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irif? transmirent de votre part. Cette simple expression eût com|)lètemeut suffi à mon cœur, et je ne me sentais pas le droit d'espérer davantage. Vous avez voulu cependant y joindre un témoi{,'nage de plus de votre bon souvenir. J'en suis doublement touché et reconnaissant. J'en serais même glorieux, si je n'avais soin de le renvoyer à sa véritable adresse, et de rapporter au doyen d'Age de notre Faculté et de notre Université, l'hommage que vous daignez adresser au professeur.
Dans cet album si gracieusement ollert, et dont la riche garniture cadre mal avec la simplicité que j'avais recommandée, ce que j'apprécie surtout c'est le contenu, c'est cette réunion de portraits qui me fait revivre au milieu de vous, et repasser devant moi tant d'heures heureuses, où nous nous entretenions ensemble des sujets les plus graves, les plus propres à nous c;ipliver. Quanta cet enseignement que vous grailliez en termes si flatteurs, personne ne sait mieux que moi ce qui lui manquait. Mais s'il a eu quelque valeur, c'est à vous qu'ill'a dû en bonne partie. Ce qui m'a constamment soutenu, encouragé, c'était votre bon accueil, c'était l'intérêt avec lequel vous me paraissiez le suivre, même dans les parties les plus arides, même dans celles où votre avis pouvait ne pas se rencontrer avec le mien. Vous saviez que tout ce que j'attendais de vous, c'était votre loyal examen, et que, jaloux de ma liberté, je me faisais un devoir d'autant plus strict de respecter la vôtre. En tout cas, Messieurs, je suis heureux du parti que vous m'assurez avoir retiré de nos entretiens, heureux d'apprendre qu'étant resté si inférieur à mes prédécesseurs, à mes collègues et au plus grand nombre d'entre vous, quant aux services rendus à notre Église, en ce point-là du moins, je n'ai pas été pour elle un serviteur inutile.
Puis, au banquet, il porte le toast suivant :
Messieurs, Je n'ai jamais été improvisateur, et ce n'est pas à mou âge qu'on le devient. Mais mon cœur me fournira bien encore q lelques mots de reconnaissance pour cette belle fête préparée h mon occasion, et pour les souhaits alfectueux que vous m'avez adressés. Recevez à votre tour tous les miens. Dieu veuille bénir chacun de vous, dans votre santé, dans votre famille, dans vos travaux, dans vos carrières diverses, enfin dans ces églises, dans ces paroisses que vousdesser-
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vez si honorablement. Permettpz-nioi de comprendre dans ces vœux ceux de vos anciens condisciples aujourd'hui disséminés dans toute la France, et que vous suivez sans doute avec le même intérêt que moi dan? la situation difficile où se trouve leur Église, telle qu'elle réduit de jour en jour le nombre de ceux qui se destinent h la servir.
Joignez-vous à moi dans le toast que je porte à notre Université, représentée ici, en l'absence de son aimable et bien-aimé recteur, par le bureau qu'il préside, à notre Consistoire, à notre corps pastoral et à son digne modérateur, enfin h. la patrie et à notre chère Église nationale que nous n'en séparons point. Ses destinées sont aujourd'hui en d'autres mains que les nôtres. Dieu veuille qu'elles ne soient pas tranchées trop prématurément ; mais, avant tout, ses destinées sont dans nos n)ains à tous. Quoi qu'on ordonne de ses rapports avec l'État, elle restera vraiment nationale, si elle est l'Église de tous, ouverte à tous ceux qui veulent s'y édifier et la servir, si elle a pour lien, non pas l'unité trompeuse des formules, mais l'union des cœurs, le support mutuel, la liberté reconnue .'i tous, enfin, comme le voulait saint Paul, l'amour fraternel et la paix avec tous ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur.
