‹ Mélanges historiques et religieux;Chapitre 19 sur 45 · CCXCIV APPENDICE · texte numérisé non relu

CCXCIV APPENDICE

Professeur, à son cours d'histoire, Un cnseigiionient fort, grave, plein d'intérêt,

Depuis cpiarante ans attirait

Et captait son auditoire

Charmé du fruit qu'il en tirait. Sa parole était sohre et plutôt contenue;

Mais, sous l'apparente froideur, On sentait à sa voix parfois soudain émue Circuler une intime et profonde chaleur,

Comme un feu couvant sous la cendre.

Par exemple, il fallait l'entendre Racontant les héros, les martyrs protestants :

Il ne pouvait parler longtemps

Des galères ni des Cévennes, Sans que son cœur entier vibrât dans ses accents : Le vieux sang huguenot houilloimait dans ses veines. Ecrivain, il avait, nous dit-on, avant tout.

Cette belle clarté française Qui répand sa lumière admirable partout,

Et sa plume, toujours à l'aise.

Joignait au naturel l'élégance et le goftt.

Point de faus.ses couleurs; son style

Toujours transparent et facile

Se contentait tout simplement De refléter l'idée avec son mouvement.

Mais cette onde pure et tranquille Avait aussi son sourd bouillonnement.

Et tout à coup le flot du style, S'élevant sans effort quand venait le moment,

Sans perdre de sa transparence.

Atteignait, sans qu'on sût comment, La plus haute et parfois la plus mâle éloquence.

Mais tout cela, c'est le talent ; Et c'est surtout de l'homme et de son caractère

Qu'à présent je voudrais vous faire

Un portrait un peu ressemblant.

Je vais l'essayer, en tremblant.

C'était une figure austère,

Un de ces hommes d'autrefois,

Un de ces anciens Genevois

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