LES CAPITAINES DE MILICE
Un bon nombre de capitaines de milice furent destitués en 1837, Pour avoir pris part aux assemblées qui précédèrent l'insurrection, Mon père, qui était capitaine, ayant assisté à la fameuce
< Souverneur général lui fit adresser la lettre suivante : | “ Château St-Louis, 12 août 1837.
“Cher monsieur, - :
: “ L’attention du gouverneur en chef a “été
“ dernier, et dans laquelle des résoluti , mandant la violation de la loi ont été. adoptées. e on dit que vous avez pris une part äctive à È “ cette assemblée, je suis chargé par Son ee , Ya que Vous tenez une commission de la Couronne,
: “de vous demander si vous avez assisté à cette as-
‘ semblée et participé aux résolutions qui ont été “adoptées, et, dans le cas où vous répondriez affir- “ mativement, si vous ayez quelques explications à
. “offrir.”
‘ J'ai l'honneur d’être votre obéissant, WALCOTT, sec.
des principaux citoyens des paroisses de l'ile de Montréal, il ne joua pas un rôle actif dans le mou-
vement insurrectionnel. Il. répondit à la lettre du ‘
Souverneur qu'en assistant à l'assemblée de Saint- Laurent comme simple spectateur, il n'avait enfreint ‘aucune loi, qu’il avait simpicment usé du droit que possède tout sujet anglais de se renseigner sur les affaires publiques. Il ne fut pas destitué.
Le capitaine de milice était autrefois, sous l’ancien comme sous le nouveau régime, yn personnage important. C'était le représentant le plus autorisé du gouvernement dont il était chargé de faire connaître et exécuter les ordonnances. Pendant longtemps, il exerça les fonctions de magistrat, de juge . de paix.
Le mai planté en face de sa résidence indiquait son importance et le signalait à l'attention publique. L'un des plaisirs de ma jeunesse était, le dinianche, de hisser le drapeau au bout du mai et de le voir flotter an souffle de la brise. L'installation de ce mai était l’occasion de fêtes joyeuses qui se répétaient souvent, toutes les fois que les miliciens croyaient nécessaire de le réparer, de le peinturer, de remplacer une cheville ou une corde ; les prétextes
ne manquaient pas. Ils arrivaient, le matin du 1er
mai, par escotades, un certain nombre avec des fusils à pierre qui ne partaient pas du premier coup et qui n'avaient servi jusqu'alors qu’à tuer des tourtes et des canards. Lorsqu'ils étaient tous réunis, il fallait les voir et les entendre, riant, dansant, chan-
Mon père était patriote, mais comme la plupart
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t. mañger et à boire, lorsqu'il n'y avait plus de poudre dans les cornes, les braves miliciens se retiraient heureux “et convaincus d’avoir fait leur devoir. C'était à peu Qu là seule occasion qu'ils eussent de manife nes leur goût des armes; c'était l'acte le plus important de leur service militaire. Pourtant non, une fois, je - la on
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