‹ Mélanges historiques; études éparses et inédites de Benjamin Sulte;Chapitre 23 sur 62 · Peut-être Sageot. Les lettres sont mal formées · texte numérisé non relu

Peut-être Sageot. Les lettres sont mal formées

9. En 1679, et non pas 1684, comme dit M. Tanguay: Répertoire du Clerrjé, t>. 54.

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Diaprés Tordre du recensement^ Adhémar demeurait entre Dizy et Ohorel ; il n'est pas fait mention s'il cultivait la terre ou s'il était liomme de profession. Je vois au registre du Cap de k Madeleine, que le 20 janvier 1687, il déclare être âgé de quarante-sept ans.

Pour continujer de constater la résidence d'Adhémar à Champlain, disons que le 16 mars 1682, il y fait baptiser sa fille Marie-Greneviève, laquelle mourut le inême jour. Le 18 mai suivant, à C'hampilain, il dresse, en qualité de notaire, une obligation par laquelle Louis Dandonneau reconnaît devoir à François Chorel la somme de cent livres payable en castor.

L'arrêt du Conseil Souverain de Québec, du 17 septembre 1681, concernant les monnaies et qui défend de trafiquer des pelleteries à New- York, Albany ou autres lieux étrangers, fut lu, publié et affiché aux Trois-Eivières par le greffier Séverin Anieau, le premier mars suivant, un dimanche, à l'issue de la grande messe, et le dimanche suivant en la paroisse de Champlain, par Adhémar, huissier (10). {Edits et Ordonnances, II, p. 96).

D'après M. Tanguay, une fille du nom' de Cécile, serait née à Adhémar, en 1683, et auTait été baptisée à Montréal, mais je doute que -ceci ait eut lieu là Montréal. Le même auteur fait inhumer Mme Adhémar à Champlain, le 30 août de oette année, ee qui est correct. Pour moi, il est visible que Adhémar demeurait à Champlain cette année, comme les années précédentes.

La mère étant décédée à Champlain dans le temps où Ba fille venait au monde, il est impossible que cette fille soit

10, En 1681, Adhémar était aussi g'éolier aux Trois-Eivières. {Jugements et Délibérations du Com^cil Supérieur^ IV, p. 454.) Voir aussi HT, p. 54, où il est nommé tuteur aux enfants de Jean Aubuchon.

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née à Montréal alors qne sa mère expirait à trente lieues de là^ — €e qui me rappelle la chanson:

Où peut-on être mieux qu'au sein de sa famille — ce que je rendrai aussi par:

Où peut-on naître mieux qu'au sein de sa famille?

Le 20 août 1684, le grand voyageur Nicolas Perrot, qui demeurait à Bécancour, écrivait à "Monsieur de Saint - Martin", notaire royal et l'un de ses créanciers, au "Cap de la Madeleine,'' pour obtenir un sursis dans le règlement de leurs comptes. Adhémar se serait donc fixé au Cap de la Madeleine bientôt après le décès de sa première femme? C'est là qu'il épousa, en deuxième noce, le 20 janvier 1687, Michelle, fille de Jean Cusson, notaire royal (11). La mariée était âgée de vingt-deux ans. L'acte du registre du Cap de la Madeleirie dit que Adhémar était âgé de quarantesept ans, qu'il était natif de la paroisse Salvi, archidiocèse d'Alby. Le sieur Elie Bourbeau, procureur du roi, assiste au mariage, ainsi que Jacques Dugué, chirurgien. M. le curé Vachon officiait.

Le départ de notre personnage pour Montréal (12), eut lieu peu après ses secondes noces, car le 16 mars 1689, était

11. C'est à Jean Cusson qn' Adhémar laissa son greffe et ses minutes lorsqu'il vint s'établir à Montréal.

12. Au sujet de la date d'arrivée du notaire Adhémar a [Montréal, 'Si. E.-Z, Massicotte, archiviste du Palais de Justice, nous communique la note suivante : "Dès le 9 mai 1687, Antoine Adhémar était rendu à Montréal et y remplissait les fonctions de notaire et de greffier du tribunal seigneurial du lieu ainsi qu'on peut le couistater par les actes de son étude et par les documents judiciaires."