Enfin le piquant poème de M. Toiirnier dont voici le thème. Découverte d'un parchemin contenant l'histoire d'un concile..., à Genève (premier fragment), concile sans disputes, sans victimes, réuni autour d'une table, dans la concorde et la gaîté ! invraisemblable, quand on se rappelle les autres, et pourtant réel ! Il s'agissait de fêter un nouvel Eusèbe dont on trace le portrait (second fragment ci-dessous). Aveu : le parchemin est une fraude pieuse, mais la légende est de l'histoire; c'est la fête de ce jour.
Histoire d'un concile.
Rassurez-vous, Messieurs, je n'ai point la pensée
De venir vous narrer ici Le concile de Trente ou celui de Nicée
Le moment serait mal choisi,
L'historien plus mal encore,
Et le professeur que voici,
Me voyant m'enferrer ainsi,
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M'oirrirait en riant quatre fjrains d'ellùbore. Non, non. D'ailleurs, là-dessus tout est dit, fc^t je prétends, sans modestie, A cette illustre compagnie N'apporter que de l'inédit, De l'inédit à faire envie Aux Dutour, aux Henri Bordier, Aux Roget, aux Charles Dardier, Même aux Gaberel, je parie, De l'inédit, bref, à faire jaunir, Aussi jaunes que leurs pancartes, Tous les chercheurs de vieilles chartes Du présent et de l'avenir.
Juj;ez-en, Messieurs ; le Concile Dont je viens vous entretenir,
Il s'est tenu — dans notre ville
Vous souriez, vous demandant Si je mo. moque ou si je rêve.
Ni l'un ni l'autre, cependant; Il s'agit bien d'un Concile à Genève, Et d'un concile protestant.
Oui, Messieurs, et c'est là ma découverte unique Dont je vous parlais à l'inslant.
Vous en aurez la preuve sans réplique Dans un antique |>archemin Qui, dans certain encan, m'est tombé sous la main. Et fait du dit Concile un récit authentique. Manuscrit précieux que pourrait envier
A bon droit plus d'un bouquiniste.
Et qu'à mon cher ami Bouvier, Notre sympathique archiviste, J'ai résolu de confier. Vous voyez bien. Messieurs, vous auriez tort de rire. — A la bonne heure, allez-vous dire.
Mais alors expliquez comment Sur un pareil événement A pu se taire notre histoire?
Car nul n'en a rien dit, et, même de nos jours,
C'est une chose assez notoire.
Le professeur Chastel l'ignore dans son cours.
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— L'explication est facile.
Ce silence tient simplement
A ceci, que notre Concile,
A nul nutre ne fut semblable, heiireuseraent.
Mais j'y songe, Messieurs : peut-être,
Avant de poursuivre, il faudrait
Tenter de vous faire connaître L'homme éminent, le cher et vénérable maître,
Qu'à fêter on se préparait.
Essayons ici son portrait.
Fils de ses œuvres, à l'étude De bonne heure il s'était consacré tout entier. Amassant son trésor et, dans la solitude,
Par un labeur austère et rude,
Se frayant son propre sentier.
Il s'était ainsi fait une vaste science,
Et comme sa suprême loi.
En cela comme en tout était la conscience.
Science du meilleur aloi. L'hisloire de l'Église était son vrai domaine :
C'est là que, rencontrant sa veine, 11 sï'tait signalé par d'importants travaux,
Par des œuvres de longue baleine.
Ouvrant sur plus d'un iK)int des horizons nouveaux.
Aussi, de notre coin de terre
Son nom franchissant la frontière.
Dans le monde savant était connu partout.
En Allemagne, en Angleterre,
En Hollande, en France, surtout.
Où d'une illustre récompense
Notre historien genevois Avait vu œuronner ses écrits par deux fois,
Dont l'un, son chef-d'œuvre, je pense.
Ce livre de haute science
Et de vivante piété.
Où l'écrivain, pour peindre avec fidélité
La (charité des premiers âges.
Avait trempé lui-même, en en trarant les pages,
Sa plume dans la charité.