient à =, l'Ordre une grande popularité, Sa vie fut courte,
triste, dramatique. Il avait tout le talent -tequi 3
du talent et de l'ambition, demande un caractère bien
trempé.
défaut. J
Les caractères plus que les intelligences nous font. |
MÉLANGES HISTORIQUES »e Lrrrénarnes 257
aient L'honorable Alphonse Desjardins fut pendant axe < deux ans le rédacteur de POrdre. M. Plinguet en d'un - . était le propriétaire et l'imprimeur ; c'était un brave Su * M homme, intelligent et entreprenant. Il lui plaisait des d'être propriétaire d’un journal indépendant. Mais s ce il ne réussissait à Je faire vivre qu'à force d’écono- ‘ans - mie. Les rédacteurs de journaux étaient pauvre- Gr. ment payés, à cette époque, un millier de piastres un était considéré un bon salaire ; Un journal qui avait uts, de trois à quatre mille abonnés était grandement ad. puis miré, envié même. 11 n'avait pas pour réussir les rts, Colonnes d'annonces qui encombrent les Journaux de upe : notre époque, mais on le lisait depuis la première de : jusqu’à la dernière ligne.
bon Montpetit dont je parle plus haut, était l’un des ati- jeunes écrivains les mieux doués de cette époque. yal Les livres qu'il a-composés pour les écoles et ses ouent Vrages sur la pisciculture, sur nos hommes forts, gie -ete., dénotent un talent aussi sérieux que brillant. 1] ses Cultivait aussi avec succès la poésie ; dans les soirées t à de famille du temps, souvent on faisait parler Chate, pleau à propos de n'importe quoi, et Montpetit réciuis : des vers composés pour la circonstance C'était du un beau grand garçon; de fort bonne mine, mais ee brun, très brun. Ayant eu l’idée d'aller de à À l’Ancienne Lorette: les Sauvages de l'endroit le nom- RE méèrent l’un de leurs chefs.
en . Lorsque, dans certaines circonstances, il revétait nt.
" { 268 MÉLANGES HISTORIQUES ET LiTrÉRAIRES
Français visitant l'Ancienne Lorette étaient surpris. désappointés de ne point rencontrer de sauvages. Ayant aperçu Montpetit qui revenait de la pêche, l’un d'eux s’écria : “ Enfin, en voici un !” Il étudia le droit et fut admis au Barreau en 1864 ou 186$, mais il renonça bientôt à l'exercice de sa "profession pour accepter dans le service civil une : position qui lui permit de se livrer au culte des Lettres. Il avait épousé une femme d'esprit, sœur de Ludger et de Elzéar Labelle. 11 est le père de notre jeune et distingué professeur, Edouard Montpetit, dont le talent vient de deux sources fécondes. - Chapleau me racontait un jour que lorsque Montpetit fit son entrée au collège de Saint-Hyacinthe, M. Désauiniers, dont l’enseignement a illustré cette maison, l'ayant rencontré, l’arrêta et lui demanda : “ Quel est ton nom, mon gros”? “ Montpetit, monsieur.” “ Petit farceur,” dit en riant M. : Désaulniers. |
Le
à: | SOYONS PRUDENTS.
Let- os
: Jeunes gens sont portés à croire que la pry- "de + | dence, chez les hommes âgés, est de la faiblesse, que one M leur modération est de la timidité.
etit, je J'ai été jeune et je me rappelle que plus d'une fois : j'ai sous ce rapport, et je me demande si alors que :, je n'ai pas été injuste envers certains hommes. Lya- : Ils sont rares les hommes publics qui, dans ce pays lus | Où ailleurs, n’ont pas eu à subir des épreuves de ce de- genre. LaFontaine lui-même n'y a pas échappé, on nt” l'accusait de ne pas marcher assez vite dans la voie M. | des réformes et c’est une des raisons qui l'ont induit | à abandonner la vie publique, : : La temporisation a souvent été le salut d'un peuple, l’histoire fournit des preuves éclatantes, de Far même que la modération, dans la fermeté, a assuré :, le succès de nobles causes e l'impatience et la vio- lénce auraient perdues. .
-.… Notre infériorité numérique dans la Confédération, ne fera que s’aggraver ; elle nous oblige à joindre la prudence et l'esprit de conciliation à la fer-
meté, afin d'obtenir où de conserver, dans les élé-
ments raisonnables de la population anglaise, des sympathies dont nous avons besoin. Il ne faut pas
200 flancs méroniques er Lrrrénarnes |:
Oublier que, si nous avons pu éviter des conflits re. grettables, furestes même, c'est grâce à ces sympa . ‘thies, à l’aide que nos hommes d'Etat ont trouvée chez nos concitoyens d'origine. anglaise.
pourrait amener une ition des provinces anglaises contre la oublier que, dans-le prochain parlement, il y aura en-
60 députés d'origine française.
notre plier la tête devant toutes les injustices et la violation des garanties que les traités et l'Acte Fédéral
Mais le vote de trente-cinq députés anglais en favehr de la motion Lapointe relativement à la ques-
Erer
TIR RTRTT CT.