Adhémar, on vient de le voir, était gendre du notaire Cusson du Cap de la Madeleine. Ne serait-ce pas à cause de cela que Jean Cusson vint demeurer à ^routréal en 1700? Quo'qu'il en soit, Cusson survécut à son gendre et il alla mourir à Saint- Sulpice, au mois d'avril 1718, âgé de plus de 95 ans."

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baptisé en cette ville son fils J'ean-^Baptiste qui, par la suite, lui su'Ccéda comme notaire. Nous voyons aussi que, en 1690, "Adhémar Saint-Martin" était greffier (13) du tribunal seigneurial de Montréal et qu^il fut complimenté sur la bonne manière qu'il avait adoptée pour tenir les registres, contrats et pièce de procédure, et les rendre consultables et accessibles aux parties intéressées.

Jeanne, sa fille, déjà mentionnée, se maria, à Montréal, le 18 avril 1690, avec Joseph Denrau. Elle est morte à Montréail, le 23 mai, 1743.

De 1667 ià 1690, nous avons suivi Adhémar et nous croyons avoir constaté avec certitude les lieux de ses résidences successives. Son greffe durant cette période intéresse uniquement le district des Trois-Rivières. Il est déposé à Montréal et c'est là que nous devons aller le consulter: avis aux amateurs de l'histoire. (14)

Après 1689, Adhémar appartient uniquement à Montréal, où il mourut le 5 avril 1714. 'Son fils Jean-Baptiste (15 et 16)

13. En remplacement de Hilaire Bourgine, qui avait aussi exercé comme notaire à Montréal jusqu'en 1690. Le 12 mai 1687, Migeon de Bransac remettait à Antoine Adhémar les actes de Bénigne Basset.

14. Par un arrêt du comseil rendu en 1700, "Adhémar greffier de la juridiction de Montréal", reçoit l'ordre de s'amender et de suivre certains règlements, sous peine d'interdiction. Par une ordonnance de 1687, il était obligé de mettre dans les grosses et expéditions des sentences et autres actes en sa qualité de greffier, 22 lignes à la page contenant chacune 15 syllabes. Mais, il ne mettait d'ordinaire que 13 lignes à la page, dont plusieurs ne contiennent que 3, 5 ou 6 syllabes. Adhémar suivit plus à la lettre cette ordonnance par après, puisqu'il n'y eut aucune suite à cette affaire.

15. Né à Montréal le 16 mars 1689, d'Antoine Adhémar et de Micbelle Cusson, sa seconde épouse. Jean-Baptiste épousa en première noce, le 20 mai 1715, à Montréal, Catherine LePailleur. Celle-ci mourut sans lui laisser d'enfants ; Jean-Baptiste se re-

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marié à Catherine Moreau^ devint le (principal notaire de son tenips à Montréal (17) ; il laissa nn fils, Toussaint- Antoine,

maria le 7 janvier 1733, à Montréal, ave Catherine Moreau, déjà citée, dont il eut : Madeleine-Catherine, née à Montréal le 15 juiillet 1734; J.-B.-Amable, né le 29 janv. 1736, marié le 31 mars 1761, à Margnierite Lemoine dit Despins ; et Toussaint-Antoine, né le 10 sept. 1740, marié à Geneviève Blondeau. De ce mariag-e naquirent, à Détroit, sept enfants. Toussaint-Antoine était médecin. Nous le trouvons au poste des Miamis en 1773.

16. M. Joseph-Edmond Eoy, de Lévis, a envoyé à M. Suite après la publication de cet article le certificat suivant ; " Je soussigné, prêtre d^u iSéminaire de Saint-Sulpice, faisant fonctions curiales dans la paroisse de Villemarie, certifie que M. Adhémar, notaire royal à Montréal, est de bonne vie et moeurs ©t s'acquitte des devoirs d'un bon chrétien. Fait à Montréal, ce 2 mars 1730. (Signé) Deat, prêtre".

17. Jean-Baptiste Adhémar fut nommé par l'intendant Bégon pour l'exercioe de la profession dans toute l'étendue du gouvernement de Montréal. Sa commission, dit M. J.-E, Roy (Histoire du Notariat au Canada) est datée du 15 (?) m^ad 1714. Il a exercé à Montréal jusqu'au 26 novembre 1754, sait pendant quarante ans. Son greffe est, avec celoii de son père, ajoute M. J.-E. Roy, le plus intéressant que renferme le Palais de Justice de la grande métropole commerciale du Canada.

Nous croyons à propos de donner ici l'information de vie et de moeurs qui fut faite à Montréal le 12 avril 1729, lors de la nomination du notaire J.-B. Adhémar à la charg-e d'huissier du Conseil Supérieur en remplacement de son beau-père, ZMichel LePailleur qui exerça la profession de notaire de 1703 à 1733.

"Information faite par nous, Pierre Raimbault, conseiller du roy et lieutenant général au siège de la juridiction royale de Montréal à la requeste de Me. Nicolas Auguste Chaumont notaire royalle procureur du roy commis en cette partie de vie et moeurs de Mr Jean Baptiste Adhémar notaire royalle de cette juridiction, en conséquence de l'arrest de nos seigneurs du conseil supérieur de Québec du ^ingt-huit mars dernier à laquelle information avons procédé, ainsy qu'il suit :

"Du mardy douzième avril mil sept vingt neuf deux heures de relevée en la chambre d'audiance. Est comparu sieur Ignace Gamelin âgé de soixante et six ans ou environ, marchand bourgeois de cette ville y demeurant rue St-Paul, lequel a après serment fait de dire vérité qu'il nous a dit n'estre parent allié serviteur ny domestique des parties et nous a représenté l'exploit

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né en 1740, qui fut député en Angleterre, l'année 1783, avec Jean-Gnillaume Delisle et Williaon Dummer Powell, pour demander une chambre d'assemblée et le maintien des lois civiles françaises. Sans obtenir tout ce qu'ils voulaient, ces trois hommes de mérite firent une excellente impression sur le ministère; leur démarche non seulement nous procura des ^avantages immédiats, mais elles ont dû encore se faire sentir dans la constitution de 1790. Ducalvet, qui était à Londres en 1781:, écrivait que la mission des trois Montréalais n^vait guère paru réussir ; il se trompait car les conditions qu'on leur avait accordées formaient un excellent point de départ pour obtenir ensuite des libertés plus grandes. (18)

d'assignafion a lui donné par i'hnissier Marhand en date de ce jour pour venir déposer,

"Dépose qu'il ne connoist aucun deffaoïlt au dit Adhémar et le connoist pyour un fort honneste homme, et de la religion catholique, apostolique et romaine, étant membre de la congrégation qui se tient chez les révérends pères jésuites, où il est fort assidu, qu'il est tout oe qu'il a dit savoir, lecture à luy fait-e de sa déposition a dit icelle contenir vérité y a persisté et n'a requis aucun salair.e Ainsy signé Gamelin P. Raimbault et Raimbault fils greffier avec paraphe. Est comparu sieur René de Couagne âgé de quarante deiix ans marchand de cette ville y demeurant en sa maison scise rue St-Paul. Lequel après serment de dire vérité nous a dit n'estre parent, allié, serviteur ny domestique des parties, et nous a représenté l'exploit d'assignation a luy donné par l'huissier Marhand en datte de ce jour pour venir déposer.

"Déposé qu'il connoist le dit Adhémar pour un honneste homme, de la religion catholique apostolique et romaine et d'une honneste et bonn conversation et n'en peut dire autre chose.

"Lecture à luy faite de sa déposition a dit icelle contenir vérité y a persisté n'a reqaiis salaire à signé René de Couagne." {Greffe de Qut^hec).

18. De son côté le imoine apostat Roubaud écrivait par après au sujet de Adhémar, fils : "Je dois en concluant vous faire observer justement ici qine vous devez une bonne partie de vos succès au zèle et à la prudence de votre député M. AdhémaT ; il a fait tout ce qu'il était à la portée d'un particulier de faire. Je dois à la vérité de confesser ici, à la face du Canada, que M.

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Messieurs Adhémar et Delisle avaient aussi été chargés par les autorités religieuses du Canada de faire des arrangements en Europe pour nous procurer soixante et quinze prêtres dont nos paroisses avaient un grand besoin; si je ne me trompe, ils n'eurent aucun succès de ce côté; les premiers grondements de la révolution française se faisaient entendre et toutes les préoccupations du clergé français se concentraient (naturellement sur les choses locales.