La question de l'union déjà été discutée mainte fois depuis longtemps, mais leur désir de garder leur hpmogénéité a toujours été
“de bataille de l’Europe, c'est elle qui va assurer le triomphe de la justice, de la liberté, de la civilisation C'est par elle aussi que nous pourrions, il me semble. assurer le triomphe, en Amérique, de la cause sacrée de nos droits religieux et nationaux, en secourant Partout les minorités persécutées, en les aidant par exemple à fonder et maintenir des écoles françaises, ‘ en plaidant leur cause, en leur Pratiques de la défendre et d'en assurer le triomphe.
S- pourrions, je crois, nous entendre pour créer cette entente cordiale, pour l'asseoir sur des
TS ra es de 13 ms édife- 5 .
É. digue ans #4 EN a. à AR ue Fée Ég à ÊE HE Le 2 EE ST +
Notre cause est belle, noble, digne de tous les dés. vouements, de tous les mais prenons garde “ de l'affaiblir par des violences de fangage, par des
ennemis de l'Angleterre, de tout ce qui est anglais, que leur attitude relativement à la guerre en est la preuve évidente. Combien de fois j'ai entendu des hommes raisonnables, des Anglais bien disposés à notre égard, dire: “ Les chefs de la croisade en faveur des écoles françaises sont en même temps les chefs de la campagne contre la participation des Canadiens-français à la guerre, à une guerre dont les
pourraient être si funestes, non seulement à l'Angleterre et à la France, mais encore à nos des-
' i : “Ne faut-il pas que les chefs de cette croisade soient bien hostiles à 1’ eterre pour qu'ils ne tiennent pas compte des dangers que court la France, pour que la-haine de l’Angleterre l'emporte sur leur amour de leur vieille : mère-patrie ? ”
Que répondre à ces questions ?
D et 1 ur or to AE AN NE ME OÙ 4 nalh w
RS UN dd <<. —
MÉLÂNOES HISTORIQUES #7 LrrrÉRATRES 268 .
Des Anglais d'Angleterre et du Canada ne se
génent pas pour exprimer des opinions et des senti.
aire que du mal, lorsqu'elle ne peut avoir d'autre efiet que de mettre en danger nos intérêts les plus sacrés, de donner des armes à nos ennemis et de 10...
les sympathies les plus i :
Que pouvons-nous gagner à faire croire que nous Fa voulons rien faire pour aider l'Angleterre et 1a rance à triompher, ue leur défaite porterait un coup si fatal à leurs dent, À quels reproches sanglants et humiliants nous nous exposons à æ Nous aimons à dire qué nous marchons sur les siaces de nos ancêtres, à suivre leurs exemples, Eh bien ! Qu’ont-ils fait, nos dans des circonsfances analogues ? En 1776 et en 1812, alors que
les Canadiens-français combattaient Pour la conser-
qu'ils ont fait pour conserver le Canada à l’Angleterre. Pourrions-nous en dire autant après la guerre actuelle, si nous donnions à nos contemporains an-
RE à LS
glais le droit de dire que nous n'avons rien fait pour... assurer le triomphe de l'Angleterre et de la France ?
Et avons-nous songé que nous nous exposerions.à amoindrir, sinon à nullifier le mérite du grand nombre de nos compatriotes qui luttent, souffrent et meurent pour la cause sacrée des alliés ? & Ils sont nombreux heureusement ceux que le devoir et l'honneur. national ont conduits sur les champs de bataille de la France, et dont le courage
et la bravoure nous honorent, et nous aurons le droit
de les acclamer lorsqu'ils nous reviendront triomphants. Nous serons heureux de les louer d’avbir participé à une victoire que le mdnde entier saluera avec enthousiasme. Oui; ce sera notre droit, notre
devoir, mais l'aurions-nous ce droït, si ces braves
avaient raison d« dire que nous n'avons rien fait «pour les aider à remporter cette victoire ?.
… Je dis ces choses sans aigreur, sans autre but que:
celui d'être utile à ma province, à mes compatriotes, à ceux même qui pensent autrement, et je les sou-
. mets au bon jugement, à la raison de tous ceux qui.
s'intéressent à l’avenir de notre nationalité et redoti-
tent tout ce qui peut nuire à son honneur, à son in. -fluence, à son avenir. Nor, ne faisons rien pour
‘compromettre notre cause, pour l’amoindrir, pour
- décourager les sympathies qu’elle rencontre dans les
centres anglais les plus intelligents, et dont elle a be-
soin pour triomipher. N'oublions pas qu'il est des erreurs, des fautes dont les conséquences sont fa- * tales à un peuple.
. assemblée de Saint-Laurent, le
+ 1 RER su Ed se IP Th PRE MER à Hi, dt 4 :