Ces petites études d^histoire que j'éparpille depuis vingt ans dans les revues et les journaux formeraient un volume a mettre auprès du Panthéon Canadien de M. Bibaud. En tes reproduisant sous cette forme, afin de les rendre consultables, elles corrigeraient une foule d'erreurs qui se sont introduites dans les livres de nos devanciers.

A mesure que nou5 Tamenons sur m point de la carte, BUT un événement distinct, ou sur un personnage quelconque, les notes de renseignements propres à y jeter de la lumière, nous nous apercevons avec surprise du nombre de fausses données dont se servent nos écrivains — et cela s'explique, après

Adhémar est un parfait honnête homme, droit, franc, d'une conversation aisée et aimable, d'un esprit plus éclairé que la profession de négociant ne semblerait d'abord l'annoncer; il est d'un zèle à tout sacrifier pour le Canada. Enfin, pour tout dire d'un mot, c'est un bon et vertueux Canadien." (Cité par M. J.-E. Koy, Histoire du Notariat au Canada, vol. I, p. 152).

Les entrevues de Adhémar, Delisle et Powell eurent lieu à Londres, de fé\Tier à mars 1784. Le baron Francis ]\razères, au nom du gouvernement, offrit d'accorder lo Vhaheas corpus sous la signarture des magistrats et non du gouverneur ; 2o d'accorder le jury à la demande des parties en cause, tel que cela avait eu lieu de 1764 à 1775 ; 3o de n'autoriser le renvoi d'un conseiller législatif que sur le vote des quatre-cinquièmes de ses collègues ; 4o de décréter l'inamovibilité des juges sauf le consentement d'au moins douze conseillers législatifs ; 5o que les juges seuls auraient droit de faire emprisonner les accusés pour quelque crime que ce soit. {Histoire des Canadiens-français^ par M, B. Suite, VII, p. 7).

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réflexion. M. Dollier de Casson dira, en 1658, que " le major C'iosse", commandait à Montréal; tous fes historiens répéteront le terme "major", entraînant les lecteurs à penser que la garnison en valait la ipeine. Or, Lambert Closse était "sergent-major" tout au plus, puisqu'il n^avait guère sous ses ordres que .de quinze *à vingt hommes, de quoi former un corps de garde de trois sentinelles. M. Dollier de Casson écrit "major" pour parler comme tout le monde; c'est encore la pratique aujourd'hui. J'iai été sergent-major, et l'on me qualifiait tonjours de "major" gros comme le bras. C'est appeler un vicaire "monseigneur.'^

Ces fautes sont tellement répandues que je gagne mon pari chaque fois que j'ouvre au hasard une page de l'un de nos auteurs : le petit malentendu y est ! Eemarquez bien que je corrige ce que je connais; si je savais tout, au lieu d'être borné comme nous le sommées, ah ! quel épluchage s'en suivrait !

Il est donc très nécessaire de travailler la loupe à l'oeil et de vérifier les détails de l'histoire afin de netto}'^r la ■place et de fournir à ceux qui nouis lisent des renseignements précis, disant avec clarté ce qu'il faut dire.

Ne rencontre-t-on pas dans toutes nos vieilles archives (1675-1750) l'expression "soldat, ou officier, du détachement de la marine entretenu en ce pays" ? Pas un auteur n'a manqué de nous faire croire que ces gens étaient des marins. C'étaient des troupes d'infanterie, mais soldées par le budget de la Marine, au lieu de celni de la Guerre.

Qu'on ne s'étonne donc pas si à propos du bon notaire Adhémar, je prends plaisir è relever cinq ou six incorrections imprimées dans des ouvrages qui font foi pour tout le monde.

Vous avez vu que la croyance générale donne à Montréal tout le greffe de ce fonctionnaire, tandis qu'il appartient par moitié au district des Trois-Rivières et forme partie des

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matériaux de son histoire. De même, on a localisé la nais- «aoice de quelques enfants à Montréal au lieu de Champlain. Les registres de cette paroisse sont de cinq ans plus anciens qu'on ne le disait. Et ainsi de suite. Ah! que l'étude de Thistoire est difficile, et combien je suis éloigné de chercher querelle à ceux qui s'y méprennent!

Le Monde, Montréal, 16 nov., 1889.

(Cet article a été considérablement augmenté par l'auteur, en 1918).

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